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28/04/2009

Première Victoire

27_small.jpgPremière Victoire... De quoi parle-t-elle ?

De cuisiner ma foi ! En quoi est-ce une victoire ?

Eh bien, pour la plupart d'entre nous, la plus grande difficulté a l'extérieur de la clinique est de se faire à manger, CHAUD. Redevenir notre propre mère nourricière et donc revêtir le tablier ! Il est tellement plus facile de basculer dans un repas froid ou pire, retomber sur les aliments faciles, genre pomme-yaourt. Mais maintenant que je me suis mise en position d'adulte, que je suis vraiment, c'est-à-dire avoir mis des distances avec ma famille et rompu avec mon ami, les dés étaient jetés. Je me voyais mal perpétuer mes "n'importe quoi". Je suis responsable de moi à présent et de tout ce qui m'arrive. Je suis seule chez moi ce week-end. Assurer !

Après cette petit explication, la cuisine. Eternelle question : que manger ? Je ne sais pas !

Envie de quoi ? De rien.

Bon, qu'est-ce qui rentre facilement ? Du quorn, du poulet, du poisson et les légumes.

J'ai alors pris dans le frigo sans me poser de questions le quorn haché que j'avais acheté la veille. J'ai trouvé des épinards à la crème dans le réfrigérateur. Je les ai mélangé avec un peu de sauce tomate basilique, mis une petite dose de fromage rapé par-dessus et c'était prêt. Peu convaincue par ma tambouille, j'ai donné un premier coup de fourchette et j'ai vidé la petite assiette. La première bouchée a entraîné les autres. "Toujours goûter" m'a dit un jour la diététicienne. C'est vrai. Victoire !

Pour moi, un pas de géant. Le reste laisse encore à désirer mais il faut souligner le positif quand il est là !

 

Article revu le 17/6/2010

24/04/2009

Evolution

 

poids-balance-roverbal-plus-belles-photos-macro_219149.jpgDeux fois par semaine, nous avons droit à la pesée. Moment fatidique et souvent paradoxal. Tant que le petit diable est toujours en tête, peu importe dans quel sens vont les chiffres, ils ne sont pas bons !

J'ai eu une pesée positive, comme ils appellent cela ici dans le centre. Ce n'était pas un petit + pour moi.

C'était un bond de trop.

Un bond de géant.

700 grammes ! Pour la plupart des gens, qu'est-ce 700 grammes ? C'est moins qu'un kilo. Pour moi, c'est comme si j'avais pris 7x 1 kg. Car, peu importe où je me trouve dans mon poids, un kilo est aussi difficile à accepter à 40 kg qu'à 50 kg. Il a fallu la matinée pour le digérer et le remettre à sa place. 

D'un côté, bravo ! Mes efforts paient. De l'autre, SOS, peur de quitter l'anorexie. On ne sait jamais vraiment ce que l'on abandonne et perd dans cette maladie. En outre, pour ma part, c'est la vision des chiffres sur la balance qui me pose problème. Je préfère qu'on me le dise oralement. Chacun a ses façons de gérer le moment sur la balance. 

Au bout du compte, vous allez vous demander comment s'est passé la suite dans mon esprit. Eh bien, mon nouveau poids a été intégré dans le paysage. Ma silhouette reste bien trop mince que pour abandonner mon combat ! 

 

 

20/04/2009

L'hyperactivité

Bouger.

Gym !

Marcher...

Courir !

Abdominaux...

Pompages !

Dans la chambre même ou dans le jardin. Tourner en rond. S'abrutir pour évacuer toutes les tensions. Pour certaines femmes atteintes d'un trouble du comportement alimentaire, réapprendre à manger et l'accepter ne se feront pas sans peine.

La peine peut être énorme. C'est se battre avec SOI. C'est faire face à un mur immense, une montagne à grimper, que notre esprit a petit à petit créé. Cela génère peur, angoisses, refus, fuite, pleurs. Alors il faut se dépenser ! N'importe comment ! Etre mise au repos est une véritable torture pour certaines d'entre nous.

Lors de ma première hospitalisation en 2003, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Plus moyen de manger. Un refus catégorique. Une menace de mise en observation. Tout doucement, j'ai accepté le minimum de calories mais pas sans peine. Je me déchaînais dans ma chambre particulière à faire des abdos, des pompages, et de la course sur place.

Oui, courir sans avancer. Une heure par jour au moins. Puis, le poids a fini par décoller après deux mois et les repas devenaient de plus en plus riches. J'avais trouvé une façon d'accepter toutes ces calories : faire du sport. Accepter de prendre du poids en se disant que ce n'était que du muscle. Je me suis infligée avec le temps une première blessure : fracture de stress au pied. Oui, je courais pieds nus pour ne pas faire de bruit ! Et un choc de stress dans mon esprit. Mon corps me prive de mouvements ! Dès que je fus de nouveau sur pieds, si je puis dire, ma dépense physique quotidienne consistait à plus de deux heures de marche rapide, une heure de jogging, une après-midi d'escalade, et une heure de badminton par semaine !

835574499.jpgBouger.

Se dépenser.

C'est comme une drogue. C'est une façon de contrer le régime prescrit. Arriver à une balance. Mais... Cela épuise psychologiquement également. A la fin, ce n'était plus un plaisir mais un devoir, lourd, si lourd.

Nous passons presque tous et toutes par cette phase. Que ce soit marcher dans le couloir toute la journée, courir dans la chambre ou dehors dès la moindre heure de sortie, tourner dans le jardin ou faire les escaliers. On est prête à tout parfois pour briser l'ordre de repos. C'est dur à comprendre pour les proches. Comment pouvons-nous être si actives alors que nous sommes toutes maigres ? Question d'entêtement, de volonté et d'aide hormonale interne dégagée par la sous-alimentation.

5 ans plus tard. Cette hyperactivité n'existe plus. Le seul exercice que je m'octroie est un jogging, deux fois par semaine. J'ai grandi en faisant de l'athlétisme. Courir est un vrai plaisir mais avec parcimonie.

Mais je ne peux m'empêcher de les regarder ces femmes. Je sais quelle souffrance et difficultés elles sont en train de traverser.

SE DEPENSER SOULAGE L'ESPRIT.

 

Article revu le 26/5/2010