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29/03/2011

Jouer Avec Le Feu

Feu _5_.jpgL’anorexie.

La coriace, la vicieuse, la sournoise.

Le démon en personne.

Elle m’a fait vivre l’enfer. Et dans ce monde d’une chaleur extrême, sévit la dépendance à un jeu, celui du feu. Elle adore me faire jouer avec le feu. Elle a l’art de me faire marcher au bord du précipice, de faire souffler le vent, de me jeter des pierres, de rendre le parcours glissant. Toutes ces mesquineries pour que je tombe, que je la suive dans son sillage. Elle aime m’apprivoiser avec rien. Elle me donne la douce euphorie de la drogue du moins. Elle crée en moi la dépendance, l’indifférence des conséquences.

J’ai beaucoup joué avec le feu et je me suis brûlée. J’ai beau mettre de l’eau froide, de la crème apaisante. J’ai beau voir mes cicatrices.

Rien n’y fait.

Je joue encore avec le feu.

J’aime cette prise de risques. Ca me rend plus vivante. Comme si j’étais morte à l’intérieur. Mais je ne suis pas morte. Juste insignifiante. L’anorexie m’a tellement pressée, écrasée, que j’ai perdu confiance et mon estime. Elle m’a tout volé. Non seulement mes kilos mais ma vie surtout.

Sentir mon cœur battre n’est pas assez pour me sentir vivante. L’anorexie me fait exister autrement mais ce n’est pas moi qui respire.

Comment me rendre plus vivante sans saper dans mon assiette ?

Comment gérer la peur sans me retirer des bouchées ?

Comment avoir chaud sans jouer avec le feu ?

Je dois monter sur la balance.

Ca brûle.

Aie !

Je suis grillée...

Le plan "rescue" est en place !!! Je vais tester ma capacité de réaction. Ce sera la première fois que je ne resterai pas paralysée devant une perte de poids. J'ai tout à gagner. Les dés sont jetés.

 

24/03/2011

Somatisations

Dans les troubles du comportement alimentaires, nous fonctionnons beaucoup par somatisation. C'est à dire, transformer une souffrance psychique en souffrance physique. En l'occurrence, se priver de manger ou tomber dans la compulsion, l'autre extrême. Beaucoup d'émotions réveillent la maladie. Et c'est le seul schéma que nous avons trouvé pour exprimer notre détresse. Il semble parfois qu'aucun mot ne suffise. Alors, dès que l'on se sent mal dans notre peau, nous contrôlons la seule chose qu'on a l'impression encore de maîtriser : manger.

Car la vie nous échappe.

J'ai remarqué que nous fonctionnons souvent de la même façon.

Si on ne se sent pas écoutés, compris,

Si on est frustrés, blessés,

Si on est tristes, seuls,

Quand on est en colère, quand on tombe dans l'injustice,

Quand la vie se vide de son sens, alors... autant se vider complètement.

Et lorsqu'un repas est sauté, le suivant sautera aussi, surtout si l'émotion persiste, si l'on saigne, si l'on pleure, si personne ne nous comprend.

Pour aider vos proches, vos amis, il est important de le savoir. Finalement, l'anorexie est entre autre un moyen de dire : "Eh, je ne vais pas bien, regardez !" Alors si vous venez voir de plus près cette personne qui souffre, il n'est pas nécessaire de dire grand chose. Il suffit surtout de montrer que vous êtes là, par un seul geste d'affection, une seule parole qui se veut sincère. Ca ne sert à rien de nous répéter qu'on ne mange pas assez, qu'on doit arrêter, ou de s'énerver, car cela ne fera qu'amplifier la somatisation... se priver de manger... car on se sent souvent déjà si nuls de ne pas y arriver !

Cette maladie n'est pas qu'une affaire de volonté ! Les " Tu n'as qu'à... " tuent. Et découragent.

Cherchez des solutions, des compromis, plutôt que la guerre à l'anorexie. Elle vous battra à tous les coups car tous les coups sont permis.

14/01/2011

Dégradation Physique : remise au point

yoga.jpgDans l'article paru le 2/5/2010 dans ce blog, je parlais de la dégradation physique qu'occasionnait la maigreur. Toutes ces gênes qui pourrissent la vie mais qu'on ne ressent quasi plus à la fin tellement on y devient habitué. A l'époque, j'en avais comptabilisé 22 !

Et si je faisais le point ? Le feed-back est un excellent exercice pour s'encourager et se motiver à continuer à avancer pour vivre mieux encore.

Les voici, ces fameuses !

- chutes de tension orthostatiques : moins fréquentes ! Actuellement plus liée à un médicament.

- malaise vagal : terminé !

- fatigue physique et psychologique, l’asthénie : terminé sauf la fatigue psychique plus liée à la durée de l'hospitalisation.

- irritabilité, dépression : moins fréquent.

- mauvaise adaptation à la chaleur : terminé

- frilosité : moindre

- constipation, flatulence : inchangé. Il faudra du temps pour que mes intestins se réveillent.

- douleur d'estomac, gastrite : parfois

- douleurs cervicales : nette amélioration !

- douleurs épaules et dorsales : terminé !

- céphalées de tension et névralgie d’Arnold : une crise en 6 mois. Tout va bien !

- contractures et tendinites lors d'efforts exagérés : terminé ! Il reste une faiblesse au mollet droit, une petite contracture qui revient à chaque course.

- mauvais sommeil : nettement amélioré mais toujours sous médications

- caries dentaires et décalcification maxillaire : moins de dégâts cette année

- ostéopénie : stable. Pas d'aggravation.

- malabsorption du fer et du calcium : inchangé

- phénomène de Raynaud : plus rare

- douleur des poignets : terminé !

- sécheresse cutanée : moindre

- ongles cassants : moindre

- perte de cheveux : moindre

- fonte musculaire générale : Arrêt. Les muscles réapparaissent et grossissent.

D'autres oubliées dans la liste précédente :

- Douleur au sacrum en position assise : terminé

- perte de la libido : bien moindre

Ca en vaut la peine, non ? Ma qualité de vie est nettement meilleure. Je me sens en forme. J'ai plus de force. Ce n'est pas encore parfait mais ça ne le sera jamais. Ni pour moi ni pour vous. On a tous un bobo en soi tous les jours.

Mais comme je me sens bien dans mon corps avec ces kilos en plus !!!