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14/03/2010

J+146

J'arrive lentement à mon cinquième mois de clinique. J'ai déjà vécu beaucoup plus long. Ma première hospitalisation a duré 12 mois et c'est moi en plus qui avais signé une décharge.

Le petit poids qui roulait bien vers le haut a subitement redescendu dans les combles. Il y a 4 jours encore, je prenais 400 grammes puis plouf ! Plongeon. Un plat sur le ventre qui fait mal. Une belle gifle ! Et vous savez quoi ?

Habituellement, quand on est dans le sens de l'anorexie, prendre du poids nous rend parfois triste car on a l'impression d'abandonner une amie, malveillante évidemment mais nous ne la percevons pas de la sorte. Chez moi, le monde commence à tourner à l'envers : perdre un demi kilo m'a rendu si triste que j'avais l'impression de quitter ma guérison, de perdre quelque chose de précieux. Si j'ai fait quelque chose pour perdre du poids ? Non, j'ai mangé du mieux que je peux mais cela n'a pas suffit. Cela ne suffit pas encore ! Alors que j'ai l'impression de manger sans cesse.

Une nouvelle semaine va commencer. J'ai repris les armes. Mener encore et toujours le même combat !

03/03/2010

J+135.

2652882149_df8a659c6a.jpgLA RAGE AU VENTRE. J'aurais pu intituler cet article de la sorte. C'est mon ressenti actuel.

La Rage. Contre l'anorexie. Contre ses subterfuges. Contre ses malentendus. Contre ses leurres. Contre la raison de son existence.

JE NE SUIS PAS D'ACCORD ! Je ne suis PLUS d'accord de vivre au minima, de limiter mes activités, de vivre au ralenti et de ne pas pouvoir profiter à fond de mes passions et de l'homme que j'aime !

Alors, oui, je suis toujours en clinique. Non, l'anorexie ou la dépression adjacente ne se règlent pas en quelques semaines. Nous ne sommes pas en médecine interne, nous sommes dans une spécialité bien plus complexe que cela, moins objective, puisqu'elle touche le psychisme et bon sang comme nous sommes complexes !

La rage au ventre donc, je fais des efforts à chaque repas pour que rentre chaque jour un petit peu plus de nourriture. Pour soutenir la satiété et la supporter. Contre l'ancienne idée qui revient parfois de vomir pour un soulagement immédiat.

Et je regarde avec rage le chiffre qui s'affiche sur la fameuse balance. J'ose le regarder, le chiffre. J'ose le défier. J'ose soutenir mon regard. Et j'assume le changement. La première semaine d'action n'a rien donné. Je fus limitée par la taille de mon estomac. Mais la semaine dernière, j'ai pris 600 grammes. Rien pour vous sans doute. Votre poids ne se compte pas en centaines de grammes mais en kilos. Ici, même 100 grammes comptent. Un peu débile mais c'est comme ça. Mes états d'âme ? Je n'en eus point. Je fus juste soulagée d'être passée à l'unité supérieure. Mais hier, contre toute attente, alors que mon poids n'avait pas bougé, cela a fait mal. Mais un MAL qui me faisait du bien. Je suppose qu'inconsciemment j'espérais perdre pour expliquer cette réaction. Mais j'ai joui de ce mal qui ronge. J'ai fait un pied de nez à la maladie. Je l'emm... et qu'elle aille se faire voir ! Je veux souffrir et voir le poids monter. Répondre en mangeant mieux, pas moins. Qu'elle aille se faire voir ailleurs ! Je ne veux plus qu'elle ait de place.

Bien entendu, ce n'est pas en ayant déchiffré son message dans les différents piliers de ma vie que j'ai ce fameux déclic. On ne se met pas à manger "normalement" du jour au lendemain. Je ne sais d'ailleurs même plus ce que c'est, en-dehors de la clinique. J'essaie alors juste de suivre les troupes.

Ma sortie de clinique se profile tout doucement. Avant fin mars en tout cas. Avec l'espoir d'arriver, pour une fois, à prendre seule du poids dehors ! Exercice impossible depuis le début. Mais je dois essayer. Un homme merveilleux m'attend dehors. Il ne me demande pas de sortir car c'est ma décision mais cela nous remplit de joie de savoir que tout bientôt cet amour pourra être partagé au quotidien.

NE JAMAIS PERDRE ESPOIR. AVOIR FOI EN LA VIE. J'AI FOI. Mais peu foi en moi pour le moment. Je me méfie de moi-même...

15/02/2010

J+119

clarte.jpgOui, je suis toujours en clinique. Les circonstances actuelles y contribuent. Absence de chez moi, je vivais de façon transitoire chez mes parents. Mon ami vit en Suisse. J'ai arrêté les recherches d'un appartement. Je suis dans une phase de questionnement professionnel. Ma santé n'est pas formidable. Tout est en suspend. Et c'est dur. Trouver ce qui est le meilleur pour moi.

Récemment, suite à de durs événements familiaux, j'ai pris conscience, vraiment, de la fusion avec ma mère. Les sentiments négatifs que je ressens, la tristesse, la quête éperdue de quelque chose, ne m'appartiennent pas. Ils viennent de ma mère, de ses sacrifices en tant que mère et femme. Je commence à voir QUI je suis, et qu'est-ce qui fait que je suis MOI. Je dois m'éloigner d'elle.

J'ai pris conscience aussi que mes parents me rassurent dans la maladie. Alors pourquoi vouloir la quitter ? En me demandant pourquoi j'avais peur d'aller vivre en Suisse, j'ai réalisé que j'avais régressé dans un rôle de "petite fille" qui a peur des responsabilités. Cela ne fait guère plaisir de le savoir et de le comprendre. Aussi, j'ai pu réagir violemment en me disant que chaque bouchée que je mangerais, me permettra d'abandonner cette petite fille pour redevenir une femme, dans tous les domaines.

J'ai donc finalement envisagé de reprendre activement du poids. Je voulais donner moins d'importance à l'anorexie pour qu'elle disparaisse mais cela ne suffit pas. Je stabilise. C'est confortable. Je ne perds plus de poids et mange ce que je veux, sans frustration, sans pensées obsessionnelles.

Le petit poids va donc devoir rouler dès maintenant...