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10/06/2010

Le Corps Humain, Cette Machine Incroyable.

S'il y a bien quelque chose qui me fascine, c'est le corps humain. Comment il fonctionne. Comment il réagit. Comment il s'adapte. Comment il peut être malade. Comment il nous parle.

L'écoute-t-on assez ? NON.

Le traitons-nous toujours bien ? NON.

Pourquoi ? Parce que c'est le propre de la nature humaine.

Et ceci ne me concerne pas uniquement mais bien tout le monde. Nous sommes constamment informés de ce qui est bon ou pas pour la santé. Alertés par des études médicales qui ont démontré que le tabac tue, que l'alcool tue, que les drogues tuent, que l'obésité tue. Tiens, on ne dit pas en général que la maigreur tue.

Cela ne nous empêche pas de continuer à fumer, de boire de l'alcool social ou solitaire, de nous droguer, de ne pas faire attention à notre ligne. Notre corps s'adapte à nos comportements ou nous interpelle. Si vos bronches sont plus sensibles au tabac, vous allez tousser, cracher le matin, signes de bronchite chronique, ou vous sentir de plus en plus essoufflés. Si vous buvez de l'alcool régulièrement, le foie augmente sa capacité de métaboliser l'alcool. Par là même, comme vous vous sentez moins vite ivres, vous rajoutez quelques verres. L'ivresse est là pour vous avertir que ça suffit maintenant. Lorsque vous vous droguez, votre corps va petit à petit augmenter son seuil de tolérance à la substance en adaptant sa capacité à la métaboliser. Vous en ressentez donc moins l'effet et vous augmentez la dose pour avoir le même effet euphorisant. Vous mangez plus que ce que vous dépensez, vous stockez donc l'excès sous forme de graisse. Le corps fonctionne ainsi. Il est programmé sur le mode de la survie. Et vous prenez rapidement ces quelques kilos superflus que vous tenterez de perdre quand viendra le moment et la motivation. Si vous ne mangez pas assez, comme moi, votre corps va faire en sorte de diminuer votre métabolisme de base, pour pouvoir fonctionner avec moins d'énergie et se parer à la défense en cas d'agression par le jeûne. Vous perdrez moins vite du poids. Votre composition corporelle se modifie lentement : vous perdez de la graisse mais vous perdez aussi du muscle. Le corps doit puiser dans la matière noble, les protéines, si vous ne lui fournissez pas assez d'énergie et que votre réserve en graisse est devenue trop basse.

Si je vous parle de ces différents cas de figure, c'est parce que le corps me fascine. Que de ressources insoupçonnées ! Que de mécanismes de défense et de protection ! Tout se fait à l'échelle microscopique. Avez-vous vu déjà une cellule ? Savez-vous comment une seule cellule fonctionne ? Elle dispose de tout un attirail de protéines destinées à remplir une fonction spécifique, tout cela étant codés dans le noyau où il y a le matériel génétique : l'ADN. Le but est de fournir de l'énergie, de détoxifier l'organisme et j'en passe.

Tout est si complexe et bien ordonné ! Mais comme il est facile aussi de pousser son corps à bout dans notre société moderne.

J'en fais les frais.

Le but de cet article est de vous montrer un exemple par le biais de ma maladie : l'anorexie et la maigreur. A la longue, les muscles sont bouffés pour fournir cette fameuse énergie qui manque. Les tendons, les ligaments, les os deviennent plus fragiles.

Je suis allée courir avant-hier, comme à mes habitudes. Je n'ai pas intensifié les entraînements. Je n'essaie pas de faire des records sur distance. Je cours au rythme que mon corps impose. A part que cette fois-ci, je n'étais vraiment pas en forme. Pas assez de force dans les jambes et manque clair d'énergie. J'aurais dû m'arrêter plus tôt pour le respecter. Mais j'étais à mi-parcours et je ne voulais pas m'arrêter en si bon chemin. J'ai donc forcé pour terminer. Résultat : quelques heures plus tard, j'ai mal aux tendons de mes quadriceps, les muscles de mes cuisses. Comme si je venais de reprendre un entraînement arrêté depuis belle lurette ! Ce qui n'est pas le cas. J'avais couru l'avant veille sans aucune douleur.

