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30/07/2009

Le Point de La Situation

 

pied-de-Loire.jpgPour résumer, je suis restée en clinique 8 mois. Le bilan était décevant : prise de 4 kg seulement.

Pourquoi ? Comment cela se fait ? Allez-vous vous demander... Eh bien, malgré mes efforts soutenus pour suivre le menu composé avec la diététicienne, mon corps a réagi de façon totalement différente qu'à son habitude. Quand les calories étaient augmentées, je perdais du poids, probablement parce que cela générait du stress, mais quand on me laissait dans un menu que je vais appeler de "croisière", je prenais quelques centaines de grammes par semaine. Le problème se situait le week-end, quand j'étais de sortie. A chaque pesée du lundi, je reperdais aussitôt ce que j'avais pris en semaine alors que je respectais en grande partie les prescriptions alimentaires... Et disons-le, (in)consciemment, je n'étais pas prête à accepter de monter dans le chiffre, même si je me vois affreusement maigre. Les racines de l'anorexie sont si profondes...

J'ai décidé de sortir car je sentais que l'hospitalisation ne m'apportait plus rien. J'avais acquis la discipline, mes angoisses avaient disparu, je ne prenais plus de poids, et mon moral commençait sérieusement à baisser.

Me voilà 6 semaines plus tard... J'ai perdu environ 1,5 kg en 3 semaines et je me maintiens depuis lors. La question de la reprise du travail se pose. Je suis plus qu'enthousiaste à cette idée mais est-ce bien raisonnable avec un BMI dans les 14 ? Certes, non... mais rester à la maison en congé maladie me déprime plus qu'autre chose et on a tout le temps de retourner le problème dans tous les sens. Je ne me sens pas vivre ! Je survis dans cette situation.

Verdict lundi prochain... Je dois prendre une décision quand je reverrai le psychiatre qui me suit depuis 6 ans.

 

05/07/2009

Le Poids de l'Eau

 

 

verre-eau.jpg

Lors de mes séjours en clinique, j'ai eu l'opportunité de croiser de multiples filles et femmes qui souffraient de mon problème. Seulement, chacune exprime leurs maux de sa façon. La plupart sente la faim mais la privation prend souvent le dessus. Alors, pour combler ce ventre qui crie famine ou pour "tromper" l'organisme, certaines boivent des quantités de liquide faramineuses. Cela peut aller jusqu'à 5 litres ! D'eau ou de coca light. Elles souffrent de ce qu'on appelle : la POTOMANIE. Cette maladie consiste à boire des quantités excessives de liquide, aboutissant à des troubles ioniques dans le sang, souvent sous forme d'hyponatrémie, ou un taux de sodium (de sel) anormalement bas. 

Je n'ai jamais présenté ce phénomène. Mais il est clair que, lorsqu'on mange peu, on avale peu de liquide via les aliments. Donc la soif est exacerbée et l'on peut boire facilement 2 à 3 litres par jour, surtout quand il fait chaud. Ce comportement est normal et n'entraîne rien au niveau de la prise de sang. 

Certaines sont tellement accablées par le poids sur la balance, qu'elles réduisent leur consommation de liquide au maximum. A chaque fois qu'elles boivent, elles se pèsent. Et voir qu'elles n'éliminent pas le liquide absorbé les rend malade davantage... et elles restreignent leurs boissons.

Pour terminer, certaines prennent des diurétiques pour se vider au maximum et arriver à un sous-poids record qui est un faux-semblant puisque la masse totale reste la même, elles ne font varier que leur taux d'eau dans le corps. Il ne s'agit pas là d'un vrai amaigrissement mais d'une euphorie à voir les chiffres frôler des records sur la balance ! Ce comportement est extrêmement dangereux !

En somme, j'ai toujours préféré avoir un rapport normal à la balance, en me pesant deux fois par semaine comme à la clinique, quand je sais que je perds du poids ou quand j'essaie d'en prendre. Me peser devient une sorte de garde-fou contre la baisse de poids !

 

02/07/2009

Debout Les Papilles !

astrapi5sens.jpgLorsque j'étais en clinique récemment, la diététicienne eut la merveilleuse idée de me faire passer un "test" ou plutôt me faire redécouvrir des plaisirs enfouis ou oubliés. Il y eut l'épreuve des desserts lactés et celle des biscuits. 

Depuis bien longtemps, tout le panel des biscuits était mis de côté. Au point de devenir aveugle et absent de mon esprit. Ils n'avaient plus d'existence à mes yeux. 

Pour ce qui est des desserts lactés, je revenais toujours aux mêmes : les yaourts 0% aux fruits. 

En fermant les yeux, elle me passa l'aliment sous les narines, pour éveiller mon odorat. Ensuite, je devais les goûter sans voir la couleur ni la texture. Il fut étonnant de constater que je ne reconnais ni l'arôme avec mon nez ni le goût. Mes papilles étaient vraiment endormies. Pas moyen de faire la différence entre la fraise ou l'abricot par exemple. Ni entre la gaufre et la madeleine. Il s'agissait aussi de toucher la texture et de voir les différences et similitudes. 

Lorsque l'on souffre d'anorexie, on a toujours tendance à reprendre les mêmes aliments car ils nous rassurent. La diversité n'existe plus. On la fuit. En quoi nous rassurent-ils ? Sur le fait qu'ils ne nous font pas prendre de poids, qu'ils ont bon goût (dans la tête surtout), qu'il n'y a pas de vrai sucre ni de graisses. Pour ma part, c'est un peu différent actuellement car l'anorexie n'est plus du domaine de la privation mais due à une absence d'envie et de gourmandise tout court. Je ne regarde donc plus essentiellement les calories mais je recherche un plaisir perdu. J'ai donc étendu spontanément mon alimentation, en osant goûter et être honnête avec moi-même en me disant que, de fait, cela me donne "plus de plaisir" que l'ancien, et donc j'alterne...

Pour la majorité des anorexiques, c'est tout un challenge de se laisser aller à ces nouveaux goûts ou à des anciens associés à des kilos superflus. Il faut réapprendre à manger de tout et ce, dans des quantités normales...