Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

22/05/2010

Prise Forcée d'un Complément Alimentaire

Grand bond en arrière en 2003, lors des premières semaines en clinique.

Je vais vous parler d'une petite histoire que je prends aujourd'hui avec un grand sourire. A l'époque, c'était un drame. Je l'ai vécu comme un vrai traumatisme. Face à l'absence de prise de poids, de la résistance à finir mes repas et à la dégradation d'une prise de sang, mon médecin décida de me faire manger des compléments alimentaires, sous forme de crèmes. Je n'avais pas le choix. J'avais beau argumenter et promettre que j'allais faire un effort, j'allais devoir avaler ma première crème et il en fut ainsi.

Mais à quel prix ?

Le prix d'une scène digne d'un théâtre. Grotesque. Hystérique. Un refus violent.

Je fus isolée dans un local avec deux infirmières pour la collation de 10h30. Je n'en sortirais que lorsque le pot de crème serait vidé. Et il en était hors de question pour ma part !

Un refus catégorique.

Des pourparlers inutiles. L'ordre était un ordre. Vous devez la manger !

Le pot restait fermé devant moi. Je ne le touchais pas et ne comptais pas le faire. Une infirmière me demanda d'au moins ouvrir le pot et de goûter avant de dire que ce n'était pas bon. C'était toujours non. Non et non ! Elle le fit alors pour moi et me tendit le pot. Je ne fis pas mine de le prendre. Je restai impassible. Elle me suggéra alors d'au moins sentir l'odeur de la crème. Que peut-être cela serait plus facile de la manger par la suite. Le pot étant sous mon nez, je respirai les effluves vanillées de la crème. Je fus profondément dégoûtée de cette odeur chimique unique, propre aux compléments. Ca me rendait la tâche encore plus difficile.

Plus d'une demi-heure était déjà passée et je n'avais toujours pas trempé ma cuillère dans la crème. L'infirmière prit la cuillère, piocha dedans et me la tendit. "Allez, goûtez au moins avant de dire non." Après plus d'un quart d'heure, je finis par mettre la cuillère en bouche. Je sentais qu'ils allaient tenir parole, que je ne sortirais pas du local sans avoir terminé la collation. Ma réaction fut des plus radicales : c'était dégoûtant ! Et face à l'insistance des deux infirmières, mes nerfs me lâchèrent. Je pris le pot et le jetai à terre violemment en disant qu'il était hors de question que j'avale ce truc ! "Ce n'est pas grave, mademoiselle, je vais en chercher une autre."

Je fus quand même gênée d'avoir souillé le sol. Jamais je ne m'étais mise dans un tel état. C'était interpellant pour moi. Un nouveau pot fut ouvert et on me pria de le manger et de me dépêcher car je n'échapperais pas au repas de midi qui suivrait.

Dans une détresse immense, pleine de larmes, je mangeai cette crème très lentement. Un véritable supplice. Une terreur. Ce n'était pas tellement le goût qui était dur bien que nouveau mais c'était le contenu. Tout ce sucre et ces calories en un coup.

Une heure et demi plus tard, je pus sortir du local. Il était midi. J'étais épuisée psychologiquement. On me félicita. Je trouvai ça bizarre mais le pris comme un encouragement. On me servit le dîner un peu plus tard que les autres, à 12H45. J'étais en table accompagnante. J'allais devoir manger ma ration en entier.

Si je me souviens de cela aussi précisément aujourd'hui, c'est que cela m'avait marquée profondément. J'en rigole actuellement mais n'est-ce pas incroyable de se comporter de la sorte face à un complément alimentaire qui s'avère nécessaire pour ma santé et ma survie ? J'étais loin !

Je vous parlais, il y a quelques jours, que j'avais réalisé un exploit en mangeant chez moi un complément alimentaire. Eh bien, c'était le même qu'en 2003. Même goût. Mais un défi. Pour aller dans le sens de la vie et non plus dans la survie...

Commentaires

Bonjour, j'ai découvert votre blog en faisant des recherches sur google sur les forticrèmes.
Je me retrouve beaucoup dans tout ce que vous dites, et notamment ce passage où l'on vous oblige à manger ce premier complément...
J'en prends en effet depuis bientôt 7 ans (7ans de maladie) sauf qu'à l'heure actuelle je me demande si je dois encore en prendre. Seulement dès que j'arrête je reperds vu que je n'arrive pas à manger plus et mieux...
Je suis perdue et vous lire me réconforte malgré tout!
Je souhaite que vous comme moi puissions nous en sortir.
BOn courage encore!!

Écrit par : bardin | 07/08/2010

Bonjour Bardin,
Je suis contente de vous réconforter via ce blog. C'est son but.
De plus, je pense que moi-même, je vous ressemble. J'ai beaucoup de mal avec les quantités, la satiété est dure à supporter. Les compléments alimentaires deviennent des alliés.
Je vous souhaite beaucoup de courage également.
La vie est belle. Et j'ai la foi que l'on peut s'en sortir !

Écrit par : chiche | 08/08/2010

c'est vrai que ca a un gout chimique et que ce n'est pas bon surtout certains parfums. De + les compléments te gavent et pour un estomac qui est réduit comme le tien c'était un peu stupide de leur part de te demander d'avaler ça d'un coup. Normalement qd quelqu'un est trop maigre il est recommandé de fractionner les portions et finalement t'as presque eu tout d'un coup car tu l'as apparemment pris tard et rien ne dit que ton estomac peu réhabitué à la nourriture est réussi à tout digérer.
Je trouve qu'il aurait été plus judicieux et moins traumatisant à ton égard de te le faire absorber en plusieurs fois.

Bises et courage.

Écrit par : bea9278 | 10/08/2010

Les commentaires sont fermés.