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16/10/2009

La Compétition

Les personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire, plus particulièrement d'anorexie restrictive, se comparent souvent entre elles. Ceci est plus marqué chez les adolescentes. Elles ont plus besoin d'être "reconnues" dans leur maladie. En clinique, quand vous errez dans les couloirs ou les ateliers, il est fréquent de tomber sur des conversations tournant autour des calories, du poids ou du BMI (body mass index).

Il est toujours fort tentant de demander à l'autre combien elle pèse, histoire de se comparer, de se rassurer aussi, en se disant : "Si elle pèse autant et que je la trouve maigre, c'est que moi aussi je suis bien maigre". Je vous parlais dans l'article précédent de cette impression de se voir toujours grosse. Plus loin que cela, quand elles parlent de leur poids, celle qui est au plus bas, est enviée. Oui, enviée. Il y a une odeur de jalousie. Et certaines se mettent même à refaire la diète car elles savent qu'il y a moyen de perdre encore plus de poids ! En clinique, elles sont évidemment surveillées à table mais dès qu'elles quittent le local, certaines se font vomir, pour ne pas prendre de poids.

Parler calories est un sujet épineux aussi. Vous connaissez le site PRO ANNA où elles s'encouragent les unes les autres pour maigrir, pour annoncer qu'elles ne mangent que 100 ou 200 calories par jour. Elles échangent des astuces pour ne pas plier à la faim. Elles plaident pour un mode de vie. En clinique, les questions qui fusent entre elles est souvent : "A combien de calories es-tu par jour ?". A nouveau un besoin de comparer le contenu du menu cette fois. Et enfin, après chaque pesée, toujours ce besoin de savoir si l'autre a pris ou perdu du poids. " Tu pèses combien maintenant ?" En rassemblant toutes ces petites informations sur l'autre, elles se comparent, se rassurent ou parfois s'angoissent.

Un jour, une jeune fille de 15 ans me demanda mon poids. Par principe, je ne le dis pas car cela ne sert à rien et cela évite des débordements. N'ayant pas eu de réponse, elle finit par me dire quand même qu'elle aurait voulu être aussi maigre que moi ?!

Commentaires

d'un coté mettre des anos ensemble n'est pas un super plan pour les faire guérir à cause de cette comparaison et compétition malsaine et d'un autre côté, il faut reconnaitre que c'est super dur aussi pr quelqu'un d'anorexique de manger avec quelqu'un de non anorexique pendant la période ou il faut reprendre du poids car en général en tant qu'ano tu as tendance à vouloir être celle qui mange la moins de la tablée et le problème est que tu es justement celle qui devrait manger le plus ce qui fait que c'est très dur aussi. donc idéalement faudrait que l'ano mange seule mais seule c'est pas facile non plus car c'est source d'angoisse aussi.
bonne chance.

Écrit par : bea9278 | 23/10/2009

Exactement. Il n'y a pas de solution idéale. Il faut viser le compromis, vivre un peu chaque situation. Parfois seule, parfois manger avec des gens sans TCA, parfois ensemble. Au début, je fus fort influencée quand j'étais à table avec les autres. Puis j'ai préféré manger seule mais je suis devenue moins sociable. Puis je me suis libérée des regards des gens normaux. Maintenant je peux manger avec tout le monde. J'ai passé le cap des regards.
Pour toutes, il faut garder la foi que les choses bougent petit à petit positivement !

Écrit par : chiche | 24/10/2009

c'est bien ça d'avoir passer le cap des regards. félicitations. faut pas t'isoler car tu risques de replonger

Écrit par : bea9278 | 24/10/2009

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