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04/06/2010

L'anorexie dans L'Adolescence

Tout le monde sait que l'adolescence est une période souvent difficile où l'on se cherche. Certains la passent sans problème. D'autres expriment le mal-être en consommant de la drogue, en commençant à fumer pour faire comme les autres ou boivent de l'alcool de façon excessive pour leur âge. Et puis, les troubles alimentaires menacent aussi la plupart des jeunes filles qui voient leur corps se transformer, prendre des formes, ce qui peut être mal vécu. Surtout si elles se comparent aux modèles qui circulent dans la presse.

J'ai traversé une crise d'adolescence qui s'est exprimée sous forme d'anorexie, déjà. J'avais 15 ans. Je faisais du sport de compétition. J'étais suivie par un médecin de sport lié au club. J'étais très douée et me classais chaque année dans le top 3 belge d'athlétisme. Je me sentais épanouie, que ce soit dans le sport ou dans la vie de tous les jours. Lors d'une consultation chez le médecin, il mesura mon taux de graisse en prenant différentes mesures avec une pince. Il conclut en me disant de veiller à ce que je ne prenne pas de poids car cela pourrait interférer avec mes performances. Quelques jours plus tard, suite à une douleur au niveau des lombaires, mon entraîneur me massa et me dit de faire attention à mon poids. Il devait sans doute pincer des bourlets. Sur la même semaine, un copain me dit lors d'une compétition de saut en longueur que j'attrapais un "gros cul".

Je me mis au régime suite à ces trois "avertissements". Je voulais perdre quelques kilos pour éviter de voir mes performances diminuer. Je perdis pendant les vacances deux ou trois kilos en supprimant les boissons sucrées et en mangeant plus de fruits et de légumes. Puis, satisfaite de moi-même, je poursuivis mon régime jusqu'à ce que mes proches et mon entraîneur me disent que j'avais fort maigri. C'était bien le but ! Mais je fus prise au piège de l'anorexie. Insidieusement, elle avait tissé sa toile. Je voulais encore maigrir. Voir le chiffre plus bas, encore plus bas. J'avais appris le nombre de calories dans tous les aliments, les pesais consciencieusement et définissais un total à prendre sur la journée. En quelques mois, j'avais perdu une dizaine de kilos. Je n'arrivais plus à me détacher de mon régime. C'était devenu une obsession. Avec la spirale infernale de la déprime qui accompagne ce mal-être de jeune fille. Je me voyais grosse. Je ne supportais plus mes formes. Je ne me supportais plus tout court. Mes muscles avaient fondu. Je n'excellais plus dans le sport. Les filles que je battais couraient plus vite que moi. Je me sentais nulle. J'étais découragée à l'entraînement mais je le continuais car je me dépensais.

Progressivement, je me suis isolée. Je ne sortais plus avec les copines de peur de devoir manger ou boire. J'avais perdu toute confiance en moi. Je broyais du noir à longueur de journée.

Et puis un jour, ma mère m'amena chez le médecin généraliste. Il me menaça tout de suite en me disant que si je perdais davantage de poids, il m'enverrai en clinique. Panique à bord ! SOS. Je décidai alors de monter le compte de calories sur la journée. Et je stabilisai mon poids sans en reprendre.

A la longue, je lâchai prise doucement. J'allais commencer les études universitaires que je rêvais depuis mes 12 ans. J'eus un coup de foudre pour un homme qui me fit voir les choses positivement. Que la vie était belle ! A chaque fois que je prenais un kilo, ça faisait mal. Mal. Mais je me disais que mon corps de femme se développait et que c'était donc normal de prendre du poids. Puis, je commençai par faire des "écarts" de régime et retrouvai lentement mais sûrement mon poids de départ. Les calories, les balances, tout cela n'existait plus ! Mon premier geste fut d'ailleurs d'écraser avec mon pieds le pèse aliment !

On peut guérir de cette maladie. J'en suis la preuve vivante. Je me dis toujours que si j'ai pu guérir une fois, je peux le refaire. C'est pour cela que l'espoir ne me quitte pas. J'ai vu aussi pas mal de jeunes femmes sortir de la maladie durant mes hospitalisations.

ON PEUT GUERIR DE L'ANOREXIE. IL FAUT GARDER FOI ET ESPOIR.