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26/05/2009

Au restaurant

 

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Pour moi qui suis anorexique, aller au restaurant est devenu une grosse affaire. J'angoisse des heures à l'avance. Non pas que j'ai peur que l'on m'observe et que l'on regarde ma maladie, mais parce que je ne sais pas ce qui se passe en cuisine et j'ai peur de craquer en allant me faire vomir, bien que cela ne se passe plus actuellement. Cela remue juste de mauvaises souvenirs et ravivent des angoisses. 

Ce n'est pas tout à fait rédhibitoire pour moi mais pour certaines, cela relève du domaine de l'impossible. Pendant des années, quand j'allais dans ces endroits publics, il n'était pas rare qu'après avoir mangé, ne tolérant pas la satiété ou le fait de ne pas savoir les ingrédients de mon plat, j'allais remettre le repas, source d'angoisses non maîtrisables. 

Inutile de dire que c'est dangereux. On perd du potassium lorsque l'on vomit, surtout si c'est accompagné de prise de laxatifs ou de diurétiques. Ce sont les variations brutales de potassium qui créent surtout le danger. 

Danger ? De troubles du rythme cardiaque !

Actuellement, comme je n'ai plus de plaisir de manger, aller au resto est peu-être plus facile. Je mange beaucoup moins et par là, je ne suis plus effrayée de sortir de table. Et puis vomir est tellement plus dégoûtant que le petit plaisir que j'aurais à regoûter les choses plus tard. Je préfère alors sauter le repas.

 

18/05/2009

Wok au quorn épicé et légumes

 

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Voici ma troisième victoire quant au repas chaud ! Pour vous qui ne souffrez pas d'anorexie, manger un plat cuisiné n'a rien de difficile. C'est même naturel. Pour nous, pour moi, aller faire les courses à la recherche d'idées alors que rien ne me donne envie, n'est pas une sinécure. Je tourne bien souvent en rond et je dois dire que le self-scan m'aide...:-) Une fois le paquet pris, il est dans la machine. Pas de retour en arrière !

Me voilà donc dans ma cuisine avec mon sachet de légumes frais préparés et mes lamelles de quorn. Un peu d'huile d'olive pour la cuisson, un peu de poivre et de la sauce soja, le tour est joué dans la casserole.

Simple. Diététique. Cuisson 10 minutes tout au plus. Odeur agréable. Plaisir toujours absent mais ça passe. Idéalement, il aurait fallu un féculent pour caler mais c'est encore difficile. Une croûte de pain m'a suffit pour me donner bonne conscience.

Résultat du week-end "autonomie" : Perte de quelques centaines de grammes.

Il y a encore du travail à faire !

Je me dis souvent : COURAGE, PATIENCE, VOLONTÉ !


 

14/05/2009

La Balance

H_141-00-6_pese_personne_abilanx.jpgVoici un texte que j'ai écrit il y a peu. 

 

Ma première pensée du matin fut pour elle, rien que pour elle. Elle s’emparait de tout mon esprit, prit mon humeur et se déploya dans toute sa splendeur, générant en moi le chaos. Je me tire du lit et rebondis sur le sol, devant mes yeux passa un voile puis une dame en blanc pour donner mon traitement. La journée doit commencer. Je m’habille comme chaque matin pour rejoindre celui qui la précède toujours. Lui, il est encore la version douce et n’accapare pas mes pensées. Mais à chaque minute me rapproche d’elle. Je le tire parfois en longueur pour gagner je ne sais quoi, un sursis ? De toute façon, je la verrai, elle, la si belle, la plus importante, la plus douée, la plus redoutée, la plus vraie, celle qui ne ment pas, qui ne cache pas, qui ne participe pas au débat. Avec sa planche carrée reliée à un écran par un montant, elle m’attend à présent. Mon corps tremble, mon cœur bondit, je la maudis. Je n’en peux plus de la voir, marre de toute sa cérémonie. Je suis en sous-vêtement devant elle, les yeux plein de larme, la gorge nouée. Je perds ma voix, j’ai fait le pas, elle me désigne un nombre et je peux redescendre. Mais le mal est causé. Il remonte de loin, de mes entrailles, engin de torture.

La balance.

        Mon ennemie...

A force d'être pesée, je ne peux plus la voir. J'y suis montée des centaines et des centaines de fois ! J'ai beau dire à mon psychiatre que je ne veux pas savoir mon poids, le dire fait partie du traitement. Si on nous laisse dans le vide, à un des moments, paraît-il, l'angoisse de savoir qu'on a pris du poids désorganise les repas et collations et le contrôle de la maladie s'intensifie pour reperdre ce poids "non assimilé".

Ouais...