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31/10/2009

Tout Bascule

 

539004.jpgTOUT BASCULE ! C'est le thème de cette année pour envoyer une nouvelle dans le cadre de l'ancienne fureur de lire.

Elle tombe bien car je tiens mon sujet : MOI.

Trêve de sarcasme.

Alors que tout était mis en place à domicile pour que je reprenne doucement des forces, c'est le moral qui fut en chute libre. La cause du plongeon dans ces eux troubles n'est pas clair. Même avec masque de plongée, je ne serais pas plus avancée ! Je fais des bulles. Je respire encore, je me débats dans l'eau. Pour maintenir la tête hors de celle-ci. Mais je suis venue à me demander quel était le sens de ma vie. Après ces 6 années d'aller-retour à la clinique, qu'ai-je accompli ? Je ne veux plus rien. Je suis fatiguée de recommencer toujours d'une autre façon.

"Tomber 7 fois, se relever 8 fois" dit le proverbe japonais. Philippe Labro a aussi écrit un livre sur sa dépression à ce sujet.

Puis-je ajouter une fois de plus, histoire de me sentir plus en phase ?

Perdre le sens de sa vie. Se demander à quoi on sert. Etre persuadé qu'il n'y a plus rien à faire. Alors que tout est à faire autrement. Jamais je n'ai ressenti pareil vide. Un avenir blanc.

Un torrent de larmes dans les yeux, j'appelais mon frère hier, désespérée, à lui demander ce que je vais devenir. Que je n'avais plus d'espoir, plus la foi en la vie. Et il m'a répondu :

- C'est comme si tu étais en pleine tempête sur un bateau. On ne voit plus terre mais mer déchaînée, grosses vagues, la pluie battante. Vas-tu organiser le banquet prévu sur le pont dans pareil climat ?.

-Bien sûr que non !

-Eh bien, cesse de rechercher l'idéal, abandonne le perfectionnisme. Attends que la tempête passe et la sérénité tu regagneras.

Là-dessus, mes larmes ont séché.

Je suis bien pour la 9ème fois dans cette clinique. Je n'ose plus croire qu'un jour j'irai mieux mais il y a cette petite veilleuse en moi, comme l'appelle ma psychologue, qui est minuscule et que je ne vois plus, mais elle brille encore dans mes yeux.

La remarque de mon psychiatre très pertinente : tout vous laisse indifférente, vous avez plongé dans le noir mais le poids n'a pas fini dans le rouge. Vous auriez en temps normal cesser de manger, mais la discipline fut maintenue. Le pilier le plus fragile fut cette fois-ci le plus fort !

Ne devrais-je pas me dire que c'est bon signe ? Oui, sans doute. On verra...

 

09/10/2009

Citation Qui Me Tient à Coeur

 

shakespeare1.jpgLe 23 septembre, le premier jour de mon hospitalisation destinée à mettre en place le RASC et l'alimentation parentérale, je suis tombée sur une citation de William Shakespeare que j'ai gardée en tête parce que, vraiment, elle est belle et correspond vraiment à mon ressenti.

Maintenant et pour toujours.

" MON CORPS EST UN JARDIN, MA VOLONTÉ EST SON JARDINIER "

Photo : jardin Shakespeare

 


 

12/09/2009

Eclaircie

IMG_2940.jpgIl y a un mois, la médecine du travail a donné son aval pour la reprise de mon travail, sous la condition de ne point faire de gardes. Termes accordés par la direction.

Je fus très heureuse de retrouver mon milieu professionnel et mes collègues. Mais après deux semaines, la fatigue était tellement ample que j'ai failli laisser tomber pour me soigner à nouveau. Un tunnel qui n'en finissait pas ! Mais je pris le rythme tout doucement et fis mes marques. J'ai cru ne pouvoir passer au-dessus de la fatigue... Même avec une volonté de fer, mon corps me disait "merde" ! Je dormais mal, je somnolais au volant le matin, j'avais de multiples chutes de tension et l'impression de voler dans les couloirs. Alors que ma discipline alimentaire restait de fer !

J'ai retrouvé un certain équilibre que je sais précaire. Je n'ai plus de marge en terme de poids. J'essaie de vivre et de penser à autre chose mais quand la maladie vous a attrapé huit fois déjà, il y a de quoi devenir fataliste et finir par se dire : "Une fois de plus ! Au point où j'en suis !". Ce n'est pas une attitude positive, je le sais, et c'est pour cette raison que je n'abandonne pas le combat. Je ne peux plus vivre comme cela. Je ne VEUX plus me contenter de survivre. Je veux VIVRE ! Me sentir bien, être en forme, avoir l'énergie pour une vie privée et sociale, ce qui me manque cruellement depuis la reprise. Je suis en mode "boulot-dodo". Et même si mon travail m'a permis de retrouver l'estime de moi, il me manque mon propre respect. Celui du corps, qui nous porte, nous supporte toute la vie. Et c'est une belle machine, croyez-moi !

Et la guérison passe d'abord par se respecter !

Alors, j'ai consulté un médecin pour trouver une solution peu courante. A problème exceptionnel, solution exceptionnelle... Si cela peut aider ne fut-ce qu'une personne se trouvant dans ma situation et qui se retrouve sans cesse dans un cul-de-sac, si cela peut donner une idée aux familles qui font face à l'anorexie, alors cela vaut vraiment la peine que j'en parle !

A suivre...