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21/10/2009

Pauvre Estime De Soi

 

299425716.jpgNous n'avons pas beaucoup d'estime pour nous-mêmes. Il est très fréquent de nous entendre dire qu'on est nulles, qu'on est des ratées, qu'on ne vaut rien, qu'on ne mérite rien, qu'on est inutiles. Que notre vie est un vrai désastre ! Et comme il s'agit d'une maladie classée "psychologique", c'est encore pire. On a peur d'être prises pour des folles. Nous ne le sommes pas, nous souffrons et nous sommes lucides.

Je souffre beaucoup de ce sentiment. Tous les jours, ces phrases me viennent en tête et m'obsèdent. Je regarde alors mon parcours professionnel et je vois cette fracture dans mon CV en 2003. Tout était parfait, toute ma formation se passait dans les temps, avec mention, jusqu'à ce que je fasse ce fameux burn-out qui a induit cette anorexie qui continue à me pourrir l'existence. Je vis cela comme un échec personnel. Tout mon amour propre en prend un coup. Je ne cesse de penser à ce regard que mes collègues pourraient avoir de moi et à la hiérarchie qui se trouve au-dessus de moi. J'ai toujours l'impression d'avoir une épée de Damoklès au-dessus de la tête, qu'un jour, on me poussera dehors définitivement, en me disant que je ne serai jamais apte à terminer ma formation.

On perd confiance en soi. On se compare et on se voit derrière tout le monde. On a l'impression qu'on ne finira jamais nos études.

Il est inutile de dire que les jeunes filles atteintes de troubles du comportement alimentaire redoublent fréquemment leur année en secondaire, si pas une fois, deux ou trois fois. Etre en clinique suppose de ne plus pouvoir suivre les cours. Certaines reçoivent cependant des cours particuliers et des notes de cours et passent quand même leurs examens, parfois brillamment, mais c'est loin d'être le cas pour toutes. Certaines atteintes d'anorexie sévère avec multiples rechutes n'obtiennent pas leur diplôme de secondaire et débutent leur vie d'adulte avec ce boulet.

Pour celles comme moi qui sont tombées malades après leur diplôme universitaire, le parcours professionnel est chaotique, entaché de nombreuses interruptions. Vous penserez peut-être que j'ai de la vaine comparée aux plus jeunes, mais ce n'est pas le cas. Car la voie que j'ai choisie entre encore dans un cadre académique. J'ai besoin d'un deuxième diplôme qui lui tarde... tarde... l'obtiendrais-je un jour ? Aujourd'hui, je me dis "jamais". Demain, je dirai "peut-être" ou "certainement". Je sais au fond de moi que j'ai toutes les capacités intellectuelles pour réussir, que j'ai l'esprit vif et compétent, que j'ai des qualités humaines que d'autres n'ont pas car je suis passée au travers d'un tas de souffrances qui m'amène à mieux comprendre autrui et à montrer plus de compassion et d'empathie. Mais le jour où je postulerai pour un poste, on regardera mon fameux CV d'abord et il est clair que je passerai après un autre candidat.

La société vit dans le monde des apparences et c'est bien cela qui attise cette misérable perception de soi-même.