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10/04/2011

Une Amie qui vous enlève votre Liberté

L'anorexie se fait passer pour une amie. Mais elle vous emprisonne à votre insu. Elle porte un masque machiavélique. Elle a le contrôle sur vous. Elle vous domine du haut de sa belle colline. Vous n'entendez qu'elle. Vous lui obéissez au doigt et à l'oeil comme un parfait petit soldat. Vos proches tentent de vous raisonner, de vous ouvrir les yeux, mais un vent de révolte souffle en vous et vous déclarez la guerre à tout ceux qui se mettent entre Elle et vous. Et votre corps devient un véritable champ de bataille.

L'anorexie se fait passer pour une amie. Mais lorsque vous voulez quitter les rangs, elle vous poursuit dans les moindres faits et gestes. Elle parle plus fort. Elle crie comme une gamine capricieuse. Elle vous fait de beaux discours qui tiennent tous parfaitement la route. Alors, vous ne posez qu'un pied dehors car vous avez peur. Vous ne savez plus comment vivre sans elle.

L'anorexie se fait passer pour une amie. Mais elle vous ment. Tout le temps ! Elle vous rassure en vous prouvant que c'est vous qui contrôlez votre vie, puisque vous arrivez à perdre du poids quand ça vous chante. Mais vos mots sonnent faux aux oreilles des gens qui vous aiment. Vous vous sentez tellement incomprises que vous lui serrez la main de plus belle et continuez à chanter le même refrain "Mange pas ci, mange pas ça et tralala" !

L'anorexie se fait passer pour une amie mais elle vous enlève un droit fondamental : votre liberté, votre libre arbitre ! Elle vous ôte tout pouvoir de décision et tant que vous êtes aveuglée par ses sornettes, vous persistez et signez dans l'anorexie.

Une amie ne vous fait jamais subir tout ça.

Aujourd'hui et encore plus que jamais, je veux retrouver ma liberté !  Je veux me dégager de ses chaînes ! Mon rapport à elle s'est inversé mais je peux vous dire que le combat reste acharné. Il faut de la persévérance et chaque petit pas est une victoire en soi.

Pour vous aider à ne plus l'écouter, regardez tout ce qu'elle vous enlève ! Ouvrons les yeux ! Les miens sont grand ouverts.

Je ne peux pas faire autant de sport que je veux, si je veux rester raisonnable (elle vous dirait le contraire). Je ne peux pas encore reprendre mon travail. Les choses doivent se passer progressivement. D'abord gérer la maladie à l'extérieur de la clinique puis seulement envisager de se relancer professionnellement (avant, je sortais de clinique et je fonçais droit dans les tranchées du travail pour me recasser la figure quelques mois plus tard). Je n'ai plus confiance en moi. J'ai perdu pas mal d'estime de moi. Elle m'empêche de partager un repas de famille sereinement car elle me parle sans cesse et me tape sur le système. Je souffre pas mal du dos à cause d'elle car elle a bouffé tous mes muscles. Et j'en passe. Pas un jour ne passe sans que j'ai affaire à elle.

Encore et toujours !

Mais je suis sûre d'une chose : c'est qu'elle n'est pas une amie et que tous les jours, je me débarrasse un peu plus d'elle !

 

03/04/2011

L'anorexie aime se jouer de nous

L'anorexie est une pauvre gamine quand on lui enlève tous ses jeux. C'est une enfant qui crie par caprice. Elle a tant besoin de se faire entendre. Elle ne supporte pas l'ombre. L'absence de réponse. Elle a besoin d'être au centre du monde, de se sentir importante mais ne supporte pas l'indifférence. Alors, elle se retourne violemment, se lève, siffle dans les oreilles comme le vent. Elle est prête à tout pour nous déloger et enlever le confort de son absence. C'est alors qu'elle devient machiavélique. Elle tente alors de se glisser dans nos pensées pour reprendre le contrôle.

Avant, ça marchait totalement. J'étais sous son emprise tout le temps sans m'en rendre compte. J'étais comme un robot en mode automatique qui répétait tous les jours la même chose : manger les mêmes aliments, les quantités revues progressivement à la baisse. Impossible de se défaire de son carcan. Elle nous cristallise dans des peurs qui sont fausses. Peur de passer dans l'autre extrême, la boulimie. Peur de ne pouvoir arrêter de prendre du poids. Peur de perdre le contrôle de ce qu'on mange, la seule chose qui nous reste, car l'impression de ne plus être maître de nos vies nous ronge. Et on se sent tellement nulle, inutile, dans ce monde, parce qu'on n'arrive pas à la chasser.

On a peur de prendre du poids. Mais ce n'est pas ça le noeud du problème. Ce n'est que l'expression d'un mal-être, un cri désespéré par rapport à notre histoire. On veut bien prendre des kilos mais que perd on en retour ? Quels sont les bénéfices secondaires ? De quoi avons-nous peur ?

