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28/11/2009

J+30

fghjghc.jpgUn seul mot : DESESPERANT ! A la fois pour moi mais aussi pour le personnel soignant, d'après mon psychiatre. Comment me soutenir, et comment soutenir son équipe, me demande-t-il ? J'avais ce regard placide alors qu'à l'intérieur, je criais de désespoir. Je ne dis pas grand chose lors de la séance de vendredi. J'errais quelque part en moi et écoutais sa théorie sur une éventuelle piste qui serait la cause de la rechute du moral. Quand vous sentez que personne ne peut plus rien pour vous, sinon moi-même, cela fait plonger le moral de façon abyssale.

Ce qui me désespère ? Des pesées négatives alors que je mange à m'en dégoûter. Je force l'entrée des aliments, avec courage et persévérance. Je pensais que ça allait payer, que je serais récompensée de mes efforts mais non... NON ! Cet engin qui pèse montrait des chiffres indiscutables, ceux qui sous-tendent que je ne mange toujours pas assez ! Cette semaine, j'ai donc perdu 300 grammes puis 200 grammes, soit un demi-kilo. Pour vous, ce n'est rien. Mais pour nous, patientes, ils disent tout, ils ne mentent pas et nos médecins ne voient qu'eux. Je n'ai donc pris que 200 grammes depuis mon admission. Soupir...

Combiné à cela, ma prise de sang est moins bonne : les neutrophiles descendent un peu, l'anémie augmente, les protéines sont en chute libre. Le syndrome de renutrition en somme.

Mais, aujourd'hui, je n'abandonne pas le navire. Je sais que je bloque sur beaucoup de choses, comme sur les compléments alimentaires hypercaloriques. Je les digère mal, c'est lourd sur l'estomac et c'est trop sucré et écoeurant, pour moi en tout cas. Mais je pense que je dois faire des efforts, ne fut-ce que par intervalle de quelques jours, pour faire un "jump" dans le poids.

 

01/08/2009

H O M M A G E

2200336675_1.jpgElle était belle, touchante, avec un style bien à elle. Elle avait grand coeur mais dans ses yeux transparaissait une souffrance terrible. La vie ne l'avait pas épargnée. Elle souffrait d'anorexie/boulimie et d'alcoolisme, dépendance assez fréquemment rencontrée dans les troubles alimentaires. Je l'avais rencontrée en clinique il y a quelques mois. Elle avait dû la quitter trop tôt parce qu'elle avait enfreint le règlement d'abstinence. Lorsqu'elle est partie, je la sentais très fragile et désespérée. Fatiguée de lutter contre ses démons. Elle ne savait où aller.

Elle a tenté bien que mal de garder la tête hors de l'eau et à faire face, jour après jour, à la vie. Mais ses souffrances ont certes été mésestimées et mal reconnues par ses proches, par ses médecins, par tout ceux et celles qui la côtoyaient. Son sourire et ses yeux pétillants cachaient bien le drame terrible qui allait se produire. Un beau matin, elle a décidé que c'en était trop. Elle a mis fin à ses jours. Elle n'avait que 23 ans.
Dieu que c'est terrible. Le choc eut raison de moi et de mon self-control, les larmes ont jailli comme les jets d'une fontaine. On se reconnaît toutes un peu en elle. Non seulement il y a l'attachement de vivre ensemble en clinique mais beaucoup de femmes/ados souffrant de troubles alimentaires ont déjà un jour pensé au suicide.

J'y ai pensé déjà maintes fois. Comme une option ultime au cas où je ne pourrais plus porter cette maladie en moi. Elle nous bouffe au sens propre comme au figuré !

Je lui rends donc hommage. Repose en paix ma belle. Tu avais souvent la tête dans les nuages... ;-) Ton âme doit être là-haut, quelque part... Là au moins, tu ne souffres plus...

Je ne t'oublierai jamais...