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27/05/2011

Bilan 2 mois après sortie de clinique

Un mot. Un seul pour résumer l'évolution : Victoire.

C'est la première fois, oui, la première fois que je stabilise mon poids. J'ai perdu un petit kilo le mois précédent. Depuis lors, j'ai réussi à stopper l'hémorragie. J'ai même rattrapé quelques précieux grammes.

Pour vous expliquer pourquoi je parle de Victoire, à chaque sortie de clinique, après deux mois, la balance montrait toujours de -2 à -4 kilos ! La gestion de l'anorexie à la maison ressemble enfin à quelque chose ! Tout arrive !

Mais... je peux vous dire que c'est vraiment un emploi à plein temps. Ca mobilise une grande partie de votre énergie psychique car il faut toujours aller contre nature, contre les automatismes du "moins ou du rien". C'est toujours dire NON alors que la maladie ne cesse de vous dire le contraire. A chaque repas, à chaque collation, il faut faire en sorte de prendre le nombre de calories qui est prévu. Ne pas céder à la tentation de sauter, de changer pour quelque chose de moins riche, de se dire "Ok, j'ai envie de changer pour une fois, je mange ça et je compenserai après" car il est rare qu'on y arrive. Mon médecin me répète toujours de ne JAMAIS baisser la garde et il a raison. Au plus on baisse la garde, au plus l'anorexie gagne du terrain et au moins vous êtes en mesure de réagir !

Il faut aussi planifier ses journées car 80% de la réussite passe par la préparation. C'est d'ailleurs un principe de coaching qui s'applique à tout. Et puis pouvoir se retourner quand il y a un imprévu. Trouver un moyen de s'adapter. Si ça n'a pas été possible, il faut se dire que ce qui était prévu doit être pris avant la fin de la journée. Il n'y a pas le choix. C'est comme ça. Même si la maladie vous donne toutes les excuses du monde pour ne pas manger ce qui était prévu. Elle ne tombe jamais à court d'arguments !

Comme le dit une bonne amie, il faut décider de ne plus se donner le choix.

Prochaine étape : reprendre du poids.

12:20 Publié dans Evolution | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2011

La Montagne Russe

Vous savez quel est le jeu préféré de l'anorexie ? C'est la montagne russe. Le moment top, c'est quand on arrive au sommet, après avoir bataillé ferme. Encore faut-il arriver en haut, n'est-ce-pas ? Pendant 6 jours, j'ai mis du carburant de luxe dans le moteur. J'ai aligné les 3 repas et les 3 collations. J'ai poussé sur l'accélérateur quand je perdais de la vitesse. J'ai réitéré des difficultés telles que manger un plat de pâtes au fromage, une pizza, oser prendre des sucreries telles que carrés de chocolat ou biscuits comme à côté, des grignotages en somme. Très fièrement, j'ai fait mon maximum, j'ai battu des records et j'ai eu une belle pesée positive. Mon wagon est arrivé au sommet, non sans difficultés. Et là, je me suis dit que je devais absolument poursuivre tous ces efforts pour espérer un effet cumulatif. Vous savez, on ne prend ni ne perd du poids tout de suite. C'est sur la durée que ça joue le plus. Et je sais qu'au plus je tiens dans le temps, plus il y a de chance que la deuxième pesée sera encore plus positive.

Je me suis donc laissée descendre durant la nuit avec beaucoup de bonheur. Dès le lendemain matin, j'ai remis de l'essence dans mon moteur et appuyé à nouveau sur l'accélérateur, là ou le moteur monte en tours, au point de frôler le rouge. J'ai accumulé les angoisses tellement je me forçais depuis quelques jours. Je ne voyais plus que la montagne d'aliments difficiles ingurgités. J'ai donc levé le pied pour ne pas monter trop vite. J'étais fatiguée de conduire. J'avais prévu une demi journée de répit pour pouvoir mieux repartir après. Mais j'ai noyé le moteur. Plus moyen de remettre les bouchées doubles pendant 24 heures. J'ai relativisé en me disant que je ne pouvais pas toujours être au top. Que je n'étais pas une superwoman. Que j'avais déjà fait un exploit en tenant plus d'une semaine mon menu revu à la hausse. Je me suis alors félicitée et j'ai décidé de conduire sur le plat. Mais je n'avais pas vu qu'un peu plus loin, il y avait à nouveau une belle descente porteuse de grands frissons comme je les aime ! Bien tentant de s'y engager !

Mais non... j'ai mis le frein à main aujourd'hui. Je ne bouge plus. La balance m'a montré le même chiffre qui confirme ma victoire car je n'ai pas perdu de poids mais je sais bien, ô combien je sais que je dois réagir et remonter le compteur des calories à fond si je ne veux pas me laisser entraîner dans les sillons de l'anorexie. La route, je la connais par coeur ! Et sa belle montagne russe, elle peut la garder ! Ca ne m'amuse plus. Ca ne m'a jamais amusé d'ailleurs, juste apporté des frissons, la sensation d'être vivante parce que je frôlais des extrêmes.

