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04/08/2009

Une Reprise Sous Condition Acceptable ?

Mon entretien avec mon psychiatre s'est bien passé. Etant donné que je stabilise mon poids depuis un mois et qu'enfin, je suis disciplinée pour les repas, je devrais pouvoir reprendre le travail et arriver à transposer mes efforts quotidiens sur place. Mais...

Mon métier exige que je puisse travailler de nuit comme de jour. Il est à grandes responsabilités. Il fallait donc combiner le coeur et la raison. Je peux reprendre mon travail à condition de ne pas faire de travail de nuit dès le début. Cela peut risquer de déstabiliser mon fragile équilibre, ne pouvant manger à l'heure qui me convient... Je vais donc devoir passer par la médecine du travail en visite "pré-reprise" pour voir s'il y a un accord qui peut être trouvé avec l'employeur. La condition sera-t-elle acceptable et acceptée ?

Me voilà donc toujours en suspend... Le rendez-vous est fixé ce jeudi.

Si la reprise est refusée dans ces termes, je vais devoir reprendre mon courage en mains et me faire hospitaliser pour une alimentation parentérale cette fois. Ce sera la première fois que je passe par cette option. Je suis arrivée au point de ma maladie où je ne sais pas prendre de poids rapidement toute seule. Je ne peux pas me forcer plus. Je mange pour vivre, j'ai accepté de devoir me forcer à chaque repas, mais comment voulez-vous que je prenne du poids quand il y a peu d'appétit, peu de plaisir, et que l'estomac est devenu très petit ? Par contre, faire un saut dans les kilos n'est pas un obstacle psychologique en soi. Mon problème ne se situe pas dans mon image corporelle. Je me vois maigre. Ni dans le refus de prendre du poids. Je ne suis juste pour le moment pas capable de faire plus... C'est ainsi...

Je préférerais que cette hospitalisation se fasse plus tard car je sors d'un séjour de 8 mois où je suis restée dans l'espoir d'arriver à grignoter quelques kilos de plus, mais les 4 derniers mois n'ont servi à rien sauf à m'essouffler ! Mais a-t-on toujours le choix dans la vie ? C'est un long débat... :-)

01/08/2009

H O M M A G E

2200336675_1.jpgElle était belle, touchante, avec un style bien à elle. Elle avait grand coeur mais dans ses yeux transparaissait une souffrance terrible. La vie ne l'avait pas épargnée. Elle souffrait d'anorexie/boulimie et d'alcoolisme, dépendance assez fréquemment rencontrée dans les troubles alimentaires. Je l'avais rencontrée en clinique il y a quelques mois. Elle avait dû la quitter trop tôt parce qu'elle avait enfreint le règlement d'abstinence. Lorsqu'elle est partie, je la sentais très fragile et désespérée. Fatiguée de lutter contre ses démons. Elle ne savait où aller.

Elle a tenté bien que mal de garder la tête hors de l'eau et à faire face, jour après jour, à la vie. Mais ses souffrances ont certes été mésestimées et mal reconnues par ses proches, par ses médecins, par tout ceux et celles qui la côtoyaient. Son sourire et ses yeux pétillants cachaient bien le drame terrible qui allait se produire. Un beau matin, elle a décidé que c'en était trop. Elle a mis fin à ses jours. Elle n'avait que 23 ans.
Dieu que c'est terrible. Le choc eut raison de moi et de mon self-control, les larmes ont jailli comme les jets d'une fontaine. On se reconnaît toutes un peu en elle. Non seulement il y a l'attachement de vivre ensemble en clinique mais beaucoup de femmes/ados souffrant de troubles alimentaires ont déjà un jour pensé au suicide.

J'y ai pensé déjà maintes fois. Comme une option ultime au cas où je ne pourrais plus porter cette maladie en moi. Elle nous bouffe au sens propre comme au figuré !

Je lui rends donc hommage. Repose en paix ma belle. Tu avais souvent la tête dans les nuages... ;-) Ton âme doit être là-haut, quelque part... Là au moins, tu ne souffres plus...

Je ne t'oublierai jamais...