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25/06/2010

Double Face

La personne qui souffre d'anorexie a souvent une double face : celle de son moi profond qu'on pourrait appeler la véritable et celle de la maladie qu'on nommerait le démon. Constamment, ces deux faces luttent entre elles. L'une veut manger, croquer la vie à pleines dents mais l'autre l'en empêche et la fait plier, malheureusement le plus souvent dans son sens, de telle sorte que c'est la maladie qui l'emporte sur la journée en réduisant l'alimentation au minimum.

Je parle souvent de cette maladie à la troisième personne. C'est intentionnel. Il est bien évident que c'est moi qui suis malade. Mais, quand on est plongée dedans, on se sent déchirée tout le temps entre la vie ou la mort, le noir ou le blanc, le rien ou le tout, le oui ou le non. Il est rare d'avoir un juste milieu, sauf quand on est arrivée à un stade où l'on gère la maladie dans la vie de tous les jours, ce qui permet de mener à nouveau une vie normale, affective et professionnelle.

Les personnes qui nous entourent dissocient aussi très fréquemment ces deux états. Quand je parle de mon anorexie à une de mes amies, elle la nomme "le petit diable". D'autres, la "mauvaise voix" ou la "fausse moi". Je suis bernée la plupart du temps par "elle". Elle a réussi à prendre toute la place dans mon cerveau. Elle pensait pour moi et je lui obéissais au doigt et à l'oeil.

Jusqu'à hier... Je veux m'en sortir à présent. Ce n'est plus une envie passagère. Je ne veux plus jamais me laisser bouffer par elle !

C'est une affirmation, un cri de vie, un cri du coeur !

 

04/06/2010

L'anorexie dans L'Adolescence

Tout le monde sait que l'adolescence est une période souvent difficile où l'on se cherche. Certains la passent sans problème. D'autres expriment le mal-être en consommant de la drogue, en commençant à fumer pour faire comme les autres ou boivent de l'alcool de façon excessive pour leur âge. Et puis, les troubles alimentaires menacent aussi la plupart des jeunes filles qui voient leur corps se transformer, prendre des formes, ce qui peut être mal vécu. Surtout si elles se comparent aux modèles qui circulent dans la presse.

J'ai traversé une crise d'adolescence qui s'est exprimée sous forme d'anorexie, déjà. J'avais 15 ans. Je faisais du sport de compétition. J'étais suivie par un médecin de sport lié au club. J'étais très douée et me classais chaque année dans le top 3 belge d'athlétisme. Je me sentais épanouie, que ce soit dans le sport ou dans la vie de tous les jours. Lors d'une consultation chez le médecin, il mesura mon taux de graisse en prenant différentes mesures avec une pince. Il conclut en me disant de veiller à ce que je ne prenne pas de poids car cela pourrait interférer avec mes performances. Quelques jours plus tard, suite à une douleur au niveau des lombaires, mon entraîneur me massa et me dit de faire attention à mon poids. Il devait sans doute pincer des bourlets. Sur la même semaine, un copain me dit lors d'une compétition de saut en longueur que j'attrapais un "gros cul".

Je me mis au régime suite à ces trois "avertissements". Je voulais perdre quelques kilos pour éviter de voir mes performances diminuer. Je perdis pendant les vacances deux ou trois kilos en supprimant les boissons sucrées et en mangeant plus de fruits et de légumes. Puis, satisfaite de moi-même, je poursuivis mon régime jusqu'à ce que mes proches et mon entraîneur me disent que j'avais fort maigri. C'était bien le but ! Mais je fus prise au piège de l'anorexie. Insidieusement, elle avait tissé sa toile. Je voulais encore maigrir. Voir le chiffre plus bas, encore plus bas. J'avais appris le nombre de calories dans tous les aliments, les pesais consciencieusement et définissais un total à prendre sur la journée. En quelques mois, j'avais perdu une dizaine de kilos. Je n'arrivais plus à me détacher de mon régime. C'était devenu une obsession. Avec la spirale infernale de la déprime qui accompagne ce mal-être de jeune fille. Je me voyais grosse. Je ne supportais plus mes formes. Je ne me supportais plus tout court. Mes muscles avaient fondu. Je n'excellais plus dans le sport. Les filles que je battais couraient plus vite que moi. Je me sentais nulle. J'étais découragée à l'entraînement mais je le continuais car je me dépensais.