Alors, je suis toujours en état d'alerte maximum car je ne veux pas stabiliser mon poids, je veux déjà reprendre ce que j'ai perdu depuis ma sortie de clinique. Mais surtout viser plus haut...

Le défi est de taille. Je ferai le poids...

15:52 Publié dans Evolution | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2011

Attention, Danger !

Tous les indicateurs sont dans le rouge. Etat d'alerte maximum.

Je ne suis plus qu'à 400 grammes au-dessus du poids limite sous lequel je ne peux plus tomber. Si je le dépasse, mon médecin ne me rattrapera plus en clinique. J'ai été prévenue. Je l'ai écouté bien attentivement. Il m'aidera toujours mais sans la structure hospitalière. En somme, il m'a remis entre les mains la responsabilité de ma vie... de mon futur... Il n'y a donc plus de point de chute. Mais il y a un temps d'arrêt possible en clinique avant que le feu prenne. C'est à moi de décider, de prévenir.

Or, ça sent le roussi. Je sens à plein nez le parfum de l'anorexie. Une odeur pestilentielle. A vaporiser à plein tube. Le combat est des plus rudes. Un vrai champ de guerre. Pour voir qui va gagner du terrain, qui va s'emparer du pouvoir. C'est une guerrière. Une vraie de vraie. Auparavant, je ne faisais jamais le poids. J'étais toujours désarmée. Mais, à présent, j'ai les flèches de Cupidon avec moi. Si je n'avais pas mon ami à mes côtés, je serais déjà battue à pleine couture.

Je lutte donc de toutes mes forces pour inverser le courant des choses. J'arrive à esquiver des attaques. A remporter des petites et des grandes victoires. Je suis en train de faire sauter des préjugés, des habitudes profondément ancrées. J'ai compris que je ne prendrai jamais du poids si je mange sain continuellement. Etant vite rassasiée, je ne peux plus augmenter les quantités. Je suis toujours à 3 repas et 3 collations. Je dois donc enrichir mes repas. Ca signifie que tout ce qui était interdit, oublié, inexistant, doit revenir dans ma vie. Et c'est ce qui se passe actuellement. Les révolutions sont grandes. Les exploits majeurs.

Des exemples ? Vous trouverez ça peut-être terriblement banal, vous qui ne souffrez pas de cette maladie, ou vous qui ne me suivez pas depuis le début de mon histoire. J'ai toujours été d'une psychorigidité infernale. Prendre 100 calories de plus par jour jusqu'à il y a peu, était un drame, un problème majeur, qui ne tenait rarement plus que quelques jours. Eh bien actuellement, j'arrive à augmenter mes apports de plus de 500 calories à la fois, en un seul jour. Je me rabats sur des pizzas, des plats de pâtes que je regarnis de fromage, des barres chocolatées, en plus des compléments alimentaires que je prends encore comme collation. J'ai aussi abandonné mes fameux yaourts 0%. Je mange les vrais, les sucrés, les entiers.

Alors oui ! Maintenant, je ne me mens plus. Tout ça, c'est bon ! Mais j'ai le diable au corps dès que le repas ou la collation se termine et c'est terrible à supporter.

Pour vous faire comprendre ce malaise, je vais reprendre ma comparaison avec la phobie de l'ascenseur. Car mon problème se situe plus sur la phobie du sucre et des graisses que la prise de poids en tant que telle. Imaginez-vous dans un ascenseur. Vous avez été obligés de le prendre car il n'y a pas d'escaliers. Il se coince. Vous voilà pris au piège au sein même de votre phobie. Et la seule chose que vous pouvez faire, c'est attendre que ça passe, qu'il se remette en marche pour en sortir en courant. Eh bien moi, je suis soulagée quand je ne sens plus le poids de ce que j'ai mangé de "moins sain" et que le temps m'éloigne de ce fameux repas.

Alors oui, attention danger ! Ca sent le roussi. J'ai beau dire tout ce que je veux, j'ai beau faire tous les exploits que je vous conte, tant qu'il n'y a pas prise de poids conséquente sur la balance, c'est que je n'en fais pas encore assez. Mais j'en fais déjà tellement, tellement plus qu'avant ! Et là se situe parfois le goût amer de l'injustice. Mais il ne faut pas se leurrer. L'anorexie l'emporte toujours car elle a bien plus d'endurance que moi. Je manque parfois de constance. Et là est un autre piège. Comme on estime faire des gros efforts, on pense remporter la victoire puisqu'on sue bec et ongles. Mais on sous estime toujours l'anorexie et on surestime nos apports.

On peut se poser la question : pourquoi je ne retourne pas en clinique brièvement comme proposé ? Parce que j'estime, enfin nous estimons, mon ami et moi que ce que je réalise à la maison est d'une grande importance et que je ne pourrai faire mieux là-bas, entourée de l'équipe qui me suit depuis toujours. C'est à moi de trouver mon chemin, celui du lâcher prise, pour notre bonheur et notre liberté !