Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

19/07/2010

L'atmosphère en clinique

Il n'y a pas que nos soucis qui nous pèsent. Il y a aussi ceux des autres. Et ça plombe vite l'atmosphère.

A table.

Dans les chambres.

Partout.

Du moment qu'il y a plusieurs personnes pour faire la conversation.

Presque tout tourne autour de l'alimentation. Chacun donne ses propres commentaires, rapporte ses difficultés. " Je n'aime pas ci, je n'aime pas ça. Ce n'est pas bon. Je n'ai pas pris de poids et pourtant je mange tout. Pourquoi on me donne ce biscuit plutôt que celui-là ? Pourquoi tu n'as pas de compléments alimentaires alors que moi, je suis obligée de les avaler ? Tu es à quel poids ? Quel est ton contrat ? Tu dois manger combien de calories ? Quelqu'un m'a dit qu'on ne voyait pas que j'étais anorexique. Pourquoi tu peux sortir et moi pas ? Pourquoi tu peux faire du sport alors que tu es plus maigre que moi ? Combien de tartines dois-tu manger le matin ?". Parler manger, nourriture, préférences, envies, goûter, confitures, salade, poulet, ...

... Et j'en passe.

Des comparaisons incessantes. C'est lourd.

Et si vous ne dites rien, les autres parleront à votre place car ils vous auront observé et classé dans une catégorie. Ce sont surtout celles qui ont le plus dur, qui trichent ou qui jettent leur plat sans avoir touché grand chose, qui sont le plus critiquées. Et pourtant, nous sommes tous passés par là ! On oublie vite d'où l'on vient. Il y a peu, je faisais partie de celles qui semblent ne rien faire pour s'en sortir, paralysées par des peurs, mais qui luttent de façon acharnée à l'intérieur. Je me trouve à présent à un niveau supérieur et j'entends ce qu'on aurait pu dire de moi il y a peu.

C'est dur. Celles qui avancent vers la guérison sont dures avec celles qui piétinent.

C'est interpellant.

C'est hypocrite voire méchant.

Le pire est que l'on rentre dans le jeu parfois à son insu. On critique aussi alors que c'est contraire à nos principes. Je l'ai fait. C'est mal. Je ne veux plus le faire. Je m'éloigne des autres. C'est simple.

Je me suis toujours dit que les gens qui avaient un mauvais fond étaient souvent des personnes qui n'étaient pas heureux. On fait payer aux autres le prix de nos malaises. Quand bien même. Je ne trouve pas d'excuses à cela. Pourquoi notre fond humain ne nous rend pas plus solidaire ?

26/05/2010

Mes Fameux Défis

Depuis des années, il y a tout un pan de l'alimentation qui n'existe plus pour moi. A force de se priver et de tout vouloir contrôler, j'ai réussi à faire disparaître de mes pensées les sucreries telles que biscuits, pâtisseries, glace et les plats riches comme les pizzas, les pâtes, les viandes grasses, les préparations en sauce. Aucun de ceux-ci n'éveillent envie ou gourmandise.

L'indifférence totale. Les gens qui m'entourent ont fait une remarque très juste : je mange comme si j'étais au régime ! Et ces habitudes sont devenues naturelles, de sorte que je ne m'en rends même plus compte.

Pour prendre du poids, je dois donc sortir des sentiers battus et explorer à nouveau ce panel alimentaire.

Il y a deux semaines, j'ai réussi avec beaucoup de courage et de fierté à toucher ces monstres sacrés. Ainsi la pizza, un plat de nouilles et un complément alimentaire y sont passés.

PUGLIESE.jpgCette semaine, je continue l'expérience mais je voulais ici vous faire part de ce que l'on peut ressentir lorsqu'on franchit une de ces barrières énergétiques. Figurez-vous que ce midi, j'ai commandé une pizza. J'ai réussi à en manger un bon tiers. Pour vous, ce n'est sans doute pas grand chose. Mais pour moi, c'est gros ! Très gros ! Et j'ai eu droit à un beau lot d'angoisses l'heure qui a suivi. La gorge nouée. Les mains qui tremblent. Le stress en somme.

Mon ami m'a alors demandé qu'est-ce qui m'angoissait dans cette pizza. Histoire d'un peu mieux comprendre ce qui peut se passer dans ma tête. En y réfléchissant, je voyais trois choses :

1/ le plat n'était pas diététique. Donc, il peut potentiellement me faire prendre du poids. Et, comme vous le savez peut-être si vous me suivez depuis un moment, prendre du poids veut dire quitter la maladie. Encore heureux, oui ! Mais... Quitter la maladie sous-entend que je vais perdre quelque chose, ce fameux bénéfice secondaire, qui se répand dans tous les plans de votre vie. Ca fait donc peur. On a tout simplement très peur de revivre normalement.

2/ la peur d'être malade et de devoir vomir. La satiété est déplaisante pour moi, et difficile à supporter. Tant que je la sens, je dois résister à l'envie de tout faire passer par dessus bord. Ce que je m'interdis depuis deux ans. J'ai donc peur de basculer à nouveau vers ce geste qui est si facile à faire. Ca peut devenir comme une drogue. Je le refuse !

3/ la culpabilité d'avoir éprouvé du plaisir en mangeant. La pizza était bonne. La pâte était fine et croustillante. Les légumes se mariaient bien avec le fromage et la roquette. Je me refuse tout plaisir parce que je ne m'aime pas. C'est une façon de se punir en somme.

Voilà ce qui peut se passer dans ma tête. Et c'est le cas pour beaucoup de femmes et hommes qui souffrent du même mal que moi.

Comment je me sens deux heures plus tard ? Bien. Je suis contente de moi. Cela me dérange toujours de savoir que je digère une pizza mais c'est trop tard à présent et je ne la sens plus. Je suis allée courir une vingtaine de minutes pour m'aider à évacuer la tension qui était en moi.

Prochain rendez-vous avec mon pote le complément alimentaire, je pense... :-)

28/09/2009

Le Pas Vers La Vie

 

bracelet_coeur_secret_poiray_or_jaune_cordon_noir.jpgVoilà, le pas a été fait.

Quel pas ?

Un pas vers la Vie. Pour cesser de vivoter, survivre !

Je veux Vivre ! Cesser de sentir les limites de mon corps que je me suis imposée via l'anorexie.

Limites que je n'accepte plus. Je suis encore jeune, il reste tant de choses à accomplir sur tous les plans !

Il a fallu 6 ans. 8 arrêts en clinique. 8 impasses. 8 cul-de-sacs. Toujours faire face à un mur. Le mien, celui que je me suis créée mentalement.

Je suis en train de le détruire à coups de pelle !

Je porte mon petit boîtier, un RASC comme on l'appelle en médecine, qui me connecte à la vie, à une poche de nutrition parentérale, comme un cordon ombilical. C'est comme une renaissance. Douloureuse mais salvatrice...

Il faut parfois recourir à des traitements particuliers, voire extrêmes. Mais pour cela, l'esprit doit être prêt à lâcher prise. Je lâche tout, je ne veux plus rien contrôler !