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20/05/2011

Bilan santé et travail

6 mois de travail. 9 mois de clinique. 2 mois de reprise du travail. 5 mois de clinique. 3 mois de congé maladie à la maison. 9 mois de clinique. 2 mois de congé maladie à la maison.

Ou, 8 mois de travail. 23 mois en clinique. 5 mois en congé maladie à la maison. Voici les 36 derniers mois de ma vie.

Presque 8 ans que la maladie a commencé. 8 ans qu'elle bouleverse complètement ma vie. 60 mois en clinique. 24 mois de travail. J'ai passé 5 années de ma vie en clinique ! Et 2 seulement au travail. Le reste est du ballottage en congé maladie.

Avant qu'elle ne frappe, j'avais une vie somme toute banale. Je travaillais dur. J'étais brillante. Je savais ou je voulais aller. Je ne faillais pas. J'étais une dure à cuire. Je ne faisais pas de régime. J'avais perdu 7-8 kilos dès le début de ma vie professionnelle qui est très exigeante, ou l'on mange à des heures incertaines ou ne mange pas selon la charge de travail. J'étais parfaitement habituée à ce rythme. Mon boulot me passionnait.

Et me passionne encore. Je rêve de le reprendre au plus vite mais je me dois d'être très prudente. Il est déjà très difficile de gérer la maladie sans contrainte professionnelle. Je dois manger à heures fixes pour pouvoir assurer mes trois repas et trois collations. J'ai encore beaucoup de mal à faire face aux inattendus. Il suffit que je mange une heure plus tard et ça risque de se répercuter sur le reste de la journée. Et puis, il faut manger, même si pas envie, pas faim, mal au ventre. Et s'obliger à manger même si le stress vous coupe la faim ou réveille la maladie.

Ce bilan n'est pas rose. C'est triste d'en être arrivée là. Tout ça parce que je n'ai pas respecté mes limites au travail et fini en burn out. Je suis passée à côté d'une belle période de la vie. Ou, pour éclaircir le noir du tableau, on va dire que j'ai vécu "autrement". Tout est question de point de vue. Il y a quand même de grands points positifs qui émanent de tout ça, des choses que je n'aurais pas pu vivre ou découvrir si j'avais tenu le coup.

On ne refait pas sa vie mais on peut encore la changer, n'est-ce-pas ?

Je m'y attelle tous les jours.

 

14:35 Publié dans Le Point | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

B.R.A.V.O bravo! pom pom (girl) :-)

Tellement bien écrit le texte du psy...
Il n'ay pas que dans l'anorexie cette peur d'être jugée (peur du regard de l'autre, de ne pas y arriver) moi je la vis aussi sans être anorexique et depuis l'adolescence pas moyen de m'en défaire...d'ou ça vient?

Écrit par : tamie | 04/06/2011

Les commentaires sont fermés.