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28/11/2010

On Y Va !

Encore une fois, l'anorexie a fait sa loi 7 semaines. Stagnation du poids.

Pour rappel, mon médecin tenait le discours, à nouveau, d'envisager ma vie en sous-poids dehors, à condition de se maintenir. Cela m'a déconcertée. Je lui ai demandé pourquoi il recommençait à me parler de ça. Ce n'est guère motivant, voire décourageant. C'est comme s'il avait cessé d'y croire. Il me répondit que si l'on regardait les dernières hospitalisations, il y a un moment où le poids cale. Il n'y a plus moyen de monter. La maladie accroche. Et je piétine. C'est réaliste. A part qu'ici, je ne suis plus d'accord de survivre. J'ai signé un contrat de poids avec lui qu'il semble ne pas vouloir tenir. D'habitude, c'est le patient qui veut revoir à la baisse le poids de sortie. Où va-t-on ? J'ai des ambitions bien plus grandes. Et ce n'est pas avec un BMI de 14.3 que je vais y arriver !

Alors...

Après avoir bien réfléchi...

Je lui ai fait savoir qu'il était hors de question d'abandonner maintenant !

Non !

Je lui ai donc dit que j'allais mettre en place avec mon infirmière et la diététicienne un menu avec plus de compléments, de sorte que le total des calories ingérées montent significativement. Il me répondit : "Mais Madame, vous rendez-vous compte de votre plan ? Cela fait des années qu'on arrive pas à monter au-dessus des 2000 kcal et là, vous y allez, comme ça ? Ce serait un véritable exploit, un tsunami si vous y arrivez. Je vous tirerai mon chapeau !". Je lui ai répondu qu'il pouvait déjà aller acheter son chapeau !

Son intention n'était pas de me provoquer mais il l'a fait !

J'ai terminé l'entretien en citant une phrase qui me venait en tête : "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait".

Voilà qui relance fameusement mes peurs mais je dois passer par là. Pas le choix. Je veux vivre normalement ! Plein de projets m'attendent. Et j'ai mis en place des occupations intellectuelles professionnelles pour m'aider à passer les angoisses quand je suis abordée par elles.

19/11/2010

Presque 5 Mois. La Rage De Vaincre

1811264-1.jpgIl n'y a rien à dire. Quand on est en clinique, les journées semblent longues mais le temps passe vite. Presque 5 mois ici.

Je fais face à une nouvelle difficulté : le poids stagne. Je dois manger des quantités considérables pour prendre quelques centaines de grammes ! J'en suis à 5 compléments en plus des repas. Quand je relis mes anciennes notes, je prenais du poids bien plus vite avec bien moins ! Quelqu'un m'a dit que je devrais être rassurée de pouvoir manger "autant" sans prendre du poids. Cela veut dire que je ne devrais pas avoir peur de manger. Eh bien moi, ça ne fait pas mes affaires ! C'est l'inverse. Je mange pour vivre et retrouve peu de plaisir alimentaire. Alors, si je pouvais prendre du poids plus facilement, je ne serais déjà plus ici !!!

Le contexte n'aide certes pas à prendre du poids. J'en ai marre à 1000%. Je suis enragée à 10000% à chaque fois que je monte sur la balance et ne vois pas le fruits de mes efforts, et l'ambiance est lourde. Un contexte qui me rend fébrile et stressée. Beaucoup de patientes ne vont pas bien. Il y a des cris, des colères, des incontournables. Et je suis devenue à fleur de peau. Je ne supporte plus rien. Je ne mange plus avec les autres. Je m'installe seule à table, dans un coin. Je mets mes écouteurs sur les oreilles pour entendre le moins possible et je m'instruis en entendant les actualités 3 fois par jour. Je vais devenir une pro en réflexions en tout genre !

Mon médecin évoque la possibilité à nouveau que j'ai placé la barre trop haut quant au poids que je veux atteindre. Il correspond à un BMI 16. C'est le strict minimum quand même ! Il fut hors de question avant-hier de réduire l'objectif ! Je ne quitterais pas la clinique sans avoir atteint ce poids. Mais il me relance. Il dit connaître pas mal de patientes qui vivent en sous-poids et travaillent mais qui se maintiennent. Ca ne fait pas mon affaire, ça. Du coup, je relâche la pression que je me suis mise. Peut-être qu'en étant moins exigeante avec moi-même, le poids va monter ?

Une chose est sûre : je ne relâche pas les efforts ! J'ai la RAGE DE VAINCRE, comme dit mon ami...

15/11/2010

Mes Idées Au Début De La 4ème Hospit

Ceci sont mes premières notes de ma quatrième hospitalisation. En 2006. Comme on peut le voir, j'avais déjà envie de tourner la page, j'y croyais, je savais que je devais "perdre" les fameux bénéfices secondaires mais c'était un leurre. Il n'y avait pas cet éclat dans le regard, cette ouverture du visage à la vie. Commentaires entre parenthèses.

 

" Me voici donc en ces murs bien connus, assez sereine, motivée mais croyant peu en moi. Pas de contrat de poids, sortie structurée, pas de surveillance après les repas, uniquement si je ne contrôle pas mes impulsions. 4 semaines pour remettre de l’ordre dans ma vie, prendre du recul, comprendre pourquoi ma plaie saigne encore, et remanger. Je suis là car c’est mon choix, décision de me tourner vers la vie, tourner le dos à ma propre auto-destruction. Je vis cela comme un renoncement qui est douloureux, mais il faut que cette maladie me quitte, ou du moins, soit la plus quiescente possible. BMI à 14. Hier première grande victoire, aucun vomissement de la journée. Cela faisait des lustres ! (les vomissements ont commencé en 2004. Je vomissais spontanément. C'était angoissant. Alors, plutôt que d'attendre que cela vienne éventuellement, je prenais les devants et provoquait le vomissement.)

Deuxième victoire en ce lundi, un nouveau départ. Pas de tentative d’auto-destruction. ( je pense là aux vomissements aussi, c'est une façon de se faire du mal; mais aussi aux coupures). J’ai quasi tout mangé malgré les maux d’estomac assez atroces. (La satiété était déjà un problème principal. C'était insupportable. Ca l'est encore actuellement mais moins prononcé). J’ai lu pas mal aujourd’hui, pris des notes, passé un examen neurologique. Bref, tout se passe bien, pour le moment bien sûr. Je suis zen...

Mme X est mon infirmière de référence pour la première fois. (Mon infirmière habituelle est en congé de maternité). Soit... Elle est assez stricte et directe. On verra mais j’ai dit que je jouerai la carte de l’authenticité pour ne pas perdre de temps. Rien à dire de plus.

 

Le lendemain :

Le pesée s’est pour dans moins d’une heure, on verra sur quel poids je commence...Je n’ai pas peur de prendre du poids car je dois regarder mon image et non les chiffres. Je peux très bien me trouver belle à x kilos sans savoir mon poids. Les chiffres sont mes ennemis. Mais d’un côté cela fait partie de la thérapie comportementaliste. Assumer et voir ces sacrés chiffres sur la balance...Bref, de toute façon, j’ai de la marge, n’est-ce-pas ? ( Déjà le problème du chiffre, diabolique)

 

Quand je me relis, je me dis que les problèmes principaux et actuels étaient déjà présents. On oublie vite. De même que la maladie me bernait à 100% à ce moment. Je pensais vraiment vouloir tourner la page. Passer à autre chose mais ça n'a pas marché.