Si ça peut éclairer la lanterne de quiconque, j'ai pu identifier LA peur. Ma peur. Actuelle. Pour moi, il est inadmissible de faillir dans mon travail pour des raisons purement psychologiques. Etant maigre, quand je m'écroulais au travail de fatigue, j'avais l'excuse d'être épuisée physiquement. En d'autres mots, être en congé maladie pour dépression uniquement est inimaginable pour moi-même. Alors, la difficulté actuelle est de retrouver la confiance en soi, sa propre estime, qui a été si durement malmenée depuis des années.

Alors, l'anorexie se joue de nous. Elle profite de nos difficultés pour se donner une raison d'exister et nous faire croire qu'on est des êtres supérieurs parce qu'on maîtrise si bien notre poids alors que des tonnes de gens se battent pour faire régime.

Mais...

Je peux voir à présent qu'on fait fausse route si on lui dit "amen" à tout.

Ces longs mois de clinique m'ont permis de me séparer d'elle, de l'identifier dans chacune de mes pensées et de lui tourner le dos. Elle n'est plus en possession de moi mais elle reste juste à côté de moi, à persévérer dans ses discours débiles, du genre : Prends pas ci, prends pas ça. Oui. Non. Allez si. Dès que je sens ce conflit en moi, je me dis tout de suite que c'est elle et comme elle a toujours tort, je me bats pour ne pas l'écouter. Mais c'est un combat de tous les jours...

Etre sans cesse sur ses gardes...

05/02/2011

Anorexie et Calories

En relisant mes billets précédents, je réalise que je n'ai pas parlé du lien très étroit qu'il y a entre l'anorexie et les calories. Les deux sont généralement indissociables. Que ce soit en clinique ou à la maison, la meilleure façon de surveiller sa ligne est de compter les calories ingérées.

C'est le boulot d'une diététicienne en somme. Si vous souhaitez perdre du poids, il faut en général repenser toute son alimentation et consulter une professionnelle. L'anorexique n'a pas besoin de conseils. Elle les trouve toute seule en s'informant. C'est le début d'un long travail. J'ai appris le nombre de calories qu'apportait chaque aliment durant ma petite crise d'adolescente. A cette époque, je pesais tous les aliments avant de les manger. Je faisais des calculs savants pour perdre du poids. J'avais compris qu'il fallait manger moins que ce qui était dépensé et c'était parti pour une belle cure d'amaigrissement qui n'était pas nécessaire à l'époque. Après 3 ans de galère, mon premier pas vers la guérison était de détruire le pèse-aliments. J'ai marché et sauté dessus fièrement. Adieu les grammes !

Puis, j'arrive en clinique. Tous ces comptes sont loin derrière moi et voilà qu'on ne cesse de me parler de calories. Le menu est basé sur les calories et les quantité que la diététicienne ou l'infirmière calculent très précisément, avec vous, à 5 calories près parfois ! Ridicule mais vrai ! La peur des calories était derrière moi et voilà qu'on m'en parle tellement qu'à nouveau que je me remets à compter les calories que j'ingère chaque jour en clinique. Dans un but noble à présent, celui de m'assurer que je ne me sers pas vers le bas, la notion visuelle de quantités normales est déformée. Mais ça a ses travers aussi. Je sais ce qui est riche ou pas. Les bons aliments qui rassurent et les mauvais trop caloriques.

Par coeur, je peux vous dire qu'une tranche d'un pain gris carré est 75 Kcal. Qu'une tranche de fromage à 30%MG compte environ 75 Kcal. Qu'une crème au soja vanille de 125 gr, c'est 100 kcal et au chocolat 110 kcal. Une orange ou une pomme, c'est 60 kcal environ pour 100 gr. Que 100 gr de pommes de terre, c'est 75 kcal. Qu'une barre de twix, c'est 145. Un verre de coca, 100. Un yaourt maigre aux fruits, 110. Un fromage blanc nature, 50. 150 gr de blanc de poulet, 200. Légumes à volonté. Une pizza surgelée, 800 en moyenne. Le poisson blanc, moins de 100 kcal pour 100 gr. Une barre de céréales, 100. Une cuillère à soupe d'huile, 100. Je suis un vrai répertoire.

Est-ce que cela me sert ? Oui et non. Oui dans le sens où je suis rassurée quand je connais la valeur calorique que je mange et donc me tournerai plus facilement vers les aliments "faciles" et non car c'est un frein bien évidemment. J'ai la chance aussi de ne pas être obsédée par la chose !

De plus, il y a calorie et calorie. 100 kcal de chocolat ou de pomme, c'est différent de part la composition de protéines, lipides et glucides de l'aiment. Vous stockerez le chocolat et moins la pomme.

Je continue ?

J'arrête car j'ai ma dose !

Passons à autre chose.