Progressivement, je me suis isolée. Je ne sortais plus avec les copines de peur de devoir manger ou boire. J'avais perdu toute confiance en moi. Je broyais du noir à longueur de journée.

Et puis un jour, ma mère m'amena chez le médecin généraliste. Il me menaça tout de suite en me disant que si je perdais davantage de poids, il m'enverrai en clinique. Panique à bord ! SOS. Je décidai alors de monter le compte de calories sur la journée. Et je stabilisai mon poids sans en reprendre.

A la longue, je lâchai prise doucement. J'allais commencer les études universitaires que je rêvais depuis mes 12 ans. J'eus un coup de foudre pour un homme qui me fit voir les choses positivement. Que la vie était belle ! A chaque fois que je prenais un kilo, ça faisait mal. Mal. Mais je me disais que mon corps de femme se développait et que c'était donc normal de prendre du poids. Puis, je commençai par faire des "écarts" de régime et retrouvai lentement mais sûrement mon poids de départ. Les calories, les balances, tout cela n'existait plus ! Mon premier geste fut d'ailleurs d'écraser avec mon pieds le pèse aliment !

On peut guérir de cette maladie. J'en suis la preuve vivante. Je me dis toujours que si j'ai pu guérir une fois, je peux le refaire. C'est pour cela que l'espoir ne me quitte pas. J'ai vu aussi pas mal de jeunes femmes sortir de la maladie durant mes hospitalisations.

ON PEUT GUERIR DE L'ANOREXIE. IL FAUT GARDER FOI ET ESPOIR.

19/05/2010

Se fixer des objectifs

J'ai retenu ceci du chapitre 2 du livre de coaching.

"Il y a des aspects de la vie où vous voulez opérer des changements ; il est essentiel de les engager le plus tôt possible. Si vous persistez à ne rien faire, vous risquerez d’en arriver à penser que tel ou tel problème s’aggrave au point que vous ne pourrez jamais le régler. Bien sûr, plus le problème prend de l’importance, plus vous avez du mal à vous y attaquer.

Et si vous ne faites rien, vous ne trouverez jamais de solution.

Ne craignez pas de tester différentes approches et lancez-vous. Ca ne réussit pas du premier coup ? Ce n’est pas grave : tirez-en des enseignements.

Ne vous inquiétez pas si vous ne savez pas trop par quoi commencer pour attaquer un problème. Faites quelque chose et c’est tout. Toute action, quelle qu’elle soit, vous mènera toujours quelque part."

Avec tous les aspects positifs que je pourrais tirer d'une prise de poids, il est parfois dur de comprendre pourquoi je ne passe pas à l'action. Probablement en partie par ce qui se dit ci-dessus. Cela dure depuis trop longtemps et je suis engluée dans cette situation.

Alors concrètement, je me suis demandée comment j'allais agir. Je me suis dit : "Demain, je me lève et je mange normalement". Mais c'est quoi manger normalement ? Je ne le sais plus et c'est illusoire de croire que je peux débloquer mon problème en un coup de doigt. J'ai donc réfléchi autrement et me suis demandée quels étaient les aliments difficiles à manger ? Les féculents et les sucrés. Pour réussir à sortir du trou, il faut se fixer des objectifs raisonnables pour commencer. Pour le mois de mai, j'avais prévu de réaliser d'ici la fin du mois 3 défis en une semaine. Et bien, cet objectif a été réussi en une semaine. J'ai commandé une pizza que j'ai honorée moyennement mais j'ai réussi à prendre l'initiative. J'ai mangé un plat de nouilles au restaurant et le dernier est un exploit pour moi : j'ai mangé un complément alimentaire en entier chez moi. Ce n'est jamais arrivé !

L'objectif étant atteint, je me suis fixée un plan pour cette semaine mais jusqu'à présent, c'est un échec cuisant... Et ça m'énerve, ça m'enrage, me tape sur le système. MAIS il me reste 5 jours pour réussir !