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02/08/2011

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L'idée faisait son chemin mais n'enclenchait aucune action concrète. Dans l'article précédent, j'ai évoqué la suite de ma prise en charge, sous forme d'une courte hospitalisation d'un mois. Je n'avançe pas. Je reste figée. Mes efforts pour prendre du poids seule sont vains. Je mets en danger mon couple, mon travail et ma vie. Je ne suis plus à un poids critique mais je le suis dans ma tête. Vivre avec cette maladie est insupportable. Et puis, ce n'est pas moi. La femme anorexique n'est pas la femme que je suis réellement. Celle-ci s'est effacée depuis 2003, année de mon burn out et du plongeon dans le refus de maintenir un poids normal. Avant, j'étais une battante, une obstinée, une perfectionniste, une ambitieuse, une femme rationnelle qui n'avait peur de rien, ni des défis professionnels ni des défis sportifs. J'étais enthousiaste et sociable.

L'anorexie écrase ma vraie personnalité. Depuis des lustres, il n'y a pas un jour, lorsque je me couche, que je suis fière de moi. Que je me dis que je suis en accord avec moi-même. Que je mets concrètement des choses en place pour avancer. Je suis éteinte. Je me suis tellement cassée la gueule dans cette maladie que j'ai fini par croire que je ne valais plus rien. Mais c'est FAUX ! J'ai encore tout mon potentiel en moi et il ne demande qu'à pouvoir s'exprimer.

Pour gagner, il faut tenter sa chance. Si on n'essaye pas, on perd d'office. Pouvez-vous espérer gagner le gros lot à la loterie si vous ne jouez pas ? Et puis, en tant qu'ancienne sportive, j'ai appris que la plus grande leçon est la défaite. On ne peut pas toujours battre son record. On ne peut pas toujours être le premier. Et puis, ne dit-on pas qu'on apprend toujours de ses erreurs ? Jusqu'à présent, je n'ai que quelques petites victoires à mon palmarès. La dernière fut de réussir à prendre 7 kilos en clinique alors que j'étais dans un état important de résignation.

LA grande victoire serait, aujourd'hui, de prendre du poids à la maison. Seule. Sans soutien de la clinique et du personnel soignant. Je veux redevenir la femme que j'étais avant et que je suis toujours. Quelqu'un de rationnel. Quand je m'entends parler parfois, je me dis que je suis à côté de la plaque, mais c'est parce que j'écoute la maladie. Je lui donne presque toujours raison. Ce que j'ai du mal à comprendre et certainement vous aussi qui me suivez, c'est pourquoi je ne réagis pas ? Pourquoi j'accepte cette vie alors que je ne la supporte pas ? Pourquoi je me contente de peu alors que je veux tout ? Je n'ai pas l'ambition de survivre, mais de vivre. C'est blanc ou noir avec moi. Pas gris. Je ne veux pas vivoter et travailler à 50%, je veux aller jusqu'au bout de mes rêves et les vivre ! Et pour ça, il faut se surpasser. Il faut dire NON à chaque fois qu'une pensée irrationnelle de la maladie surgit dans mon esprit et répondre que je ne suis pas d'accord !

Alors concrètement, après ces quelques mûres réflexions, qu'est-ce que j'attends ? Je me suis engagée à prendre deux kilos minimum en un mois en clinique. Et je sais que je vais tenir mes engagements. En attendant, je me croise les bras. Pourquoi ne pas commencer aujourd'hui ? Je sais exactement le menu que je vais devoir me farcir en clinique pour prendre du poids. Alors pourquoi ne pas tenter de l'appliquer, ici et maintenant ? La fierté serait d'autant plus grande que j'aurais réussi à le faire par moi-même ! Et j'éviterais en plus une nouvelle hospitalisation.

Donc...

Le home clinique a commencé ce matin.

Nous sommes le 2 août. Le 2 septembre, je dois peser deux kilos de plus.

Une semaine avant mon entrée prévue en clinique, qui est fin août, je me pèserai et déciderai en fonction de mon avancée si cette hospitalisation sera toujours nécessaire.

La bagarre a sérieusement recommencé. Je souffre déjà de maux d'estomac mais c'est comme ça ! J'ai le diable au corps mais c'est comme ça aussi !

14:33 Publié dans Evolution | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

"C'est comme çà" ... une expression que l'on est heureux de vous voir utiliser.
Elle révèle en effet votre volonté d'abandonner l'analyse systématique qui vous empêche de vous libérer.
Vous tenez le bon bout.
Je suis de tout coeur avec vous.

Écrit par : aidi | 03/08/2011

Merci Aidi pour votre soutien

Écrit par : chiche | 08/08/2011

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