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01/08/2009

H O M M A G E

2200336675_1.jpgElle était belle, touchante, avec un style bien à elle. Elle avait grand coeur mais dans ses yeux transparaissait une souffrance terrible. La vie ne l'avait pas épargnée. Elle souffrait d'anorexie/boulimie et d'alcoolisme, dépendance assez fréquemment rencontrée dans les troubles alimentaires. Je l'avais rencontrée en clinique il y a quelques mois. Elle avait dû la quitter trop tôt parce qu'elle avait enfreint le règlement d'abstinence. Lorsqu'elle est partie, je la sentais très fragile et désespérée. Fatiguée de lutter contre ses démons. Elle ne savait où aller.

Elle a tenté bien que mal de garder la tête hors de l'eau et à faire face, jour après jour, à la vie. Mais ses souffrances ont certes été mésestimées et mal reconnues par ses proches, par ses médecins, par tout ceux et celles qui la côtoyaient. Son sourire et ses yeux pétillants cachaient bien le drame terrible qui allait se produire. Un beau matin, elle a décidé que c'en était trop. Elle a mis fin à ses jours. Elle n'avait que 23 ans.
Dieu que c'est terrible. Le choc eut raison de moi et de mon self-control, les larmes ont jailli comme les jets d'une fontaine. On se reconnaît toutes un peu en elle. Non seulement il y a l'attachement de vivre ensemble en clinique mais beaucoup de femmes/ados souffrant de troubles alimentaires ont déjà un jour pensé au suicide.

J'y ai pensé déjà maintes fois. Comme une option ultime au cas où je ne pourrais plus porter cette maladie en moi. Elle nous bouffe au sens propre comme au figuré !

Je lui rends donc hommage. Repose en paix ma belle. Tu avais souvent la tête dans les nuages... ;-) Ton âme doit être là-haut, quelque part... Là au moins, tu ne souffres plus...

Je ne t'oublierai jamais...

09/05/2009

Les ruminations

 

Les ruminations. 

Pardon ?

Oui, dans l'anorexie, on rumine.

Ah bon ? Pas comme les vaches quand même ?

Mais non !

Dans les troubles alimentaires, on passe quasi toutes par une phase d'obsessions liées à la nourriture. Le fait de s'en priver induit la faim mais on est dans le contrôle. Le cerveau doit pouvoir la réduire à néant. Alors on pense à la nourriture, à ce qui a de moins calorique, on pèse les aliments, on calcule les calories, on cuisine pour les autres, on les fait manger. Tout cela nous donne l'impression d'être forte, alors que la plupart des gens, eux, essaient de maigrir. C'est si facile pour nous. 

Chacune de nous est différente. Mais la panoplie des moyens de contrôle sont souvent les mêmes. S'affamer. Se bourrer de liquide pour réduire cette sensation de vide. Boire parfois jusqu'à 5 litres d'eau ou de coca light ! Chacune dans sa souffrance, dans ses habitudes, dans sa prison.

Pour ma part, à chaque début d'hospitalisation, je n'éprouve plus la sensation de faim. Elle deviendra tout au plus une légère sensation de vide. Je n'ai aucune envie particulière. Si vous me demandez ce que je voudrais manger, je vous répondrai que je ne sais rien ! Salé ? Sucré ? Je ne sais pas. Je n'ai plus l'appétit qui vient en mangeant, plus de gourmandise. Je mange parce qu'il faut vivre. Je ne dois jamais oublier :obsession.jpg JE DOIS MANGER POUR VIVRE ! Agréable ou pas, c'est comme ça. 

A côté de cela, j'ai l'appétit de vivre, oui ! Il y a tant de choses à faire, à s'occuper. La vie est teinte de rose comme de gris. C'est comme tout le monde.

L'herbe n'est pas moins verte qu'ailleurs...

 

05/05/2009

Le Jour De La Rechute

 

Je tiens à parler de ce jour parce qu'il revêt quelque chose d'étrange et de particulier.

Etrange et particulier ? ....

Je vous raconte...

Cela faisait bien 4 mois que je travaillais avec un BMI (poids/taille au carré, normal range 18.5 à 25) de 13.8. Mon travail est très exigeant et fatigant. Ca pouvait aller jusqu'à bosser 80 heures semaine. Mes collègues se plaignaient de fatigue, de ras-le-bol et moi, j'étais la dernière à ressentir tout cela ! Je me sentais en super forme, forte, gérant mon stress au mieux. Il faut dire que mon travail est une telle passion qu'elle a dû me porter bien plus lointain que je n'aurais pu.

Mais alors...

Du jour au lendemain, suite à une dispute avec mon ami qui ne supportait plus de me voir si cernée, mon mental s'est écroulé et mon corps ne pouvait plus se lever. J'étais crevée. Epuisée. Faible. Impossible de rassembler des forces pour prendre la route du travail. Il n'y en avait brusquement plus ! 

C'est souvent comme cela que ça arrive, quand personne ne vous met des limites. Un jour, c'est votre corps qui les pose, et impose le repos. Du jour au lendemain, c'est fini. Comme ça. Comme un claquement de doigt. Boum ! Je ne suis pas la seule. Ayant vécu pas mal de temps avec des personnes souffrant de cette maladie, je peux vous dire que, lorsque le corps ne peut plus, il le crie. Par des hypotensions, des hypoglycémies ou des syncopes ! 

L'évidence d'un retour en clinique pointe. Encore un ! Un désarroi. Pour un temps indéterminé.

Et à chaque fois, j'espère, le dernier ! la-chute-16.jpg