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26/06/2010

Menu Type

Vous vous demandez peut-être quel est un menu type proposé en clinique pour nous faire reprendre du poids. Il varie d'une personne à l'autre mais il y a une constante : 3 repas et 3 collations par jour. Pourquoi des collations ? Pour prendre du poids bien évidemment mais aussi parce que la satiété est vite atteinte. Nous ne mangeons pas énormément aux repas. L'estomac ne se réhabitue pas du jour au lendemain à des quantités dites normales. Aussi il est plus facile de fractionner la dose en plusieurs fois.

Actuellement, mon programme est le suivant :

- petit déjeuner : 60 grammes de céréales, 25 cl de lait demi-écrémé, une orange.

- collation 10H30 : Fortimel extra

- repas du midi : 150 grammes de viandes ou poissons, 150 grammes de légumes, 100 grammes de féculents, sauce normale à part.

- 16H : Forticrème + yaourt nature

- souper : deux tranches de pain, garniture (fromage/charcuteries/poulet/poisson), crudités, minarine, 25 g vinaigrette.

- 20H30 : Forticrème + yaourt nature maigre.

Total : environ 2000 kcal.

Contrairement à mes 9 autres hospitalisations, j'accepte les compléments alimentaires. Ils permettent de manger beaucoup de calories dans un petit volume, ce qui est plus facile à supporter physiquement. La crème compte 200 kcal et le lait 300 kcal environ. Par contre, psychologiquement, c'est souvent bien plus dur. Parce que c'est pris directement comme un gavage, une agression du corps et de la maladie qui ferait tout pour manger le moins riche possible. Je suis fière et contente de dire que je mange ces compléments alimentaires sans aucun état d'âme ! Quelle bonheur que cette sérénité retrouvée ! Je prie pour que ça dure. Après 7 ans de galère, un peu de repos de l'esprit est bienvenu !

06/11/2009

A Table ! Et Un Bon Appétit !

Pour ceux et celles qui ont déjà fait un séjour dans un hôpital, il est bien connu que les repas servis sont loin d'être de la fine cuisine. Il est rare que l'envie d'en redemander vous traverse l'esprit. Tout au plus demanderez-vous à votre famille d'amener un petit goûter.

Ici, à la clinique, on ne peut pas dire que la cuisine est en-dessous de tout. Mais les régimes qu'on nous prescrits quand on a un trouble alimentaire ne sont guère somptueux. Cuisine simple : végétarien normal, végétarien hypocalorique, menu hypocalorique et menu normal pour les plus courageuses d'entre nous ou qui sont déjà bien avancées dans leur guérison. Exemple de menu normal : macaroni au fromage-jambon gratiné, escalope sauce brune, petits pois au beurre et purée. Poisson, salade et frites.

Pour ma part, je suis tellement difficile que j'ai un mélange de tout. Depuis les 6 ans que je reviens ici, les méthodes de prise en charge des troubles du comportement alimentaire à évoluer. La diététicienne est beaucoup plus rigide. Mais, en ce qui me concerne, j'ai réappris à manger en suivant un schéma assez précis. Et si le menu ne convient pas, il est impossible pour moi de passer outre et de l'avaler.

Ainsi, en clinique, je ne mange que du poulet ou du quorn comme source de protéines à midi, une cuillère ou deux de féculents (pas de pomme de terre) et des légumes qui varient chaque jour. Tout cela est sans sauce. Il n'est plus possible de l'inclure dans le repas. C'est donc tout sec et n'égaie guère les papilles. Le soir, tartines, menu fromage uniquement pour moi et crudités. Le petit déjeuner consiste en un fruit et des céréales. Les 3 collations sont des crèmes et yaourts.

Vous comprenez le manque d'enthousiasme quand je passe à table. Encore heureux qu'existe la convivialité !

02/07/2009

Debout Les Papilles !

astrapi5sens.jpgLorsque j'étais en clinique récemment, la diététicienne eut la merveilleuse idée de me faire passer un "test" ou plutôt me faire redécouvrir des plaisirs enfouis ou oubliés. Il y eut l'épreuve des desserts lactés et celle des biscuits. 

Depuis bien longtemps, tout le panel des biscuits était mis de côté. Au point de devenir aveugle et absent de mon esprit. Ils n'avaient plus d'existence à mes yeux. 

Pour ce qui est des desserts lactés, je revenais toujours aux mêmes : les yaourts 0% aux fruits. 

En fermant les yeux, elle me passa l'aliment sous les narines, pour éveiller mon odorat. Ensuite, je devais les goûter sans voir la couleur ni la texture. Il fut étonnant de constater que je ne reconnais ni l'arôme avec mon nez ni le goût. Mes papilles étaient vraiment endormies. Pas moyen de faire la différence entre la fraise ou l'abricot par exemple. Ni entre la gaufre et la madeleine. Il s'agissait aussi de toucher la texture et de voir les différences et similitudes. 

Lorsque l'on souffre d'anorexie, on a toujours tendance à reprendre les mêmes aliments car ils nous rassurent. La diversité n'existe plus. On la fuit. En quoi nous rassurent-ils ? Sur le fait qu'ils ne nous font pas prendre de poids, qu'ils ont bon goût (dans la tête surtout), qu'il n'y a pas de vrai sucre ni de graisses. Pour ma part, c'est un peu différent actuellement car l'anorexie n'est plus du domaine de la privation mais due à une absence d'envie et de gourmandise tout court. Je ne regarde donc plus essentiellement les calories mais je recherche un plaisir perdu. J'ai donc étendu spontanément mon alimentation, en osant goûter et être honnête avec moi-même en me disant que, de fait, cela me donne "plus de plaisir" que l'ancien, et donc j'alterne...

Pour la majorité des anorexiques, c'est tout un challenge de se laisser aller à ces nouveaux goûts ou à des anciens associés à des kilos superflus. Il faut réapprendre à manger de tout et ce, dans des quantités normales...