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14/06/2010

La Peur De Vivre

L'anorexie peut nous cristalliser dans une peur immense qui nous contient dans un état d'immobilisme. Quand on me pose la question : "Qu'est-ce qui te retient dans la maladie ? Tu as peur de quoi ?". Je réponds que j'ai peur de perdre quelque chose (cfr article précédent). Mais je n'ai pas peur de grossir. Le poids est un symptôme, le symbole de quelque chose de bien plus fondamental : la peur de vivre. Je suis tétanisée. J'ai peur de vivre normalement. Or, il faut manger pour vivre. Donc, je mange de façon insuffisante car je n'ai plus l'instinct de vie. Par contre, je n'ai pas peur de mourir. Je dirais même que je l'attends. Le rapport à la vie et à la mort s'est inversé.

" Vivre, c’est mourir un peu, et peu à peu et quelquefois beaucoup, voire tout à fait. Et la peur de vivre installe la mort ou le non-vivre dans la vie." Chez l’anorexique, en raison de l’absence d’un sentiment de sécurité interne, la peur de vivre dénoncée par cette citation de Daniel Lagache est omniprésente : peur de vivre et surtout de ne pas vivre assez,...

Je suis tombée sur cet extrait qui est une introduction à un texte écrit par M. Coenen, psychothérapeute. Cette peur n'est donc pas exceptionnelle dans la psychologie humaine. Mais comment fait-on pour sortir de la chrysalide quand le monde et la vie nous font peur ? Comment redevenir le beau papillon ? Quelle est la recette miracle ? Il n'y en a guère, je pense. Il faut certes une immense dose de courage, de volonté et de patience. Réapprivoiser la vie prend du temps. Et de l'énergie, que nous n'avons plus parfois.

Pour ma part, j'ai des sursauts d'énergie psychique, comme ces dernières semaines, où je me battais contre d'anciens démons et de bêtes phobies alimentaires. Et puis, la fatigue reprend le dessus et je n'ai plus la force de contrer aussi fort la maladie. Je mise alors sur les acquis pour ne pas perdre de poids en attendant de retrouver le punch positif. Je vivote. Je survis. J'attends d'avoir la force de vivre et de surmonter cette peur existentielle. Mais quand on est tout au fond du puits, là où il fait noir, là où l'on n'en peut plus, au vrai sens du terme, on n'a plus envie de bouger. On ne mangerait plus. On resterait couchée. On ferait grève et on attendrait la mort. Consciemment ou inconsciemment. Certaines d'entre nous tombent dans ces ténèbres. Elles arrivent alors dans un état décharné en clinique. Je ne suis jamais tombée dedans. Mais le danger guette malgré tout. C'est aussi le symptôme d'une dépression. Pas besoin d'avoir un trouble alimentaire pour le ressentir !

Mais derrière notre maladie qui est morbide et très complexe, et là, je donne un message d'espoir, se cache souvent une grande envie de vivre malgré tout. On a juste besoin d'aide, de personnes qui pourront nous donner cette impulsion. On a besoin de stabilité. On regorge de vie mais on ne trouve plus la façon de vivre car nous avons peur de vivre !

Il faut réapprendre à vivre !

Commentaires

Merveilleux texte!
Plus que touché du doigt, tu empoignes la cause essentielle de cette maladie, la déprim; causée par le questionnement incessant et perfectionniste sur la vie et sa finalité.
Pourquoi cette déprim? ben tu en connais la cause (ou peut être pas peu importe) car même si elle est réparée à l'heure actuelle cette cause, ben la maladie elle s'est installée, ...pourquoi ?
N'oublie pas que le phénomène est auto entretenu comme dans toute dépression par l'arrêt de travail et l'état de maigreur. EINSTEIN disait :"LA VIE C'EST COMME UNE BICYCLETTE, IL FAUT AVANCER POUR NE PAS PERDRE L'EQUILIBRE " alors remets toi en selle dès que tes forces physiques le pourront (courage courage c'est la phase 1, donne toi tous les moyens qui existe sur terre pour te renourrir) et pédale ma mie (phase 2: boulot passionnant mais pas trop travailler hein, juste se passionner un peu chaque jour et pas seule aussi, dans le partage, avec d'autre!)
Donc un seul secrèt dès que le poids sera au rendez vous: bosser.
On est et reste ce qu'on est, mais par chance si on a un métier où l'on peut aider d'autres quelqu'il soit, on peut tendre vers l'altruisme et oublier ses défauts, on s'en sort grandies, on déprime moins souvent, moins longtemps, la vie prend enfin un sens celui de s'occuper de ceux qui sont en détresse, quelle joie m'habite de voir que je remplis une place dans la société, qu'il y a une demande à ce niveau. D'autres ont besoin de nous, mettons nous à leur service (à mi temps par exemple car il ne faut pas se faire dévorer, c'est la phase 3!:-)), c'est la voie de la guérison,
C'est ce que tu fais déjà par ce site . Bravo! et...
COURAGE, tu n'es pas seule. Tu vas y arriver , j'en suis sûre!

Écrit par : tamie | 21/06/2010

Bonjour,

Ce dont tu as besoin, c'est de savoir que tu n'es pas née du hasard et de la nécessité. Le hasard implique la solitude puisque tu es contrainte de te battre seule pour vivre. le hasard implique que seuls les plus forts survivent, réussissent.

Tu n'es pas née par hasard, mais par la volonté d'un Créateur qui a un projet plein d'espérance pour toi. Il faut que tu apprennes à le connaître. Le découvrir, c'est entrer dans la seule relation capable de te donner la paix au milieu des plus grandes incertitudes. Se savoir entre Ses mains te libère de toutes les craintes. Ce Créateur invisible s'est rendu visible, accessible au travers de Jésus.

Je lui ai confié ma vie, il y a bien des années. Depuis, je marche vers ma fin avec joie, dans la paix, et je vis dans le présent au sommet de ce que j'aurais pu espéré. Jésus n'est ni un mythe, ni un personnage du passé. Il vit aujourd'hui et est prêt de s'approcher de quiconque l'invoque avec sincérité et est prêt à lui remettre toute sa destinée, passé, présent et avenir.

Tu n'as rien à perdre à t'adresser à Lui du fond de ton coeur. Lis l'Evangile et entre dans la paix...

Gilles, pasteur

Écrit par : Ichtus02 | 14/07/2010

Merci Gilles pour votre commentaire. Il me parle.
Mon métier est une vocation humaine. ce fut comme un appel, une évidence. J'ai parfois dur à comprendre pourquoi je dois mener ce combat alors que j'ai la chance de pouvoir soigner et aimer les gens.

Écrit par : chiche | 14/07/2010

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