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10/05/2010

Coaching, une autre méthode ?

Quand j'ai commencé ce blog, mon but était d'aider les gens qui ont un proche qui souffre du même mal que moi, à comprendre ce que nous traversons, ce que nous ressentons, et au travers quelles réflexions et difficultés on peut passer. Peut-être souffrez-vous du même mal que moi. Dans tous les cas, ce blog est pour vous. Pas pour moi. Je n'ai pas besoin de lui pour avancer.

J’ai lu quelque chose de bien vrai dans un livre de coaching. Cela ne s'applique pas uniquement à mon problème alimentaire. Je pense que beaucoup de gens peuvent se retrouver dans ce qui est écrit ci-après. Que ce soit pour un problème de surcharge pondérale, ou un sentiment de se sentir dépassé par les événements, de doutes sur soi-même ou d'auto critiques très dures. Peut-être que ces quelques extraits pourront vous aider à réfléchir aussi, peu importe le problème qui vous fait souffrir. 

« La définition de la folie est de répéter les mêmes comportements, les mêmes pensées, les mêmes activités, et d’en attendre un résultat différent. Si vous continuez à faire ce que vous avez toujours fait, vous récolterez ce que vous avez toujours obtenu. Autrement dit, si vous souhaitez obtenir des résultats différents dans tel ou tel domaine de votre vie, il faut changer votre façon de penser et d’agir dans ce domaine. » Quand on analyse mon parcours d’anorexie, j’ai répété 9 fois le même schéma de traitement et n’ai pas changé grand chose dans mes habitudes alimentaires. J’ai toujours pensé que je pouvais prendre du poids sans faire d’effort ou devoir manger plus que ce que je ne fais déjà. J'espérais que cela soit suffisant et bien : FAUX !

« Les schémas de pensée que vous avez au quotidien dans la tête sont comme de vieux amis, mais comme certains amis, ils ne vous sont pas si bénéfiques que ça. »

« Même si les gens se sentent insatisfaits, ils n’investissent ni le temps ni l’énergie nécessaires à réfléchir à ce qui pourrait être différent. Ils tendent à suivre des schémas de comportement inconscients, parce que ces derniers n’exigent guère d’effort. »

Actuellement, je suis bien consciente que je ne sortirai pas de mon marasme en perpétuant les mêmes habitudes alimentaires. Et que cela doit passer par des efforts que MOI SEULE peut faire. Il n'est pas toujours évident de reconnaître qu'on est seul à pouvoir améliorer la situation. On attend souvent inconsciemment des autres la réponse à nos questions. Ce qui peut générer frustrations voire colère parce qu'on se sent incompris et mal dans sa peau.

Bref, lire du coaching peut être intéressant pour restructurer sa façon de penser...

 

14/04/2010

Cuisiner

medium_33_pics_59633.jpgCuisiner peut être difficile pour certaines d'entre nous, voire impossible, pour de nombreuses raisons qui nous sont propres. Mais il est assez courant de voir une personne souffrant de TCA prendre du plaisir à cuisiner pour les autres, sans vraiment toucher à ce qu'elle a préparé. Un peu paradoxal, allez-vous penser. Oui. Si vous prenez un livre qui traite de la problématique, le tableau "général" mentionne souvent cette caractéristique.

Pour ma part, cuisiner fut un problème, auparavant. Il m'était impossible de manger ce que j'avais préparé. Les odeurs finissaient par me dégoûter. Et l'appétit retombait. Et même, le problème commençait déjà avant de s'y mettre, dans le supermarché. Je n'arrivais jamais à me décider de ce que j'allais manger, soit parce que c'était trop riche, soit parce que je n'avais pas d'envie particulière. Cela finissait par m'agacer de tourner en rond dans le magasin. Ainsi, je repartais le sac vide mais surtout plein de ras-le-bol !

Il y a eu progrès avec le temps. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer ! Quand bien même l'anorexie parle encore, je peux la faire taire pour certaines choses, comme la cuisine. Je n'ai plus de problème pour prendre poêle et casserole, pour m'armer d'ustensiles et réajuster des saveurs. Ce que je cuisine est assez basique, sans sauce. Une source de protéines, que je poêle à l'huile d'olive, une portion de légumes et de féculents. Je suis capable de préparer des plats plus raffinés mais je ne prends pas souvent le temps, et je n'en ai pas vraiment envie non plus. Je n'aime pas cuisiner à vrai dire, mais je peux faire un effort ou donner une touche d'originalité, pour l'homme que j'aime.

06/04/2010

? Interrogation ?

Je me suis souvent posée une question en clinique en voyant arriver certaines adolescentes ou adultes. Comment peut-on laisser un proche atteindre un état de maigreur aussi prononcé ? Pourquoi ne pas avoir réagi plus tôt ?

Oui, la maigreur peut être cachée. J'ai usé et use encore de mes vêtements pour camoufler mon absence de rondeurs. Mes pantalons ont une taille de trop. Mes pulls ne sont pas moulants. Mais quand vient les douces températures, je suis bien obligée de libérer au moins mes avant-bras et mon cou pour être à l'aise et ne pas faire de malaise de chaleur.

La maigreur peut donc être cachée mais jusqu'à un certain point. Le visage trahit vite le manque de poids. Les tempes et les joues se creusent, les clavicules sont plus saillantes. On ne peut donc pas donner uniquement cette excuse.

Une autre serait évidemment le DENI total du problème d'anorexie par la patiente et même sa famille. Il n'est pas toujours évident d'accepter en tant que mère et père que sa fille va mal et souffre d'une maladie mentale. Surtout quand l'apparence doit rester de mise aux yeux de l'entourage. Voir son enfant ou sa partenaire souffrir de ce terrible mal peut bouleverser au point de rester sans voix parfois ou se sentir impuissant par manque d'informations. Mais ce sera généralement la personne anorexique elle-même qui déniera tout problème de poids. Durant mon dernier séjour, une jeune femme de 21 ans hurlait parce qu'elle ne voulait plus manger. Elle était convaincue que manger n'était pas nécessaire pour vivre. Elle se disait "bien comme ça", alors que son état était angoissant à voir. A la maison, l'entourage pourrait facilement céder à l'anorexie parce que cela crée des disputes, des tensions, des chantages parfois de suicides ou autres, de sorte que l'on perd un temps précieux pour réagir.

Attendre aussi. Se dire que cela va passer, qu'elle va se ressaisir. Mais je peux vous dire que la plupart du temps, quand on descend dans le poids et qu'on ne mange plus grand chose, on est prise dans la spirale infernale de l'anorexie et il est pratiquement impossible de réagir.

J'ai posé ma question quelques fois à ces patiente si maigres, plus maigres que moi, visiblement. L'une m'a répondu que ses parents s'en foutaient qu'elle soit vivante ou pas, ayant subi l'inceste depuis toute petite. Elle a fini par faire un arrêt cardiaque à 26 kilos ! Et elle a survécu, heureusement ! Une autre était consciente qu'elle était très bas mais elle avait trop relativisé. Mais surtout, elle était tenue par des besoins financiers. Elle faisait un petit boulot de serveuse et arrivait à peine à tenir le mois avec son salaire. Comment voulez-vous vous soigner quand on a le couteau sous la gorge ? Une dernière, plus jeune, m'a dit qu'elle faisait du chantage à ses parents, ce qui les faisait taire.

Pour ma part, je me suis fixée une limite de poids en-dessous de laquelle je dois envisager un traitement plus radical. Cette limite est certainement déjà trop basse, ne le nions pas, mais elle est "réaliste" vu mon parcours ces 6 dernières années.