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18/03/2011

Retour dans la vie normale

8 mois. 25 jours. Durée de ma neuvième hospitalisation.

Résultat : +7 kilos. BMI 15.4.

Bilan satisfaisant au vu de ma chronicité. Je n'avais plus atteint ce poids depuis 3 ans. Il est bien évident que mon BMI (Body mass index = poids/taille au carré) reste trop bas au vu des critères de normalité qui sont entre 18.5 et 25. Mais dans ma situation, il faut être réaliste. Je ne suis pas guérie. Je ne le serai peut-être jamais mais le but ici est de pouvoir vivre plus normalement et de jouir d'une certaine liberté. De ne plus retourner dans ce cycle infernal du boulot-dodo, de "tenir", de survivre... Mais avoir une vie équilibrée, entre ma profession, mon compagnon et les loisirs. Oser refaire des projets aussi. Quand vous êtes sur le qui-vive, il est impossible de prévoir des vacances car on ne sait jamais quand on va s'écrouler ou si je vais arriver à manger en-dehors de mes repères.

Alors, j'ai peur. Très peur de quitter la clinique. Peur de me retrouver face à la maladie dehors qui me dicte sa loi. Mais j'ai de bonnes raisons de croire que je ne suis plus une marionnette. Il faut regarder plus loin. Recréer un nouveau cap pour nous aider à maintenir la barre, malgré les vents contraires.

Manger est une affaire de tous les jours. La balance doit rester un moyen de surveillance.

Tout reste encore à faire. Je ne suis pas sortie de l'auberge mais bien de la clinique !

C'est un bon commencement, non ?

12/03/2011

J-6 de ma sortie de clinique

Le compte à rebours a commencé.

J-6 avant ma sortie de clinique. L'objectif est atteint. 8 mois et demi plus tard.

Starting_block-GED-423x283.pngJe me souviens de mes premières fins de soirée. Je sortais de la chambre avec des larmes de crocodile. J'avais si peur que ce "déclic" soit factice, qu'il dure l'espace de quelques jours puis s'envole. L'anorexie nous berne si souvent qu'on en vient à se méfier de ce qu'on pense et ressent. Mais cette conviction intérieure que j'allais atteindre mon but ne m'a jamais quittée. Il est difficile de décrire ce sentiment qu'on a en soi, porteur de belles choses à venir. On sait qu'on va lâcher prise. C'est tout. Et il faut se montrer réaliste. On va avoir mal au ventre, à l'estomac tellement on met des couches en mangeant 6 fois par jour. Ce sont des moments cauchemardesques parfois. Mais il faut passer au-dessus, se dire que ça va s'arrêter, qu'on va digérer. Puis, on s'y fait et ça devient plus facile. Il faut aussi être entêtée. Ne pas relâcher les efforts dès la prise de poids qui effraye. Il faut se dire : "C'est comme ça. Tu le savais dès le départ." Et souffrir en silence. Mais ça finit aussi par passer. On peut avoir dur aussi avec la nouvelle silhouette. Je ne souffre pas de dysmorphie. Je ne me vois pas "grosse" mais je me vois différente, avec plus de chair. Il y a des jours où je me dis que j'ai pris assez de poids puis d'autre où je suis réaliste car mon BMI n'est pas encore à 16.

Tout ça, on le sait dès le départ. Et si on a la force de se dire "c'est comme ça !" et continuer, alors on est en train de gagner une grande bataille.

Mais tout reste encore à faire à l'extérieur. Il y a le cap clinique mais aussi celui de la vie de tous les jours. On bouge plus à la maison. On est plus actif. Cela entraîne en général rapidement une perte de poids d'un kilo environ. Il faut donc rester très vigilant. Jusqu'à présent, dans mon parcours, je n'ai jamais pu stabiliser mon poids à domicile. Je reperdais en 2 ou 3 mois les kilos acquis. Ici aussi, je sens au fond de moi que je vais arriver à gérer mon poids de telle façon que je puisse revivre normalement et reprendre mon travail. Enfin !

Nous n'en sommes pas encore là. Mais si je peux donner un peu d'espoir ici aux personnes souffrant de la maladie et à leurs proches, c'est qu'on peut s'en sortir, même dans une chronicité de longue date, alors que tout semblait figé. J'étais une personne très difficile pour manger, qui n'acceptait les compléments alimentaires, ne voulait pas élargir la gamme d'aliments, au point que je mangeais toujours la même chose, et de me lasser de tout pour finir.

Il y a un moment où l'on racle le fond. Il y a deux solutions...

Soit on rebondit pour remonter à la surface, soit on se laisse flotter en tentant de vivre avec le moins d'oxygène possible.

03/03/2011

Retour de flamme

Il y a 6 jours, j'avais atteint le poids que je m'étais fixé. L'anorexie me semblait bien loin. Je criais victoire. Je ne l'entendais plus.

Ou peut-être...

Ne voulus-je plus l'entendre ?

J'ai mis mes mains sur mes oreilles et j'ai poursuivi mon chemin. Puis, je l'ai entendue me murmurer ses éternels dilemmes. "Et si tu mangeais un peu moins au souper ? Tu as le droit de souffler après tous tes efforts. Tu ne dois plus te forcer à croquer des sucreries sur le côté. Tu es arrivée à ton cap."

Oui, je lui ai donné raison. Je me suis autorisée à souffler. J'ai relâché la pression. J'ai accusé beaucoup de fatigue. Et me suis dit que ce n'allait pas avoir d'impact sur la prochaine pesée.

Et vous savez quoi ? Je me suis trompée ! Forcément. Elle m'a dupé encore une fois ! Je croyais naïvement qu'elle n'avait plus de raison d'exister mais elle les a toutes !!! Mon poids l'a soulève. La tourmente. Elle a voulu me retirer vers le bas. Elle a réussi. J'ai reperdu un peu de poids.

Comment procéder pour ne plus la laisser me contrôler ?

Je vais utiliser un procédé de coaching. Je programme la veille au soir ma journée alimentaire du lendemain en faisant en sorte que je termine le plus de jours possible dans le vert. Le vert indique que des extras ont été pris. Une journée rouge est comptée dès le moindre chipotage. Une journée neutre est celle où je mange tout ce qui est prévu, sans plus. Planifier le menu de chaque jour et faire le point de la journée avant de se coucher. J'ai changé de cap aussi. Le premier fut mon poids du contrat. A présent, je regarde à  plus long terme. Mon cap est mon idéal de vie. Il ne se compte plus en kilos mais en bien-être et énergies.

RIGUEUR et DISCIPLINE. Tels sont les maîtres mots pour tenir la route.