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16/07/2010

J+22 : Le Rebond

3 jours difficiles. De conflits internes entre l'anorexie qui prêche la maigreur et ma volonté de maintenir le cap. De durs moments de nervosité, d'angoisses, de fatigue, de mal-être général. Puis, j'ai retrouvé une liberté d'être, de profiter des moments présents, de manger sans se poser de questions, d'accepter de lâcher le contrôle.

Je priais hier pour que ma pesée de ce matin soit positive. Car je découvre que le + entraîne le +, et le - entraîne le -, d'où ces tensions de milieu de semaine. Mais je suis fière de moi car j'ai vaincu la maladie. Je ne lui ai pas donné raison. Et ça, c'est nouveau aussi pour moi. Je n'avais jamais réussi à lui tenir tête aussi longtemps.

En bref, j'ai récupéré le poids perdu du week-end précédent. Je suis satisfaite. Mon médecin me laissera tranquille jusqu'à mardi prochain car, tant que ça avance, je jouis d'une certaine liberté de sortie et de mouvement. Reste à gérer le week-end qui arrive autrement, sinon je serai dans le rouge à nouveau.

Je préfère le vert...

14/07/2010

J+19 : Jeu De Dupe

L'anorexie est vicieuse, je ne le répéterai jamais assez. Elle se glisse si facilement dans nos esprits. Elle trouve toujours de bons arguments pour nous faire céder dans son sens : sauter un repas, minimaliser les conséquences, choisir la facilité. Elle nous fait voguer sur le mode automatique et c'est confortable car il n'y a pas de combat entre le néant et le tout. On mange les aliments habituels et dans les quantités estimées normales pour nous. On se rassure en se disant qu'on a mangé. Donc, ça va aller.

Je suis sortie en week-end, soit l'espace de 30 heures, et je me suis fait bernée sur toute la ligne. Sciemment en plus. Je me disais que j'allais un peu souffler physiquement car en semaine, c'est parfois un véritable supplice que ce ventre toujours trop plein. Que je n'allais pas perdre de poids pour avoir zappé un seul repas.

Eh bien, j'ai été dupe. Et ça m'énerve ! Je n'aime pas me faire avoir par son jeu, je ne veux plus l'écouter, je n'en peux plus de cette maladie. Je suis épuisée de l'entendre radoter à tout bout de champs ! Mais il faut croire que j'avais encore un peu d'énergie cachée, une oreillette branchée sur sa fréquence.

Résultat : mon poids a reculé et ce n'est pas du tout bon pour moi car cela vient titiller en moi ce qui reste de l'anorexie. "Perdre du poids, toujours perdre du poids". Et moi, je dis NON à ça. "Prendre du poids, continuer à monter. Assez vite pour distancer la maladie !"

09/07/2010

J+15

Quinzième jour...

Dans une chaleur torride. Suffoquant. Insupportable. Pas un mouvement d'air dans la chambre.

Dans une pesanteur liée à l'endroit même : chacun porte son bagage, son passé, et certains n'arrivent pas à les mettre de côté. Ils errent de personne en personne à la recherche d'un soutien, d'une oreille, d'une épaule. Ils ont dur. Ils ont besoin de l'exprimer sans cesse. Ca se comprend. Mais c'est lourd. Difficile de se trouver un moment de solitude ou de silence. Envie de m'échapper. Besoin de prendre l'air !

Quinzième jour et la courbe de poids va toujours vers le haut. Je crie : " Ô miracle !". Vous n'avez pas idée comme c'est la première fois depuis 7 ans que cela arrive. Ce qui me fait dire que tout arrive à point à qui sait attendre. On m'a répété des milliers de fois "courage, patience". Je répondais que j'en avais marre d'attendre, sans mesurer la signification profonde de ces mots.

J'ai pris en deux semaines l'équivalent des 5 mois passés durant la 9ème hospitalisation !!! 1 kilo 300. Je suis très fière de moi et retrouve un peu d'estime pour moi-même.

Il y a donc un moment pour tout et nous avons tous un moment... de gloire... de répit... de volonté qui nous pousse vers le haut, à regarder plus loin que le lendemain. Et si ma vie redevenait comme avant, sans anorexie ?

Oser le penser. Oser y croire. Ce serait la porte de la liberté à portée de mains ! De grandes retrouvailles.

Mais on n'en est pas encore là.

J'entends toujours la mauvaise voix, celle de l'anorexie, qui tente de me faire changer de camp, qui me veut avec elle, mais je la chasse rapidement. Je ne veux pas la laisser parler. Je ne veux pas de ses complots, de ses conspirations ! Cela a assez duré !