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03/09/2011

4 jours que je m'empiffre

4 jours que je m’empiffre. Ce n’est plus manger mais se gaver. Comme on gave une oie. On enfonce un entonnoir et on déverse sans se préoccuper du confort. Mais c’est mon choix, mon défi. Il faut grossir. Quitter la table, le ventre toujours lourd. Se répéter que c’est normal, que l’estomac doit prendre du volume. Prendre sur soi et se dire qu’il y aura au moins un résultat. Surtout, ne pas souffrir pour rien.

Repassant en tête maintes fois ce que j’ai avalé en plus, je me dirige vers l’engin des supplices. La balance. Je suis sûre. La maladie ne m’a pas bernée. Je n’ai pas été pris au piège de ses calculs gonflés. J’ai bien mangé l’équivalent d’un très gros morceau de gâteau tous les jours. D’une glace king size. D’une grosse portion de frites. J’ôte mes vêtements. Un frisson me parcoure. Glacial. On prend quand même bien du poids quand on se goinfre tous les jours, non ? Je prends une grande respiration. Je pose les pieds sur l’indicateur de vérité. Ca va monter. J’en suis sûre et je serai soulagée.

La colère monte subitement jusqu’à mes poings. Mes yeux se gorgent d’eau. Ma gorge se serre. Je fais un mauvais cauchemar.

Ce n’est pas possible ! Je crie dans le silence. Non ! Je vous en prie !

Ma voix surgit. Je ne comprends pas. Ce n’est pas logique. Je devrais prendre du poids, bon sang !

Et c’est là que vous avez envie de crier, de vous dresser contre le mur, de sortir votre rage, celle qui vous pousse déjà dans vos retranchements quand vous avalez encore et encore. Se contenir. Sinon c’est tout le mobilier que vous allez secouer, porter, jeter, shooter. Vous ressentez l’injustice comme frappe la foudre. Elle éclate en vous et vous électrifie. Elle vous tétanise. Elle vous cloue sur place. Et vous encaissez le choc comme on encaisse d’autres choses dans la vie.

Vient la minute de désespoir. Eternelle. Sempiternelle. Le même noir profond qui vous broie les tripes. Tripes qui sont toutes retournées. C’est qu’elles encaissent celles-là. La bouffe et toutes les émotions. Jamais tranquilles.

Gros soupir. Grand moment de solitude. Frustrée, vous ne comprenez pas mais c’est comme ça. Un fait auquel vous ne pouvez échapper. Ca sent le découragement à plein nez. Ca pue même. Vous prenez votre visage dans vos deux mains et vous laissez couler. Il faut relativiser. La fenêtre n’est pas cassée, la table est encore entière. La chaise est restée à sa place. Et la seule conclusion que vous pouvez tirer, c’est que vous n’avez toujours pas mangé assez. Vous vous reconstituez un visage. Vous le recomposez.

Le corps et le mental sont des mystères impossibles à percer.

 

Commentaires

Votre corps a été trompé pendant tellement longtemps qu'il lui faudra sans doute encore du temps pour intégrer ce nouveau mode de vie. Le rapport entre le physique et le psychique n'est pas aussi direct que l'on voudrait bien nous le faire croire. Mais si l'esprit veut, le corps voudra lui aussi. Bon courage!

Écrit par : aidi | 04/09/2011

Merci Aidi pour vos encouragements. Je persévère. Ca finira par payer !

Écrit par : chiche | 04/09/2011

Bel effort!Je frémis à la lecture!
c'est sûr qu'après quelques temps la balance sera de ton côté!
Courage et encore mille fois courage

Écrit par : tamie | 18/09/2011

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