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26/05/2010

Mes Fameux Défis

Depuis des années, il y a tout un pan de l'alimentation qui n'existe plus pour moi. A force de se priver et de tout vouloir contrôler, j'ai réussi à faire disparaître de mes pensées les sucreries telles que biscuits, pâtisseries, glace et les plats riches comme les pizzas, les pâtes, les viandes grasses, les préparations en sauce. Aucun de ceux-ci n'éveillent envie ou gourmandise.

L'indifférence totale. Les gens qui m'entourent ont fait une remarque très juste : je mange comme si j'étais au régime ! Et ces habitudes sont devenues naturelles, de sorte que je ne m'en rends même plus compte.

Pour prendre du poids, je dois donc sortir des sentiers battus et explorer à nouveau ce panel alimentaire.

Il y a deux semaines, j'ai réussi avec beaucoup de courage et de fierté à toucher ces monstres sacrés. Ainsi la pizza, un plat de nouilles et un complément alimentaire y sont passés.

PUGLIESE.jpgCette semaine, je continue l'expérience mais je voulais ici vous faire part de ce que l'on peut ressentir lorsqu'on franchit une de ces barrières énergétiques. Figurez-vous que ce midi, j'ai commandé une pizza. J'ai réussi à en manger un bon tiers. Pour vous, ce n'est sans doute pas grand chose. Mais pour moi, c'est gros ! Très gros ! Et j'ai eu droit à un beau lot d'angoisses l'heure qui a suivi. La gorge nouée. Les mains qui tremblent. Le stress en somme.

Mon ami m'a alors demandé qu'est-ce qui m'angoissait dans cette pizza. Histoire d'un peu mieux comprendre ce qui peut se passer dans ma tête. En y réfléchissant, je voyais trois choses :

1/ le plat n'était pas diététique. Donc, il peut potentiellement me faire prendre du poids. Et, comme vous le savez peut-être si vous me suivez depuis un moment, prendre du poids veut dire quitter la maladie. Encore heureux, oui ! Mais... Quitter la maladie sous-entend que je vais perdre quelque chose, ce fameux bénéfice secondaire, qui se répand dans tous les plans de votre vie. Ca fait donc peur. On a tout simplement très peur de revivre normalement.

2/ la peur d'être malade et de devoir vomir. La satiété est déplaisante pour moi, et difficile à supporter. Tant que je la sens, je dois résister à l'envie de tout faire passer par dessus bord. Ce que je m'interdis depuis deux ans. J'ai donc peur de basculer à nouveau vers ce geste qui est si facile à faire. Ca peut devenir comme une drogue. Je le refuse !

3/ la culpabilité d'avoir éprouvé du plaisir en mangeant. La pizza était bonne. La pâte était fine et croustillante. Les légumes se mariaient bien avec le fromage et la roquette. Je me refuse tout plaisir parce que je ne m'aime pas. C'est une façon de se punir en somme.

Voilà ce qui peut se passer dans ma tête. Et c'est le cas pour beaucoup de femmes et hommes qui souffrent du même mal que moi.

Comment je me sens deux heures plus tard ? Bien. Je suis contente de moi. Cela me dérange toujours de savoir que je digère une pizza mais c'est trop tard à présent et je ne la sens plus. Je suis allée courir une vingtaine de minutes pour m'aider à évacuer la tension qui était en moi.

Prochain rendez-vous avec mon pote le complément alimentaire, je pense... :-)

02/05/2010

Dégradation Physique

Hier soir, mon ami et moi avons discuté de la situation, de ma santé en somme. Ses idées sont toujours bienvenues, même si parfois, cela peut être dur d'entendre. Car soit je suis rigide d'esprit et peux dire : " Non, ce n'est pas possible. Non, cela ne marchera pas", sans y réfléchir et clôturer de la sorte la conversation. Soit je fais face à mes insuffisances qui me rappellent ô combien la dure réalité, c'est-à-dire une vie pleine de limites et de souffrances.

Des maux pour le dire... Voilà sur quoi la conversation a abouti. Voir en face les gênes physiques quotidiennes consécutives à la persistance de la maladie. Bientôt 7 années que je suis tombée dans ce trouble alimentaire. 7 années de sous-poids. Et le corps trinque, et se dégrade.

Mon ami m'a suggéré de faire la liste de tous les symptômes négatifs que je ressens fréquemment. Et je fus étonnée du nombre auquel je suis arrivée. Cela fait réfléchir. Ca remet les idées en place. Une dure réalité qui ne peut plus durer ! Ca donne un coup de cravache !

Je vais vous les énumérer :

- chutes de tension orthostatiques

- malaise vagal

- fatigue physique et psychologique, l’asthénie

- irritabilité, dépression

- mauvaise adaptation à la chaleur

- frilosité

- constipation, flatulence et perte des muscles ad hoc.

- douleur d'estomac, gastrite

- douleurs cervicales

- douleurs épaules et dorsales

- céphalées de tension et névralgie d’Arnold

- contractures et tendinites lors d'efforts exagérés

- mauvais sommeil

- caries dentaires et décalcification maxillaire

- ostéopénie

- malabsorption du fer et du calcium

- phénomène de Raynaud

- douleur des poignets

- sécheresse cutanée

- ongles cassants

- perte de cheveux

- fonte musculaire générale

J'en suis déjà à 22 gênes et je suis sûre que j'en oublie l'une ou l'autre. Sans compter toutes les limitations qu'elles entraînent, que ce soit sportives, professionnelles ou dans les loisirs. Je fais subir à mon corps une guerre qui portera des stigmates irréversibles si cela continue ! Cette liste m'a rappelée à l'ordre. Je ne peux ni ne veux accepter cela ! Et pour ça, je dois tout simplement manger. Manger plus.

La balance penche nettement vers le +. Reprendre du poids pour moins souffrir déjà.

Alors, j'ai pris des résolutions. Je me suis lancée des défis. J'ai défini un objectif : je dois manger chaque jour quelque chose d'inhabituel ou un aliment qui fait peur. Je dois sortir de la spirale, du cercle vicieux des aliments qui rassurent, des à priori et des "je n'ai pas envie". Alors concrètement, cela donne quoi ? Un tiers de pizza comme dîner et un complément alimentaire comme collation. Vous trouverez sans doute que ce n'est pas grand chose. Mais pour moi, c'est déjà beaucoup et j'en suis fière. Les grandes victoires commencent par des petites, non ?