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27/01/2010

J+90

2 semaines d'absence déjà par ici. Le temps passe vite. Il me fut nécessaire pour prendre du recul et l'envie d'écrire sur la maladie ne me venait plus. C'est que j'essaie de la chasser de mon esprit et de ma vie. Comme déjà écrit, lui donner moins d'importance. Je ressens enfin un apaisement psychique dans le sens où quand je mange, je n'ai plus de pensées obsédantes, de vouloir tout contrôler. Néanmoins, je me méfie de moi-même. N'est-ce pas une parade pour ne plus m'en préoccup er, pour ne plus faire d'efforts supplémentaires pour prendre du poids ?

Le petit poids qui roule ? Il ne roule pas. Il est d'une stabilité parfaite.

La sortie commence à se planifier doucement. Le moral est encore fragile. Après 6 ans et demi d'anorexie, j'ai toujours la peur au ventre de ne plus être capable de travailler, d'être une marginale, tout cela parce qu'il m'est très difficile de faire plus, de prendre quelques kilos. Cela me rend triste. Tout cela parce que je ne mange pas comme tout le monde.

Quelques patientes sont arrivées depuis janvier et certaines sont loin, très loin. Une jeune femme vit avec des complications majeures d'une anorexie profonde depuis 15 ans (inflammation du foie, dysfonctionnement des reins, ostéoporose,...). Une autre plus jeune est arrivée comme un fil de fer. C'est impressionnant de voir combien on peut arriver décharné en clinique. Pourquoi laisse-t-on son enfant aller si bas dans le poids ? Cela m'échappe, vraiment. C'est interpellant. Si je me compare à elles, je suis "normale", même dans mon anormalité...

12/01/2010

J+75

july-photo-contest-pro.jpgDéjà deux mois et demi de clinique. Pour certains, c'est énorme. Pour d'autres, c'est peu. Un trouble du comportement alimentaire ne se règle pas en quelques jours, avec des médicaments. Elle fait partie des "maladies chroniques" que l'on n'a pas choisies. Ses racines sont très profondes et il faut réapprendre à vivre autrement, ce qui n'est pas une mince affaire ! Il faut apprendre à la maîtriser de sorte qu'elle ne prenne plus le dessus. Je la contrôle, c'est à elle de se taire, c'est moi qui parle.

J'ai décidé d'ailleurs de lui accorder beaucoup moins d'importance. Je pense qu'à force d'être confrontée à elle, peu importe où l'on soit, on renforce le mécanisme de contrôle et d'obsession. J'ai remarqué que je n'y pense quasi plus quand je suis à table. Mon esprit se libère, ce qui me permet de penser à plein d'autres choses bien plus intéressantes !

Ma nouvelle relation peut se construire sur des bases plus saines. Il est au courant de mon souci de santé mais on n'en fait pas tout un plat. On en parle peu. Je mange en sachant qu'il n'y a pas de regard qui me surveille. Je parlera i dans un prochain article du problème dans le couple que génère l'anorexie. Je parlerai de mon expérience et de ce que j'ai pu entendre.

Le petit poids qui roule ? Il reste stable. Point final.

19/12/2009

J+50

Le point ? ...

Guère réjouissant. Désespérant. Accaparant.

Le moral est meilleur, cela me permet de ne pas basculer dans des émotions extrêmes, mais tout de même, il y a des fois, de plus en plus fréquentes, où je me sens RESIGNEE. Je perds de la force dans le combat. Je ne me bats plus pour manger une assiette qui n'est pas du tout dans mes goûts. Je la balance honteusement dans la poubelle, en soupirant, en me disant que cela ne changera pas grand chose de tout de façon. C'est assez rare mais on sait que dans ma situation, passer un repas est un luxe que je ne peux me permettre.

Résultat ? Catastrophique ! Je ne me rappelle plus exactement mes pesées, mais cela doit être -200 grammes, +0, -500 grammes !!! Soit, 400 grammes en-dessous du poids d'entrée, 50 jours plus tard ! Ca marche du tonnerre en clinique. Je mangeais moins chez moi et j'étais stable. Il faut m'expliquer ce qui se passe car ce n'est pas logique. La diététicienne me dit que je perds avec les années de la masse graisseuse et que donc, mon métabolisme de base réaugmente car j'ai proportionnellement plus de muscles, donc je consomme plus d'énergie. Ca tient la route l'hypothèse, mais cela n'arrange pas mes affaires. On veut me donner des compléments alimentaires mais je ne sais pas pourquoi je les refuse toujours en bloc. C'est pas question. Alors que lorsque je me branchais mes perfusions d'alimentation à la maison, je n'avais aucune résistance psychologique. Et c'était bien plus de calories.

Pas de logique dans cette maladie. Ni pour moi ni pour la plupart des autres...