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08/12/2009

J+40

indifference.jpgQue le temps file ! Déjà 40 jours et je sens que je suis encore loin de la sortie. Il y a encore un gros travail à faire sur la confiance en mes compétences, évaluer un éventuel projet de réorientation, mais surtout me retaper physiquement. Le moral va enfin un peu mieux. Je ne vois plus tout en noir comme lorsqu'on est au fond du trou. Je regarde vers le haut.

Mon corps me dit :" Merde", cela fait déjà un moment. Mais le fait que je n'arrive plus à faire un jogging parce que mes jambes sont lourdes, faibles et que mon coeur pompe vite, ne fait que renforcer ce sentiment. Et mon cerveau en tant qu'organe me dit : "Merde" aussi car je n'ai plus envie de dépasser mes limites. Je n'ai plus aucun plaisir à me battre avec mon corps et voir que, même maigre, je peux encore courir, sans problème. Et dire que je cours depuis mes 10 ans, que j'ai été entraînée des années et des années. Courir est mon sport, celui dans lequel je me sens le mieux, qui me décharge de mes tensions et de mon stress, qui me procurait du plaisir. Eh bien cela, ce sera sans doute pour plus tard...

Et le petit poids qui roule ? Vous voulez vraiment savoir ? Où en étais-je il y a 10 jours ? Oui, j'avais pris 200 grammes depuis mon admission. Depuis, il y a eu 3 pesées, je crois. Et ? +400 grammes (super !), -400 grammes (j'en peux plus!), et +100 grammes aujourd'hui. Au bout du compte ? J'ai pris 300 grammes en 40 jours. C'est mieux que rien peut-être et mieux que maigrir, mais c'est décourageant pour quelqu'un comme moi qui ne prend que très peu de plaisir à manger.

Aujourd'hui, à table, on me demandait ce que je mangerais si j'avais tous les choix possible. J'ai répondu par ?. Je ne sais pas. Je ne sais pas ! Ca m'est égal, l'indifférence. Comment guérit-on de l'indifférence ?

Je perds mes pétales...

28/11/2009

J+30

fghjghc.jpgUn seul mot : DESESPERANT ! A la fois pour moi mais aussi pour le personnel soignant, d'après mon psychiatre. Comment me soutenir, et comment soutenir son équipe, me demande-t-il ? J'avais ce regard placide alors qu'à l'intérieur, je criais de désespoir. Je ne dis pas grand chose lors de la séance de vendredi. J'errais quelque part en moi et écoutais sa théorie sur une éventuelle piste qui serait la cause de la rechute du moral. Quand vous sentez que personne ne peut plus rien pour vous, sinon moi-même, cela fait plonger le moral de façon abyssale.

Ce qui me désespère ? Des pesées négatives alors que je mange à m'en dégoûter. Je force l'entrée des aliments, avec courage et persévérance. Je pensais que ça allait payer, que je serais récompensée de mes efforts mais non... NON ! Cet engin qui pèse montrait des chiffres indiscutables, ceux qui sous-tendent que je ne mange toujours pas assez ! Cette semaine, j'ai donc perdu 300 grammes puis 200 grammes, soit un demi-kilo. Pour vous, ce n'est rien. Mais pour nous, patientes, ils disent tout, ils ne mentent pas et nos médecins ne voient qu'eux. Je n'ai donc pris que 200 grammes depuis mon admission. Soupir...

Combiné à cela, ma prise de sang est moins bonne : les neutrophiles descendent un peu, l'anémie augmente, les protéines sont en chute libre. Le syndrome de renutrition en somme.

Mais, aujourd'hui, je n'abandonne pas le navire. Je sais que je bloque sur beaucoup de choses, comme sur les compléments alimentaires hypercaloriques. Je les digère mal, c'est lourd sur l'estomac et c'est trop sucré et écoeurant, pour moi en tout cas. Mais je pense que je dois faire des efforts, ne fut-ce que par intervalle de quelques jours, pour faire un "jump" dans le poids.

 

18/11/2009

J+20

Presque 3 semaines en clinique. Les jours passent et se ressemblent. Quelle monotonie ! Mais ce serait pire dehors, à être en congé maladie, et tourner en rond. Personne à qui parler, sentir le poids des murs, le froid d'un appartement sans âme.

Le but de ce blog ne fut pas d'étaler mes états d'âme initialement mais aider toute personne à comprendre cette maladie. Mais peut-être pour mieux la saisir, avez-vous besoin de savoir à quel point on peut se sentir désemparée et à bout de force. Je ne me sens bien nulle part, je ne sais pas ce que je vais devenir.

Actuellement, il faut m'aider à passer le cap de la dépression car comment voulez-vous que je puise l'énergie pour combattre l'anorexie quand je ne pense qu'à en finir ? Mon psychiatre a pu l'entendre. On met le trouble alimentaire de côté.

Qu'a dit la balance les deux dernières fois que j'ai mis mes pieds dessus ? +700 gr (super !) puis -700 gr (oh non !). Je mange environ 500 calories de plus que chez moi où mon poids était stable, sans changement ! Là je désespère. Je ne peux pas faire plus. Pour le moment en tout cas. Pour un temps. Court ou long ? Je n'en sais rien et ne cherche pas à le savoir !