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04/08/2010

Le Vice Du Subconscient

L'anorexie est vicieuse. Je ne le dirai jamais assez. Elle peut rester silencieuse et reprendre le contrôle quasi à votre insu. Vous relâchez un peu, vous voguez sereinement vers l'horizon, convaincue qu'il y a assez de fuel pour tenir la distance, mais vous vous trompez. Vous remarquez que vous êtes presque à sec et évitez ainsi la panne de moteur. De justesse. Encore heureux que c'est moi qui maîtrise les voiles !

Oui, l'anorexie m'a bernée, encore une fois ! Je la connais par coeur pourtant. Elle s'est glissée dans mon subconscient.

Mon poids stagne. Joue à la montagne russe.

Cruelle réalité.

Colère...

Aigreur...

Peur...

Urgence ! Il faut réagir tout de suite ! Ne pas se complaire dans la facilité. Ne pas donner raison à la maladie.

Et ça va faire mal. Pas psychologiquement mais physiquement.

La satiété est un supplice...

Une pesanteur difficile à gérer...

Un affront à la maladie du vide...

Un mal-être terrible pour un bien-être futur.

Mordre sur sa chique et avaler.

Une simple histoire de bouche et d'intestins.

02/08/2010

J+38 : Sérénité

horizon.jpgTrente-huitième jour...

Sérénité. Détermination.

Je garde le cap. J'ai les latitude et longitude de l'endroit où je veux arriver. Je fixe l'horizon. Cela n'empêche pas de rencontrer des difficultés, des courants inverses, des douleurs et des peurs, mais je les accepte et sais qu'il faut passer par là si je veux regagner la liberté de vivre normalement.

Concrètement, le petit poids qui roule, monte, redescends, remonte mais la courbe de poids va vers le haut, elle est tournée vers le ciel, vers la vie. Je ne suis pas encore arrivée au stade des 2 kilos. Ne pas se mentir. Il y a tendance à la stagnation. Mauvaise compagnie. S'en éloigner au plus vite sinon on se verrouille sur le chiffre. Il faut une dynamique positive.

Même si j'ai la volonté et la détermination de guérir, cela n'empêche pas la mauvaise voix de parler. Repérer sans cesse quand elle me parle et la contrer immédiatement. Faire l'inverse de ce qu'elle me dit. Prendre toujours le chemin du OUI plutôt que du non. Vais-je terminer mon assiette ? Elle dit non. Alors, je dis oui ! C'est une bagarre de tous les jours, de tous le temps à table.

J'ai gagné en sérénité. Une pesée négative ne réactive plus l'anorexie. Je reste sereine car je n'ai plus peur de l'eau salée de la mer, ni de ses tourbillons. Mon bateau est solide et la voile est levée et prend le vent.

24/07/2010

Premier Mois

Trentième jour de clinique...

Le mois est arrivé et l'évolution semblait inédite et prometteuse.

Allais-je arriver à franchir les 2 kilos en un mois ?

Mardi, Je n'avais pas du tout envie de monter sur la balance. Pourquoi ? Vous aimez, vous ? Non. Il me semblait bien... Cela m'a mis de mauvaise humeur car je sentais que le chiffre allait monter alors que la maladie espérait l'inverse. J'ai mangé ce qui était prévu sur mon plan alimentaire. Je n'ai pas beaucoup bougé si ce n'est un petit jogging de défoulement. Je n'étais pas nerveuse. Il n'y avait donc aucune raison de perdre du poids. J'en avais pris. 300 grammes. Et c'était mieux ainsi.

J'essaie d'adopter une nouvelle attitude. Je mange ce qui est prévu, sans me poser de questions puis je me dis que j'assumerai le verdict lors du prochain contrôle de poids. Minimiser l'impact des anticipations qui créent des peurs, des blocages, des rejets, et cette mauvaise attitude préventive de se réserver pour ne pas trop prendre. Et on finit par stagner. Comme j'ai pu si bien le faire depuis des années.

En fin de semaine, je me suis fait prendre à mon propre piège. Enfin, il me semble. On avait déjà fait sauter le complément du matin en le remplaçant par un simple yaourt. Et là-dessus, je devais compenser en mangeant mieux mon souper.

En trois jours, des petites détails par ci par là. Remplacer un complément par une crème plus légère, deux fois. Ne pas terminer les deux tranches de pain. Mal gérer des situations de stress. Se dire que cela n'aura aucun impact. Espérer au fond de soi perdre du poids même si j'étais prête à voir le contraire. Je m'étais fait à l'idée d'arriver à ces fameux deux kilos. J'allais être fière de moi...

Jusqu'à ce que...

Je vois s'afficher ce fameux chiffre digital !

Catastrophe pour moi !

Satisfaction pour elle !

Tremblements pour moi et panique qui prend le dessus sur cette maudite maladie. Encore heureux !

Le ton était donné. Je m'en suis voulue.

Je n'ai pas été assez vigilante. Je connais les pièges pourtant et je me laisse tomber dedans. C'est tellement plus facile mais si idiot. Tant d'efforts déjà consentis pour rien. Avec une difficulté qui a pointé dès le verdict : intégrer de nouveaux éléments dans le menu. Monter les calories car manifestement, je suis trop juste. Ca n'a jamais été évident pour moi. Il me faudra quelques jours pour y arriver.

Riposter tout de suite à cette perte de poids. Lui faire un pied de nez. Le soir même, j'ai ENFIN réussi à manger ces deux tranches de pain.

Vous devez penser qu'on se complique vachement la vie. Vous réalisez à quel point manger n'est plus naturel pour nous. Peut-être comprendrez-vous mieux cette maladie qu'est l'anorexie, une torture mentale, comme une drogue. Vous devez être étonnés de savoir qu'il a fallu presque un mois pour arriver à manger deux tranches de pain que vous mangez si facilement sans en ressentir les effets.

"C'est une phobie, un cap psychologique". Ca résume tout.

Un seul kilo dans la poche. Maigre butin...