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14/09/2010

Turbulences

turbulence-logox.jpgTurbulences...

Oui, je me sens comme dans un avion traversant une zone de perturbations.

Secouée...

Le personnel me pousse à avancer plus vite, resserre l'étau de la vigilance. La raison : une petite perte de poids ce week-end.

En général, ça me motive, je m'en fais un défi et m'apporte un certain apaisement. J'arrive à manger plus sereinement et me sens soutenue. A part qu'aujourd'hui, cela fait l'effet inverse. Les turbulences me rendent malades. Je suis épuisée psychologiquement. J'ai un mal fou à exercer mes activités habituelles, à créer, écrire, faire preuve d'imagination, me tenir au courant des évolutions au niveau du travail. Je tourne en rond. Je n'ai pas l'énergie d'aller vers mes envies. Sensation curieuse, je vous le dis ! Et au moment où j'écris, je me sens quelque peu découragée. Je ne peux pas relâcher un tout petit peu la pression sans voir apparaître un résultat négatif sur la balance ! J'ai envie d'envoyer au diable ceux qui m'oppressent. Je vais tenter de rattraper le coup avec les moyens du bord.

C'est-à-dire :

Un gilet de sauvetage... Je me sentirai peut-être plus légère et moins fatiguée à nager en mer.

Un masque à oxygène... Ce week-end, je prends le large pour rejoindre mon ami. Un bon bol d'air frais et d'amour.

Une consigne de sécurité... Comment éviter les écueils de la maladie en cas d'intempérie ?

Sans oublier le principal : les repas et collations qui manquent cruellement quand vous êtes à bord de nos jours !

10/09/2010

11 semaines

La pression montait...

Je ne voulais pas subir mais agir, seule.

C'est à moi que je devais revenir la victoire.

Alors, j'y ai mis le paquet. Il le fallait. Mon moral piquait en flèche vers le bas car mon poids ne bougeait pas malgré les efforts déjà consentis. Et je suis soulagée de pouvoir dire ce soir que j'ai gagné un petit kilo de plus.

C'était dur. Dur physiquement. Dur psychologiquement car j'ai un problème avec le plaisir que je peux ressentir en mangeant. Alors quand j'ai vu le chiffre sur dame balance, j'ai fondu en larmes...

Vous devez vous dire que c'était bien mon but de prendre du poids. Oui. Pourquoi ces pleurs alors ? Parce que la pression est brusquement tombée et je me suis sentie épuisée. Parce que j'y suis arrivée et suis donc fière de moi, des larmes de joie. Mais aussi, il y a ce côté irrationnel de la maladie. La sensation qu'on m'arrache la peau parce que l'anorexie s'y colle depuis 7 ans, à la super glue. Et la décoller ne se fait pas sans douleur, sans cette sensation étrange de perdre quelque chose. J'avais écrit un article sur le sujet : "Guérir, c'est accepter de perdre certaines choses", antérieurement sur ce blog.

Et puis, la journée passe. Le nouveau chiffre s'inscrit. Il ne me quitte pas. La maladie voudrait que je reprenne le "contrôle" pour me rassurer mais est-ce bien nécessaire ? Non. Je devrai de toute façon repasser par là et je perdrais mon temps. On se met aussi à repenser pendant que l'on mange. La sérénité s'estompe. On se dit qu'on va pousser moins aux repas, passer peut-être un complément alimentaire ou le remplacer par quelque chose de plus léger.

Mais la VRAIE victoire se situe ICI : continuer de manger ce qui est prévu, poursuivre les efforts, ne pas relâcher, se reposer sur ses lauriers, et surtout passer au-delà de la peur de prendre du poids trop vite.

L'objectif n'est pas atteint !

Et cette nouvelle pensée qui fait une discrète entrée dans ma tête : " Je ne vois pas pourquoi je n'ai pas le droit de me faire plaisir en mangeant, comme tout le monde ? " Si elle pouvait envahir mon esprit complètement, je serais sur la voie de la guérison...

08/09/2010

La Pression Monte

La pression monte de la part de mon médecin. Enfin ! J'attendais ça de lui ! Avant de rentrer en clinique, nous avions signé un contrat écrit pour fixer le poids à atteindre, une cadence raisonnable, l'acceptation des compléments alimentaires. En contrepartie, l'autorisation de sortie et d'aller courir si le besoin se faisait sentir. Le moyen de pression évidemment : être privée de week-end, de jogging et limitation des sorties. Egalement, augmenter les calories plus amplement vu l'absence de résultats avec mon menu actuel.

Je stagne depuis 2 semaines à nouveau. Le total de la prise de poids n'est que de deux kilos en deux mois et demi à présent. C'est peu et lent. C'est toujours bien mieux qu'avant mais je ne suis plus dans cet état d'esprit, résignée, fataliste ! Ne pas prendre de poids me démoralise. A chaque fois, la sensation de faire des efforts qui ne sont pas suffisant manifestement !

Alors mon médecin m'a enfin mis la pression et je lui en suis reconnaissante car c'est motivant. Si vendredi ma pesée n'est pas positive, les sanctions vont pleuvoir et il va falloir "subir" et traverser des moments que je sais très durs. Mais ce ne sera pas nécessaire car je prendrai du poids. Je me sens aussi moins torturée quand je mange, comme si j'avais l'autorisation de manger à ma guise. Et c'est un état d'esprit confortable.

Enfin, une première pour moi. J'ai un yaourt à midi comme dessert que je ne mange pas généralement car je n'ai plus faim, me sens rassasiée et pas nécessaire, selon mon éducation. Eh bien, j'en avais envie. Je me suis alors dit :" Et pourquoi je ne me ferais pas plaisir après tout ? J'en ai le droit !" Ma mère n'est plus là. Je dois me dégager de tout ce qu'elle m'a mis en tête inconsciemment ! Je l'ai dégusté à la petite cuillère. Le plaisir revient petit à petit.

Allez, c'est positif tout ça ! Non ?