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22/06/2011

La Constance et sa Raison

Me voilà arrivée à 3 mois après ma sortie de clinique.

Le premier mois, j'ai évité la casse en ne perdant qu'un kilo.

Le mois précédent, je criais victoire car c'était la première fois en 7 ans que je parvenais à ne pas perdre de poids à domicile.

L'objectif de ce mois-ci était d'être plus constante dans mes efforts et de tenter de remonter dans l'unité de poids supérieure. En effet, à chaque fois que j'enchaînais trois "bonnes" journées sur le plan alimentaire, je décompensais les 3 autres car j'avais l'impression d'être full en permanence dans le ventre. Les quelques centaines de grammes pris étaient reperdus aussitôt.

Résultat ? Stabilisation du poids. J'ai été d'une extrême constance dans mon plan alimentaire. Rigueur et discipline, ça marche ! Mais je n'ai pas pris de poids.

Pourquoi ? Parce que je ne l'ai pas voulu. Tout simplement.

Pourquoi je ne voulais pas ? Je ne sais pas. Ou peut-être justement, j'ai trouvé un tas de raisons.

Lesquelles ?

- Je me trouve bien physiquement. J'ai été habituée à me voir tellement plus maigre que je me suis contentée de ma silhouette actuelle. Et ce malgré les différents avis de personnes proches. Quand je leur demandais de me dire honnêtement s'ils me trouvaient très maigre, maigre ou mince, sans un brin d'hésitation, elles ont répondu que j'étais maigre. Alors, je ne me leurre pas. Je me vois maigre également mais moins maigre qu'avant. Alors j'ai banalisé. Mais... Il y a quelques jours, j'ai essayé quelques robes pour un mariage. Eh bien, quand je défilais devant le miroir, mes yeux me sont sortis de la tête. Je me trouvais d'un coup trop maigre et ce n'était plus beau ! C'était comme si j'avais vu une autre personne et que mon jugement redevenait plus juste. Donc, un peu plus de poids ne me ferait pas de tort !

- Je me suis dit qu'avant, j'arrivais à travailler en étant plus bas dans le poids. Pourquoi prendre encore des kilos quand je suis sûre au fond de moi que je tiendrai le coup, malgré la dureté de mon métier ? Excès de confiance en soi. Surestimation des capacités. Je suis forte dans ce jeu. Mais... J'oubliais juste que j'arrivais peut-être à travailler mais que je ne tenais que quelques mois avant de retomber en clinique. J'ai hâte de retravailler, oui, oh que oui, mais ça ne sert à rien de sauter dans les tranchées quand on n'est pas assez armée. Ce serait prendre de gros risques. Je ne connais que trop bien cette spirale infernale : travail-rechute ! Et puis, quand j'irai me présenter à l'entretien d'embauche, j'ai plutôt intérêt à paraître plus crédible physiquement. Il y a un trou de 2 ans d'incapacité de travail dans mon cv que je devrai expliquer.

- J'ai peur. Oui, j'ai peur d'aller mieux. Débile n'est-ce-pas ? J'ai peur d'essayer à nouveau de revivre normalement et d'échouer. Alors, quelque part, en ne voulant pas prendre de poids, je ne prends aucun risque. Je vais faire une analogie. Vous avez un travail mais il ne vous plaît pas. Cependant, vous ne faites rien pour le changer. Vous avez décidé de le garder, de vous en contenter plutôt que d'aller chercher le boulot de vos rêves. Il se peut que vous ayez peur de l'inconnu ou de prendre des risques. Il est parfois plus facile de vivre dans le connu  peu supporable que dans l'inconnu. C'est ce que je ressens. Mais je n'aime pas ma vie actuelle. Alors j'ai deux possibilités : soit je décide de ne pas prendre de poids et je continuerai à vivre cette vie, malheureuse, soit je décide de prendre du poids et oser aller de l'avant, avec le risque que je me casse la figure à nouveau mais je me donne la chance de changer ma vie et d'accéder à une vie différente et meilleure.

- Je me sentais tellement bien à vivre sur mes acquis. Je n'ai pas dérangé l'anorexie. C'était tellement confortable mentalement. Mais... si je veux avancer dans ma vie, si je veux prendre du poids, je dois reprendre le taureau par les cornes et affronter mes phobies alimentaires. Oui, il va falloir manger à nouveau des sucreries, augmenter les portions de féculents, sentir ce diable au corps quand j'avale ce que je sais qui va dans le sens de la prise de poids.

Ce qui est marrant dans tout ça, c'est que je veux reprendre du poids à présent pour les raisons décrites, mais dès que je fais un pas dans ce sens, que je mange donc quelque chose en plus, j'en suis malade, parce que je sais que ça va me faire prendre du poids justement !

Vous dites ? Elle est débile cette maladie ? Irrationnelle ? Oui, vous pouvez le dire. Et vous avez raison !

Commentaires

bonjour,
je découvre votre blog et je me retrouve dans l'analyse que vous faites, mais dans le domaine de la lutte contre la procrastination... bravo pour votre sens de la rigueur que je n'arrive pas à conserver dans la durée...
-n'y a t-il pas d'école de la confiance en soi quand on "sait" qu'elle est au coeur de tant de choses? dans la capacité d'apprendre, de progresser, de travailler, de favoriser la guérison, vers un projet de toute une vie? Certes, les obstacles de la vie nous permettent de "nous" dépasser nous même, de grandir... M'enfin, et si la société y mettait un peu du sien sans rajouter tant de coup de baton?? !!

Écrit par : spiroubelle | 30/06/2011

bonjour,
je découvre votre blog et je me retrouve dans l'analyse que vous faites, mais dans le domaine de la lutte contre la procrastination... bravo pour votre sens de la rigueur que je n'arrive pas à conserver dans la durée...
-n'y a t-il pas d'école de la confiance en soi quand on "sait" qu'elle est au coeur de tant de choses? dans la capacité d'apprendre, de progresser, de travailler, de favoriser la guérison, vers un projet de toute une vie? Certes, les obstacles de la vie nous permettent de "nous" dépasser nous même, de grandir... M'enfin, et si la société y mettait un peu du sien sans rajouter tant de coup de baton?? !!

Écrit par : spiroubelle | 30/06/2011

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