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25/08/2010

A Quoi Pense-t-on Devant Une Prise De Poids Inattendue ?

A quoi pensons-nous devant une prise de poids inattendue ?

La plupart du temps, quand il ne s'agit que de 200-300 grammes, ça passe. On avale. On progresse lentement. Ca nous laisse le temps de se faire à l'idée du nouveau poids.

Mais quand la balance monte bien plus haut ? Je parle ici de plus de 500 grammes ?

Tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on se trouve. Parfois, ça remonte le moral parce qu'il y avait stagnation et efforts non récompensés. Mais, comme en ce qui me concerne hier, j'ai eu du mal à me voir passer au chiffre supérieur. Alors que se passe-t-il dans la tête ? Une sidération d'abord. Puis un désarroi. Une incompréhension débile. Il n'y a rien à comprendre puisque je mange en conséquence. Puis la crise de larmes pour larguer la pression et les peurs. Peur de monter trop vite. Tristesse comme si je perdais une amie. Une impuissance. Mais surtout, le positif, ne plus avoir l'énergie de contrôler pour perdre ce poids. Je devrai de toute façon y passer. Rien ne sert à reculer. C'est perdre son temps. Puis la journée passe. Le nouveau chiffre s'installe et on se calme. On y pense moins. Et au bout du compte, on retrouve sérénité et fierté de soi-même...

Quelle torture, n'est-ce-pas pour quelques malheureuses centaines de grammes ?

J'espère que ça aidera les gens à nous comprendre...

15/08/2010

L'Anorexie. Définition.

Il me semblait approprié de définir ce qu'est l'anorexie, de façon à ce que vous puissiez peut-être reconnaître des proches qui en souffrent.

Selon les critères actuels du DSM-IV relativement à l’anorexie mentale, toutes les conditions suivantes devraient être respectées :

a) refus de maintenir le poids corporel au-dessus de la normale minimale (moins de 85 % pour l’âge et la taille),

b) peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, malgré une insuffisance pondérale,

c) altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps (dysmorphophobie),

d) influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estimation de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle

e) aménorrhée pendant au moins trois cycles consécutifs chez les femmes menstruées (aménorrhée secondaire)

 

On peut distinguer pour la forme deux types d'anorexie mentale (outre le fait qu'on ait admis qu'il existe autant de manières d'être anorexique que de personnes souffrant du trouble) :

  • Type restrictif : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et n'a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (c.à-d. laxatifs, diurétiques, lavements).
  • Type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et a, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).

Souvent, ces restrictions s’accompagnent d’activités physiques ou intellectuelles intenses, toujours par peur de grossir. L'anorexie mentale est toujours liée à une psychopathologie et s'accompagne souvent aussi d'anxiété, de dépression, de repli sur soi et parfois de dépendances aux drogues ou à l’alcool. Elle peut prendre une forme explicitement ou implicitement suicidaire.

19/07/2010

L'atmosphère en clinique

Il n'y a pas que nos soucis qui nous pèsent. Il y a aussi ceux des autres. Et ça plombe vite l'atmosphère.

A table.

Dans les chambres.

Partout.

Du moment qu'il y a plusieurs personnes pour faire la conversation.

Presque tout tourne autour de l'alimentation. Chacun donne ses propres commentaires, rapporte ses difficultés. " Je n'aime pas ci, je n'aime pas ça. Ce n'est pas bon. Je n'ai pas pris de poids et pourtant je mange tout. Pourquoi on me donne ce biscuit plutôt que celui-là ? Pourquoi tu n'as pas de compléments alimentaires alors que moi, je suis obligée de les avaler ? Tu es à quel poids ? Quel est ton contrat ? Tu dois manger combien de calories ? Quelqu'un m'a dit qu'on ne voyait pas que j'étais anorexique. Pourquoi tu peux sortir et moi pas ? Pourquoi tu peux faire du sport alors que tu es plus maigre que moi ? Combien de tartines dois-tu manger le matin ?". Parler manger, nourriture, préférences, envies, goûter, confitures, salade, poulet, ...

... Et j'en passe.

Des comparaisons incessantes. C'est lourd.

Et si vous ne dites rien, les autres parleront à votre place car ils vous auront observé et classé dans une catégorie. Ce sont surtout celles qui ont le plus dur, qui trichent ou qui jettent leur plat sans avoir touché grand chose, qui sont le plus critiquées. Et pourtant, nous sommes tous passés par là ! On oublie vite d'où l'on vient. Il y a peu, je faisais partie de celles qui semblent ne rien faire pour s'en sortir, paralysées par des peurs, mais qui luttent de façon acharnée à l'intérieur. Je me trouve à présent à un niveau supérieur et j'entends ce qu'on aurait pu dire de moi il y a peu.

C'est dur. Celles qui avancent vers la guérison sont dures avec celles qui piétinent.

C'est interpellant.

C'est hypocrite voire méchant.

Le pire est que l'on rentre dans le jeu parfois à son insu. On critique aussi alors que c'est contraire à nos principes. Je l'ai fait. C'est mal. Je ne veux plus le faire. Je m'éloigne des autres. C'est simple.

Je me suis toujours dit que les gens qui avaient un mauvais fond étaient souvent des personnes qui n'étaient pas heureux. On fait payer aux autres le prix de nos malaises. Quand bien même. Je ne trouve pas d'excuses à cela. Pourquoi notre fond humain ne nous rend pas plus solidaire ?