Le corps est incroyable. Il m'a clairement dit de m'arrêter. Je me suis entêtée. Toujours cette volonté, cette persévérance d'aller jusqu'au bout. Et je l'ai abîmé : deux tendinites. Qui sont parties le lendemain. Signe que ce n'était qu'une surcharge de travail ponctuelle. Mon corps a réparé les dégâts. Cette fois.

Mais la prochaine ?

 

02/06/2010

La Drogue Du Jeûne

J'ai dîné au restaurant  avec mon ami ce midi. Nous y allons pour le plaisir de se retrouver autrement à table mais aussi pour que je quitte mes habitudes alimentaires.

Explorer de nouveaux horizons.

Oser commander ce qui sort des sentiers tant battus.

Eveiller les papilles...

Mais la réveiller aussi à coups de fourchette : ELLE, l'anorexie !

Lui faire mal. La torturer. L'étrangler au point qu'elle me supplie d'arrêter.

J'ai mangé un plat de nouilles. Difficile pour moi. Un défi à chaque fois de taille.

Je rumine. Je fulmine.

Ca fait mal. C'est dur. Si vous saviez ! Et pour que vous compreniez ou puissiez vous projeter, je me sens comme si j'étais droguée. Non pas à une substance comme l'alcool ou l'héroïne, mais au "rien". Au vide. Au jeûne. Et quand je mange, c'est comme si j'étais en manque, en sevrage. Je suis la proie à des angoisses (irrationnelles entendons-nous bien mais bien réelles), à de la nervosité, à de l'irritabilité, à un renfermement sur moi-même. Je ne dis plus rien. Je digère. Je métabolise les aliments. Il me faut quelques heures pour que ça passe. Pour en retirer un quelconque fierté de l'avoir remporté !

Les personnes qui ont une accoutumance sévère, quand ils prennent un verre d'alcool ou s'injectent de la drogue, on dit qu'ils "craquent". Et moi, je craque parfois en passant une collation ou en réduisant le repas à un fruit. Jadis, je craquais aussi en vomissant. Un cauchemar. Car cela vous empêche de vivre sereinement. Ca vous demande une grosse dose d'énergie d'aller CONTRE. Une énergie que vous pourriez utiliser à autre chose mais que vous avez dû emprunter sur votre capital de forces. A la fin d'une journée, on peut être las ! Las de se battre, de lutter contre l'envie... de rien... ou d'une substance... Quand j'ai mangé plus, c'est dur. Ca fait mal, comme si je privais mon corps de la substance qu'est devenu le rien. Un sevrage physique. Une souffrance physique.

Quand je relève un défi, la maladie se débat et me crie : "non !". Hier soir, j'avais décidé de passer la fameuse crème vanille. Mais je fus prise par un sentiment de culpabilité. Je m'en voulais de l'écouter, elle, l'anorexie. Et bonne nouvelle : c'est nouveau ! Mais la colère est montée, montée, à un tel point que je l'ai mangée avec rage et détermination. La colère que suscite ma situation me donne des ailes. Et puis, je deviens en colère contre le monde entier ! Contre ce monde d'apparences, de pressions, d'hypocrisie, de jugements, d'injustices ! Le monde me fait peur tellement il peut être mauvais.

Mais c'est le monde. Rien ni personne ni moi ne le changerons ! On peut juste travailler à l'échelle individuelle...

Alors, puisque mon métier me donne l'opportunité d'être utile, de soulager, d'écouter, de rendre les gens en meilleure santé, je dois tout faire pour aller le retrouver. En mangeant. En cessant de me droguer au jeûne. Au rien. Au vide.

Transformer la colère en énergie positive ! Et lui dire m... tous les jours !!!