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21/10/2010

Les Vomissements Provoqués. Purgatifs.

Dans les troubles du comportement alimentaire, il y a l’anorexie et la boulimie. Celles–ci peuvent être accompagnées de vomissements provoqués et/ou d’usage excessif de purgatifs tels que les laxatifs ou diurétiques. Il y a nettement plus de risques de faire des troubles du rythme cardiaque lorsqu’il y a vomissements et abus de médicaments. On perd dans les selles des électrolytes, et plus particulièrement le potassium. La variation brutale du potassium est dangereuse.

Les patientes savent la plupart du temps des risques qu’elles encourent mais c’est la politique de l’autruche. Et surtout une drogue.

Il n’est pas rare qu’une patiente prenne une plaquette entière de laxatifs pour se vider, en espérant que l’excès de nourriture ne soit pas entièrement absorbé. Combien de fois n’ai-je pas vu cela dans ma chambre… A s’en rendre malade, à se plier de mal au ventre, à se vider entièrement et avoir du mal à tenir debout car cela engendre une chute de tension par la déshydratation que ça engendre. Je ne comprends pas comment les laxatifs se trouvent dans les pharmacies sans prescription médicale ?! C'est dangereux !

Que de douleurs et de désespoirs. Une véritable accoutumance s’installe. Les laxatifs, leur drogue. Ce besoin de se vider, de se laver de l’intérieur car la nourriture est sale et couverte de honte. Avec cette phobie de prendre du poids. Toujours la même.

D’autres ont recours aux vomissements provoqués. Et là, je peux apporter mon témoignage ainsi que ceux des autres qui en souffrent. Je l’appelle la spirale infernale. C’est aussi une drogue. La solution facile pour ne pas prendre de poids. Un remède rapide pour remédier à la sensation insupportable de la satiété.

Un jour, lors de ma première hospitalisation, une patiente m’a expliqué comment elle faisait pour se faire vomir. A l’époque, je ne pensais pas que c’était une pratique si courante. Je souffrais parfois de vomissements spontanés lorsqu’on me forçait à manger au-delà de ce que mon estomac pouvait supporter. C’était devenu une phobie. J’avais peur de manger. Alors, j’ai essayé un jour de vomir. Sans résultat. J’ai essayé à nouveau. J’y suis arrivée. Quelle bénédiction, ai-je pensé ! Si je me sentais trop pleine, je n’avais qu’à vomir, et ce serait le remède immédiat.

Mais… Mais…

Quand on commence, c’est difficile de s’arrêter.

Quand on est en société, au restaurant par exemple, vous pouvez cacher votre problème alimentaire en mangeant normalement, comme les autres. Puis vous vous excusez pour aller aux toilettes. Ni vu. Ni connu. Sans odeur. Vite fait. Bien fait. Mais c’est un stress aussi car si vous n’arrivez pas à trouver un moment pour sortir de table, vous êtes là avec cette obsession de rejeter la nourriture. Vous vous coupez du monde. Vous n’entendez plus la conversation. Vous êtes paniquée. Puis, vous digérez, et vous ne sentez plus votre estomac. Ouf. C’est passé.

Et puis, il y a les repas avec la famille. Ou votre ami. On se décarcasse pour cuisiner un bon plat, celui que vous aimez. Vous ne pouvez pas refuser ou ne manger qu’une petite cuillère. Il faut se servir normalement. Et c’est là aussi que l’on rentre dans un cercle vicieux. Vos proches ont l’habitude de vous voir manger sans se douter que vous allez vous vider discrètement. Vous ne voulez pas attirer leur attention en mangeant moins, vous ne voulez pas qu’ils s’inquiètent pour vous. Alors, on entre dans le monde des apparences, du mensonge. « Tu n’es pas allée vomir, j’espère ? » « Non, pourquoi ? Je n’ai pas droit d’aller aux toilettes ? » J’en étais arrivée à ne plus avoir envie de manger car je savais à l’avance que j’allais finir aux toilettes. Le peu de plaisir qu’il me restait de manger a disparu à cause des vomissements.

Il y a plus de 3 ans maintenant que j’ai réussi à arrêter de vomir. C’était une véritable drogue aussi. Pour cela, j’ai demandé en clinique de me surveiller une heure après chaque repas. Je restais enfermée dans une pièce, à attendre, à lire, à gérer mon stress, à lutter contre le diable. Je passais la moitié de mon temps là-dedans. Et je m’en suis sortie.

Alors quand j’entends quelqu’un dire qu’elle aimerait bien pouvoir se faire vomir, je réponds sur le champ de ne jamais essayer car quand on y arrive, on continue. Et le cauchemar commence…

15/08/2010

L'Anorexie. Définition.

Il me semblait approprié de définir ce qu'est l'anorexie, de façon à ce que vous puissiez peut-être reconnaître des proches qui en souffrent.

Selon les critères actuels du DSM-IV relativement à l’anorexie mentale, toutes les conditions suivantes devraient être respectées :

a) refus de maintenir le poids corporel au-dessus de la normale minimale (moins de 85 % pour l’âge et la taille),

b) peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, malgré une insuffisance pondérale,

c) altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps (dysmorphophobie),

d) influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estimation de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle

e) aménorrhée pendant au moins trois cycles consécutifs chez les femmes menstruées (aménorrhée secondaire)

 

On peut distinguer pour la forme deux types d'anorexie mentale (outre le fait qu'on ait admis qu'il existe autant de manières d'être anorexique que de personnes souffrant du trouble) :

  • Type restrictif : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et n'a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (c.à-d. laxatifs, diurétiques, lavements).
  • Type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs : pendant l'épisode actuel d'anorexie mentale, le sujet restreint intensément son alimentation et a, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).

Souvent, ces restrictions s’accompagnent d’activités physiques ou intellectuelles intenses, toujours par peur de grossir. L'anorexie mentale est toujours liée à une psychopathologie et s'accompagne souvent aussi d'anxiété, de dépression, de repli sur soi et parfois de dépendances aux drogues ou à l’alcool. Elle peut prendre une forme explicitement ou implicitement suicidaire.

21/11/2009

Prise en charge de la Boulimie

Dans un article précédent, j'avais abordé l'autre trouble alimentaire qu'est la boulimie, fréquemment associée à l'anorexie.

En clinique, la prise en charge est assez similaire à l'anorexie.

L'envie de faire une crise est souvent liée à la frustration de la privation et naît lorsque le corps crie famine. Il faut donc briser ce cercle infernal en proposant à la personne des repas réguliers et des collations. Ceci permet non seulement de ne pas déclencher de faim et donc indirectement de crise. La frustration étant moindre aussi, les crises se passent moins fréquemment.

J'ai vu beaucoup de jeunes femmes avec de grandes variations de poids, allant jusqu'à 40 kilos parfois. Je n'ose imaginer leur souffrance. Certaines me disent que c'est une façon de se détester aussi. Plutôt que de se rendre maigre, elles choisissent la voie des rondeurs. Ce sont souvent celles qui ne se font pas vomir après une crise. Quand on pense qu'elles peuvent ingurgiter des milliers de calories, imaginons l'angoisse qui suit !

A ces temps de boulimie succèdent souvent l'anorexie, la restriction, pour perdre les kilos superflus. Jusqu'à ce que cela recommence. Mais ne perdez pas espoir ! Je connais pas mal de femmes qui sont sorties de la boulimie !