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30/07/2011

Bilan 4 mois après sortie de clinique

L'immobilisme. Le maintien. Paralysée. Figée. Autant de mots pour décrire le point de la situation.

Je ne perds pas de poids. Je fluctue. Mais je suis environ à 500 grammes de la limite fixée par mon médecin.

Ce n'est pas suffisant pour se lancer dans le travail. C'est trop risqué. Mon coeur me dit de foncer mais la raison l'emporte. Je commence à avoir du mal à supporter d'être tenue ainsi à l'écart d'une vie normale. L'amour ne me suffit pas pour être heureuse. J'ai besoin de m'épanouir dans mon métier. Je l'ignorais jusqu'à présent. Maintenant, je le sais. Vivre d'amour et d'eau fraîche ne me comble pas. Je suis comme amputée d'une partie de moi.

Alors que faire ? Il me faut prendre encore du poids.

Comment ? A la maison, je n'y arrive pas. Je pourrais encore essayer mais je n'ai plus envie de perdre mon temps. J'ai besoin que ça bouge ! Mon ami et moi avons besoin de liberté, de nouvelles perspectives !

Alors ? Eh bien, j'ai demandé de l'aide à mon médecin. Une courte hospitalisation d'un mois. Objectif : prendre 2 kilos minimum. Un grand défi. Quelque chose que je n'ai pas encore réussi à faire jusqu'à présent. Mais je peux le faire. Je veux le faire. Et j'y arriverai ! Ce sera dur. Je vais souffrir, devoir me surpasser, faire abstraction du chiffre et avancer. Mais c'est le prix à payer pour retrouver plus de liberté. Je ne regarde pas le chemin qu'il y aura à faire mais ce qu'il y aura derrière la porte : mon travail, des vacances, plus de sport, et un NOUS plus beau, plus fort.

Le séjour en vaut bien la chandelle, n'est-ce-pas ?

Quelle est la valeur ajoutée de la clinique ? Le soutien essentiellement. La dynamique. Et puis, il faudrait travailler sur la cause de cet immobilisme. Faire un brainstorming. C'est en général un moyen d'expression. En refusant de prendre du poids, je dis clairement quelque chose aux gens. Je dois trouver une autre façon d'évacuer les mots, maux. Enfin, je ne mange pas pour moi mais pour mon ami, pour mon couple. Et ça doit changer aussi. Réapprendre à m'aimer, à m'estimer malgré mon passé. Tourner la page définitivement. Si je ne mange pas pour moi, je n'irai pas loin. L'histoire se répétera encore et encore et je n'en peux plus...

 

17:01 Publié dans Evolution | Lien permanent | Commentaires (1)

03/07/2011

Zone Rouge

Second état d'alerte maximum ! Je ne suis plus qu'à 200 grammes au-dessus de la limite de poids fixée par mon médecin. Pour rappel, il ne souhaite plus me laisser descendre dans des petits poids comme avant. Il s'agit de faire ici de la prévention pour éviter dorénavant les longues hospitalisations. On parle de séquentiel à présent. Si nécessaire, bien entendu...

Je l'ai cherché quelque part... et je l'ai trouvé !

Pourquoi ai-je été laxiste ? Parce que je voulais vivre ! Sans devoir me préoccuper de rentrer à la maison à telle heure pour manger ma collation. Profiter pleinement d'être avec mes amis, plutôt que de restreindre chaque fois le temps de mes activités. Me lever un peu plus tard parce que je me suis couchée plus tard. En quelques jours, ce sont 5 collations qui n'ont pas été prises. Et patatra !

La morale de l'histoire ? Encore une bonne leçon mais c'est la même ! On lève la vigilance et la discipline. A savoir on saute quelques collations. Et hop ! Les chiffres de la balance descendent d'un coup ! On espérait, on rêvait que ça ne se produirait pas. On osait y croire. Eh bien, il ne faut plus y croire du tout ! Jamais ! On lève le pied. On ralentit. C'est comme dans une voiture.

Me voilà contrainte d'appuyer à nouveau sur l'accélérateur pour remonter le poids. Et tant qu'à faire, pas de quelques centaines de grammes mais de quelques kilos !!!

22/06/2011

La Constance et sa Raison

Me voilà arrivée à 3 mois après ma sortie de clinique.

Le premier mois, j'ai évité la casse en ne perdant qu'un kilo.

Le mois précédent, je criais victoire car c'était la première fois en 7 ans que je parvenais à ne pas perdre de poids à domicile.

