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07/07/2010

J+12

 

lacher-prise.jpgDouzième jour et un kilo dans la poche... dans mon corps qui en a tant besoin !

Je peux affirmer aujourd'hui que je suis dans une nouvelle dynamique. Certains appellent cela le lâcher prise ou le déclic. Et je suis là pour témoigner qu'après presque 7 ans de misère, il a fini par arriver. Je ne l'attendais plus vraiment. Je m'étais fait à l'idée de vivre au ralenti. Et puis, il a fallu que mes efforts soient vains à la maison pour tomber dans un désespoir sans nom, une inertie, une fatigue psychique intense.

Je n'ai plus la force ni l'envie de faire ce que l'anorexie me dicte. Je ne veux plus, je ne peux plus l'écouter. Comme elle me scie !

Je tente d'expliquer aux personnes hospitalisées en ce moment avec moi, qui sont encore complètement dans la maladie, que pour s'en sortir, ça ne se fera jamais sans mal, sans peur, sans phobie, sans supplice. Il faut avoir touché le fond, qui n'est pas le même pour chacune d'entre nous. Cela faisait bien 7 ans aussi que j'en avais ras-le-bol de l'anorexie mais j'ai tenu tout ce temps à la supporter, à l'écouter, à lui obéir au doigt et à l'oeil. Usée à 100% de survivre, de vivoter, je me suis réveillée, enfin !

Cap sur mon objectif de poids !

 

02/07/2010

J+8

8 petits jours en clinique ...

2 petits tours sur la balance...

Des chiffres qui grimpent...

Un résultat positif, encourageant : le petit poids qui roule a monté de presque un kilo et j'en suis fière ! C'est une révolution en moi !

L'envie de s'en sortir devient plus forte que la maladie.

Je ne la veux plus, cette glu grotesque, ce pot de colle, cet enfer, cette illusion de contrôle, cette fourberie, cette mascarade, cette pesanteur, cette peste, cette voix barbare !!!

Elle me parle à nouveau depuis que j'ai vu mon poids. Elle tente de revenir en douce. Mais je le vois et l'entends venir. Devant mes assiettes et collations, elle vient me dire de ne pas tout manger et d'attendre la prochaine pesée pour voir si je peux manger tout ça sans prendre du poids. Mais je suis ici pour ça ! Donc, tais-toi ! Toujours vouloir garder le contrôle !!! Je persévère dans mon lâcher prise !

Grâce à une relation thérapeutique de confiance avec mon médecin, et une collaboration pour chercher des compromis, j'avance ! Il m'a rassurée quant au fait que je ne voulais pas prendre de poids trop vite. Il faut parfois un peu de temps pour avaler la pilule. Nous avons donc défini le rythme que je trouve acceptable, soit 2 à 2.5 kilos par mois. Le complément alimentaire de 10H30 est ainsi remplacé par un yaourt jusqu'à la prochaine pesée.

J'ai le sourire...

 

29/06/2010

J+5

Me voici à ma première confrontation avec le chiffre. Ce fameux chiffre qui me donnait toujours des boutons, qui réveillait mes peurs, qui me donnait des coups de pied au derrière, qui m'arrachait des larmes. J'ai un problème avec le chiffre de la balance. Si vous me suivez depuis un moment, vous le savez.

Pourquoi la peur dans le chiffre plutôt que dans la silhouette ? Parce que le chiffre est le symbole par excellence de dame l'anorexie. S'il monte, ça signifie qu'on s'éloigne de la maladie. Vous allez dire que c'est ce que je cherche puisque je veux guérir. Oui, bien sûr mais c'est un peu plus compliqué que cela. Ca fait peur car j'ai la peur de vivre et de perdre quelque chose, ces fameux bénéfices secondaires. Je ne connais que ça depuis 7 ans. Je dois réapprendre à vivre normalement. Là est la difficulté. J'ai peur d'être à nouveau faillible dans tous les domaines avec un poids normal. L'anorexie me donne l'excuse de ne pas être à la hauteur. Elle est un prétexte. Qui ne doit plus exister ! Mais pour se tirer de ce carcan, de cette sangsue, il faut se faire violence et lâcher prise. Faire confiance au personnel. S'en remettre à eux.

Alors qu'a dit cette fameuse balance ? Elle s'est tue et m'a montré 700 grammes de plus.

Ma première réaction est la peur évidemment. Peur que ça monte trop vite mais je suis encore si bas. Alors je me laisse porter par la vague. Je veux en tout cas vite remonter à mon ancien poids limite. Mais si j'écoute la petite voix en moi, la maladie parle toujours. Elle me rassure en me disant que j’ai le contrôle. Si je veux, je peux maigrir, en vomissant, en allant courir, en zappant des collations, si on enlève les compléments, ou si j’étais hors clinique. Discours que je chasse très vite de mes pensées. Il est hors de question d'appliquer ces tentatives et de cautionner ce discours !!!

Ne pas avoir peur donc. Me laisser faire. Et continuer sur la lancée.

Ceci dit, cela ne m’aurait pas arrangée de devoir intensifier mon programme alimentaire. Je suis déjà au maximum supportable physiquement !