Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

31/10/2010

4 Mois

Un mot : RAS-LE-BOL !

D'être en clinique. De passer à côté de ma vie !

Tout m'attend dehors. Mon ami, mon nouveau pays, mon travail !

Il y en a tellement marre que je suis à deux doigts de lâcher prise complètement. Cette maladie m'empoisonne, m'emprisonne. J'en ai plus qu'assez des questions :"Je mange, je mange pas ?". J'ai envie de dire M.. à l'anorexie. Je m'en fous de mon poids. Qu'il monte seulement et je ferai mes belles dents ! Mon sourire... Celui de la page que je tourne, douloureuse et lourde, chargée de sens, il fut un temps.

Maintenant, je veux passer à autre chose !

A chaque difficulté, fermer les yeux et penser à mes objectifs et à tout ce qu'il y a de positif !

Ca va marcher. Je le sais. Je le sens...

12/10/2010

3 Mois et Demi

J'en suis toujours à 3 kilos.

"Eh bien, tu avances à pas de tortue."

Oui. Merci. Je sais. Il ne faut pas me le rappeler. Ca va moins vite qu'espéré. Mais c'était prévisible vu mon parcours. L'allure semble être 1 kilo par mois. Ce qui est toujours plus rapide qu'avant. Cette maladie est une véritable super glue. Ca me fait penser. Vous vous souvenez peut-être de cette publicité ? Un homme est collé au plafond via ses chaussures et il ne tombe pas, tellement la colle est forte. Comparons l'anorexie à cette publicité. On l'a dans la peau. Partout. Mais surtout dans le cerveau.

Je suis bien déterminée pourtant à arriver à mon poids du contrat que j'ai passé avec mon psychiatre. Il y a des moments où la lutte est endiablée, où je m'efforce de lâcher prise, de ne pas réfléchir aux conséquences de ce que j'ai mangé. Ce n'est pas évident. Je le savais. Mais je ne suis plus résignée. Je peux y arriver. Il y a la rage de vaincre en moi. Il suffit d'emporter plus de batailles que l'anorexie.

C'est la fatigue psychique qui entre en jeu le plus souvent. Je suis lasse des lieux. De l'ambiance. De ce combat. Il faut persévérer encore et toujours. Rester attentive à tout. Ne pas se leurrer. Etre consciente des difficultés et les reconnaître. Ne pas baisser les bras. Ne pas abandonner. Je ne le peux pas. Je ne le veux pas. Je veux guérir. Avoir ma place dans la vie de tous les jours, dehors. Avec l'homme que j'aime. Et reprendre mon travail. Ne plus jamais rechuter ni revoir cette clinique !

Pour toutes ces raisons, je ne prends pas vite de poids. Mais je bagarre ferme en moi.

J'ai toujours du mal à supporter le chiffre sur la balance mais physiquement, le travail est fait. J'attends impatiemment de retrouver ma silhouette d'antan, plus féminine. Et cesser de porter des vêtements un peu trop larges pour camoufler la maigreur. Suivre la mode. Et me remettre en valeur.

02/10/2010

14 semaines

anemone-clown_1273643087-filet-de-peche.jpg14 semaines. Déjà. Seulement.

Je ne suis pas encore arrivée à la moitié de mon contrat de poids. 8 kilos à prendre. 3 kilos de gagnés. 800 grammes repris en une semaine. 300 grammes reperdus en 3 jours. Si on fait le compte, je suis prise dans les mailles du filet de l'anorexie. Oui. Encore ! C'est toujours comme ça avec elle. Vous faites des efforts. Vous vous reposez un peu sur vos lauriers et elle sévit, s'empare de vos pensées à table et, en laissant des petites choses par ci par là, c'est la chute de poids.

Mais je ne la laisse plus s'exprimer en permanence. Je me suis reposée trois jours. Je vais prendre ma revanche dès aujourd'hui ! On joue au chat et à la souris. Et si je veux partir en week-end la semaine prochaine pour passer du temps avec mon ami, il a été convenu avec mon médecin que je devais prendre un kilo en trois semaines. C'est le genre de motivation qui aide malgré tout. Vous jouez le jeu. Et maintenant que je peux dire "quand je veux, je peux" car je l'ai démontré ici plusieurs fois déjà, je n'ai pas droit à l'erreur. Il faut respecter ses engagements. Je compte bien les honorer.

Ma psychologue m'a demandé d'écrire toutes les pensées qui me passaient par la tête devant un plat qui me semble difficile. C'est un bel exercice de style, de type psychanalytique, auquel je vais me soumettre dès que je peux. Je vous ferai part de ce travail et vous verrez, quels genres d'idées conflictuelles, envahissent notre esprit. Le démon contre la bonne petite voix. C'est saisissant. Turbulent. Ereintant. Amusant si je me regarde de l'extérieur, si je change de perspective...