L'objectif de ce mois-ci était d'être plus constante dans mes efforts et de tenter de remonter dans l'unité de poids supérieure. En effet, à chaque fois que j'enchaînais trois "bonnes" journées sur le plan alimentaire, je décompensais les 3 autres car j'avais l'impression d'être full en permanence dans le ventre. Les quelques centaines de grammes pris étaient reperdus aussitôt.

Résultat ? Stabilisation du poids. J'ai été d'une extrême constance dans mon plan alimentaire. Rigueur et discipline, ça marche ! Mais je n'ai pas pris de poids.

Pourquoi ? Parce que je ne l'ai pas voulu. Tout simplement.

Pourquoi je ne voulais pas ? Je ne sais pas. Ou peut-être justement, j'ai trouvé un tas de raisons.

Lesquelles ?

- Je me trouve bien physiquement. J'ai été habituée à me voir tellement plus maigre que je me suis contentée de ma silhouette actuelle. Et ce malgré les différents avis de personnes proches. Quand je leur demandais de me dire honnêtement s'ils me trouvaient très maigre, maigre ou mince, sans un brin d'hésitation, elles ont répondu que j'étais maigre. Alors, je ne me leurre pas. Je me vois maigre également mais moins maigre qu'avant. Alors j'ai banalisé. Mais... Il y a quelques jours, j'ai essayé quelques robes pour un mariage. Eh bien, quand je défilais devant le miroir, mes yeux me sont sortis de la tête. Je me trouvais d'un coup trop maigre et ce n'était plus beau ! C'était comme si j'avais vu une autre personne et que mon jugement redevenait plus juste. Donc, un peu plus de poids ne me ferait pas de tort !

- Je me suis dit qu'avant, j'arrivais à travailler en étant plus bas dans le poids. Pourquoi prendre encore des kilos quand je suis sûre au fond de moi que je tiendrai le coup, malgré la dureté de mon métier ? Excès de confiance en soi. Surestimation des capacités. Je suis forte dans ce jeu. Mais... J'oubliais juste que j'arrivais peut-être à travailler mais que je ne tenais que quelques mois avant de retomber en clinique. J'ai hâte de retravailler, oui, oh que oui, mais ça ne sert à rien de sauter dans les tranchées quand on n'est pas assez armée. Ce serait prendre de gros risques. Je ne connais que trop bien cette spirale infernale : travail-rechute ! Et puis, quand j'irai me présenter à l'entretien d'embauche, j'ai plutôt intérêt à paraître plus crédible physiquement. Il y a un trou de 2 ans d'incapacité de travail dans mon cv que je devrai expliquer.

- J'ai peur. Oui, j'ai peur d'aller mieux. Débile n'est-ce-pas ? J'ai peur d'essayer à nouveau de revivre normalement et d'échouer. Alors, quelque part, en ne voulant pas prendre de poids, je ne prends aucun risque. Je vais faire une analogie. Vous avez un travail mais il ne vous plaît pas. Cependant, vous ne faites rien pour le changer. Vous avez décidé de le garder, de vous en contenter plutôt que d'aller chercher le boulot de vos rêves. Il se peut que vous ayez peur de l'inconnu ou de prendre des risques. Il est parfois plus facile de vivre dans le connu  peu supporable que dans l'inconnu. C'est ce que je ressens. Mais je n'aime pas ma vie actuelle. Alors j'ai deux possibilités : soit je décide de ne pas prendre de poids et je continuerai à vivre cette vie, malheureuse, soit je décide de prendre du poids et oser aller de l'avant, avec le risque que je me casse la figure à nouveau mais je me donne la chance de changer ma vie et d'accéder à une vie différente et meilleure.

- Je me sentais tellement bien à vivre sur mes acquis. Je n'ai pas dérangé l'anorexie. C'était tellement confortable mentalement. Mais... si je veux avancer dans ma vie, si je veux prendre du poids, je dois reprendre le taureau par les cornes et affronter mes phobies alimentaires. Oui, il va falloir manger à nouveau des sucreries, augmenter les portions de féculents, sentir ce diable au corps quand j'avale ce que je sais qui va dans le sens de la prise de poids.

Ce qui est marrant dans tout ça, c'est que je veux reprendre du poids à présent pour les raisons décrites, mais dès que je fais un pas dans ce sens, que je mange donc quelque chose en plus, j'en suis malade, parce que je sais que ça va me faire prendre du poids justement !

Vous dites ? Elle est débile cette maladie ? Irrationnelle ? Oui, vous pouvez le dire. Et vous avez raison !