Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20/04/2009

L'hyperactivité

Bouger.

Gym !

Marcher...

Courir !

Abdominaux...

Pompages !

Dans la chambre même ou dans le jardin. Tourner en rond. S'abrutir pour évacuer toutes les tensions. Pour certaines femmes atteintes d'un trouble du comportement alimentaire, réapprendre à manger et l'accepter ne se feront pas sans peine.

La peine peut être énorme. C'est se battre avec SOI. C'est faire face à un mur immense, une montagne à grimper, que notre esprit a petit à petit créé. Cela génère peur, angoisses, refus, fuite, pleurs. Alors il faut se dépenser ! N'importe comment ! Etre mise au repos est une véritable torture pour certaines d'entre nous.

Lors de ma première hospitalisation en 2003, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Plus moyen de manger. Un refus catégorique. Une menace de mise en observation. Tout doucement, j'ai accepté le minimum de calories mais pas sans peine. Je me déchaînais dans ma chambre particulière à faire des abdos, des pompages, et de la course sur place.

Oui, courir sans avancer. Une heure par jour au moins. Puis, le poids a fini par décoller après deux mois et les repas devenaient de plus en plus riches. J'avais trouvé une façon d'accepter toutes ces calories : faire du sport. Accepter de prendre du poids en se disant que ce n'était que du muscle. Je me suis infligée avec le temps une première blessure : fracture de stress au pied. Oui, je courais pieds nus pour ne pas faire de bruit ! Et un choc de stress dans mon esprit. Mon corps me prive de mouvements ! Dès que je fus de nouveau sur pieds, si je puis dire, ma dépense physique quotidienne consistait à plus de deux heures de marche rapide, une heure de jogging, une après-midi d'escalade, et une heure de badminton par semaine !

835574499.jpgBouger.

Se dépenser.

C'est comme une drogue. C'est une façon de contrer le régime prescrit. Arriver à une balance. Mais... Cela épuise psychologiquement également. A la fin, ce n'était plus un plaisir mais un devoir, lourd, si lourd.

Nous passons presque tous et toutes par cette phase. Que ce soit marcher dans le couloir toute la journée, courir dans la chambre ou dehors dès la moindre heure de sortie, tourner dans le jardin ou faire les escaliers. On est prête à tout parfois pour briser l'ordre de repos. C'est dur à comprendre pour les proches. Comment pouvons-nous être si actives alors que nous sommes toutes maigres ? Question d'entêtement, de volonté et d'aide hormonale interne dégagée par la sous-alimentation.

5 ans plus tard. Cette hyperactivité n'existe plus. Le seul exercice que je m'octroie est un jogging, deux fois par semaine. J'ai grandi en faisant de l'athlétisme. Courir est un vrai plaisir mais avec parcimonie.

Mais je ne peux m'empêcher de les regarder ces femmes. Je sais quelle souffrance et difficultés elles sont en train de traverser.

SE DEPENSER SOULAGE L'ESPRIT.

 

Article revu le 26/5/2010

Les commentaires sont fermés.