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19/06/2010

Jamais 9 sans 10

Depuis ma sortie de clinique en mars 2010, je fais le point avec mon médecin psychiatre tous les mois. Pour rappel, le dernier séjour a duré 5 mois. J'étais arrivée dans un état dépressif important lié à la fatigue et à la mauvaise gestion psychologique du traitement par alimentation parentérale à domicile (cfr articles de septembre 2009). Je suis sortie avec 1,5 kilo de plus en sachant très bien que je devrais envisager un prochain séjour si je n'arrivais pas à remonter la pente à domicile. Et puis, soyons honnête avec soi-même, je n'étais pas disposée à prendre du poids. Il y avait de la censure...

Jusqu'à présent, depuis 2003, il m'a toujours été impossible de prendre un seul kilo à la maison. Quand j'allais en consultation chez mon médecin et que l'on convenait de renforcer le planning alimentaire quotidien, soit je faisais un petit effort qui ne durait que deux ou trois jours, soit je ne faisais rien. Blocage total. Le résultat était toujours le même : à tel poids, retour en clinique.

Sans cesse, la petite ritournelle...

3 mois ont passé. Le bilan que je tire est positif malgré la perte de poids. Pour la première fois, il m'a été possible de renforcer de façon hebdomadaire les objectifs alimentaires et de m'y tenir surtout. Et là : grande victoire ! Les grandes victoires commencent par des petites, non ?

Cependant, la perte de poids engendre une grosse fatigue physique et psychique. Je ne trouve plus la force de me battre seule contre mes démons. J'en arrive au point où j'ai envie de faire grève, c'est-à-dire que je me laisserais complètement aller. Je ne mangerais que si j'en ressens le besoin et resterais allongée le plus possible. Ce serait une façon pour moi de dire :"Je n'en peux plus. Aidez-moi ! Venez me chercher." Mais je ne peux pas le faire par principe. Je ne veux pas faire souffrir les gens qui m'aiment, que ce soient mes parents ou mon ami. Et je trouve cela indécent. Alors, j'ai tiré la cloche d'alarme en consultation il y a quelques jours. Mon médecin m'avait demandé de réfléchir à une nouvelle hospitalisation, ce que j'ai fait. J'ai longuement parlé de cela avec mon ami, on a pesé le pour et le contre, et il va de soi que la santé à elle seule fait le poids sur tout les reste, y compris notre relation. Mais nous nous aimons suffisamment pour traverser l'épreuve du temps; le but étant de pouvoir vivre pleinement le NOUS à la sortie et m'épanouir dans tous les domaines.

Jamais 9 sans 10 pour moi. La 10ème hospitalisation s'annonce...

Je veux un contrat de poids cette fois-ci, comme à mes deux premiers séjours. Un cadre strict où je ne pourrai me défiler. Je m'étais déjà engagée à ma sortie en mars de manger 3 compléments alimentaires en collation (ce que j'ai toujours violemment refusé) en plus des repas normaux, si je revenais pour prendre du poids. Les causes ont été travaillées. Je ne dois plus les chercher. Je dois juste lâcher prise sur les chiffres et accepter que les kilos montent.

Et j'y crois encore !

18/11/2009

J+20

Presque 3 semaines en clinique. Les jours passent et se ressemblent. Quelle monotonie ! Mais ce serait pire dehors, à être en congé maladie, et tourner en rond. Personne à qui parler, sentir le poids des murs, le froid d'un appartement sans âme.

Le but de ce blog ne fut pas d'étaler mes états d'âme initialement mais aider toute personne à comprendre cette maladie. Mais peut-être pour mieux la saisir, avez-vous besoin de savoir à quel point on peut se sentir désemparée et à bout de force. Je ne me sens bien nulle part, je ne sais pas ce que je vais devenir.

Actuellement, il faut m'aider à passer le cap de la dépression car comment voulez-vous que je puise l'énergie pour combattre l'anorexie quand je ne pense qu'à en finir ? Mon psychiatre a pu l'entendre. On met le trouble alimentaire de côté.

Qu'a dit la balance les deux dernières fois que j'ai mis mes pieds dessus ? +700 gr (super !) puis -700 gr (oh non !). Je mange environ 500 calories de plus que chez moi où mon poids était stable, sans changement ! Là je désespère. Je ne peux pas faire plus. Pour le moment en tout cas. Pour un temps. Court ou long ? Je n'en sais rien et ne cherche pas à le savoir !

31/10/2009

Tout Bascule

 

539004.jpgTOUT BASCULE ! C'est le thème de cette année pour envoyer une nouvelle dans le cadre de l'ancienne fureur de lire.

Elle tombe bien car je tiens mon sujet : MOI.

Trêve de sarcasme.

Alors que tout était mis en place à domicile pour que je reprenne doucement des forces, c'est le moral qui fut en chute libre. La cause du plongeon dans ces eux troubles n'est pas clair. Même avec masque de plongée, je ne serais pas plus avancée ! Je fais des bulles. Je respire encore, je me débats dans l'eau. Pour maintenir la tête hors de celle-ci. Mais je suis venue à me demander quel était le sens de ma vie. Après ces 6 années d'aller-retour à la clinique, qu'ai-je accompli ? Je ne veux plus rien. Je suis fatiguée de recommencer toujours d'une autre façon.

"Tomber 7 fois, se relever 8 fois" dit le proverbe japonais. Philippe Labro a aussi écrit un livre sur sa dépression à ce sujet.

Puis-je ajouter une fois de plus, histoire de me sentir plus en phase ?

Perdre le sens de sa vie. Se demander à quoi on sert. Etre persuadé qu'il n'y a plus rien à faire. Alors que tout est à faire autrement. Jamais je n'ai ressenti pareil vide. Un avenir blanc.

Un torrent de larmes dans les yeux, j'appelais mon frère hier, désespérée, à lui demander ce que je vais devenir. Que je n'avais plus d'espoir, plus la foi en la vie. Et il m'a répondu :

- C'est comme si tu étais en pleine tempête sur un bateau. On ne voit plus terre mais mer déchaînée, grosses vagues, la pluie battante. Vas-tu organiser le banquet prévu sur le pont dans pareil climat ?.

-Bien sûr que non !

-Eh bien, cesse de rechercher l'idéal, abandonne le perfectionnisme. Attends que la tempête passe et la sérénité tu regagneras.

Là-dessus, mes larmes ont séché.

Je suis bien pour la 9ème fois dans cette clinique. Je n'ose plus croire qu'un jour j'irai mieux mais il y a cette petite veilleuse en moi, comme l'appelle ma psychologue, qui est minuscule et que je ne vois plus, mais elle brille encore dans mes yeux.

La remarque de mon psychiatre très pertinente : tout vous laisse indifférente, vous avez plongé dans le noir mais le poids n'a pas fini dans le rouge. Vous auriez en temps normal cesser de manger, mais la discipline fut maintenue. Le pilier le plus fragile fut cette fois-ci le plus fort !

Ne devrais-je pas me dire que c'est bon signe ? Oui, sans doute. On verra...