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12/03/2011

J-6 de ma sortie de clinique

Le compte à rebours a commencé.

J-6 avant ma sortie de clinique. L'objectif est atteint. 8 mois et demi plus tard.

Starting_block-GED-423x283.pngJe me souviens de mes premières fins de soirée. Je sortais de la chambre avec des larmes de crocodile. J'avais si peur que ce "déclic" soit factice, qu'il dure l'espace de quelques jours puis s'envole. L'anorexie nous berne si souvent qu'on en vient à se méfier de ce qu'on pense et ressent. Mais cette conviction intérieure que j'allais atteindre mon but ne m'a jamais quittée. Il est difficile de décrire ce sentiment qu'on a en soi, porteur de belles choses à venir. On sait qu'on va lâcher prise. C'est tout. Et il faut se montrer réaliste. On va avoir mal au ventre, à l'estomac tellement on met des couches en mangeant 6 fois par jour. Ce sont des moments cauchemardesques parfois. Mais il faut passer au-dessus, se dire que ça va s'arrêter, qu'on va digérer. Puis, on s'y fait et ça devient plus facile. Il faut aussi être entêtée. Ne pas relâcher les efforts dès la prise de poids qui effraye. Il faut se dire : "C'est comme ça. Tu le savais dès le départ." Et souffrir en silence. Mais ça finit aussi par passer. On peut avoir dur aussi avec la nouvelle silhouette. Je ne souffre pas de dysmorphie. Je ne me vois pas "grosse" mais je me vois différente, avec plus de chair. Il y a des jours où je me dis que j'ai pris assez de poids puis d'autre où je suis réaliste car mon BMI n'est pas encore à 16.

Tout ça, on le sait dès le départ. Et si on a la force de se dire "c'est comme ça !" et continuer, alors on est en train de gagner une grande bataille.

Mais tout reste encore à faire à l'extérieur. Il y a le cap clinique mais aussi celui de la vie de tous les jours. On bouge plus à la maison. On est plus actif. Cela entraîne en général rapidement une perte de poids d'un kilo environ. Il faut donc rester très vigilant. Jusqu'à présent, dans mon parcours, je n'ai jamais pu stabiliser mon poids à domicile. Je reperdais en 2 ou 3 mois les kilos acquis. Ici aussi, je sens au fond de moi que je vais arriver à gérer mon poids de telle façon que je puisse revivre normalement et reprendre mon travail. Enfin !

Nous n'en sommes pas encore là. Mais si je peux donner un peu d'espoir ici aux personnes souffrant de la maladie et à leurs proches, c'est qu'on peut s'en sortir, même dans une chronicité de longue date, alors que tout semblait figé. J'étais une personne très difficile pour manger, qui n'acceptait les compléments alimentaires, ne voulait pas élargir la gamme d'aliments, au point que je mangeais toujours la même chose, et de me lasser de tout pour finir.

Il y a un moment où l'on racle le fond. Il y a deux solutions...

Soit on rebondit pour remonter à la surface, soit on se laisse flotter en tentant de vivre avec le moins d'oxygène possible.

06/09/2010

Le Ventre, Notre Fléau !

S'il y a bien une souffrance physique commune, ce sont les maux de ventre, plus particulièrement la constipation. Elle trouve sa raison d'être dans les antidépresseurs, l'anorexie en elle-même, l'utilisation chronique de laxatifs et la prise de fer et de calcium. 5 causes qui l'entretiennent ! Nous ne sommes pas sorties de l'auberge !

Nous en parlons souvent entre nous car il n'y a pas un jour qui passe sans avoir mal. Que ce soient des flatulences, des crampes, un ballonnement inconfortable. Manger dans pareilles conditions devient difficile quand le transit n'a plus bougé depuis quelques jours. C'est un cauchemar parfois. Il arrive qu'on ne sache plus marcher droit. On est pliée en 4 pour faire baisser la douleur. On a parfois la chance de tomber sur la kiné qui nous masse alors le ventre. C'est terriblement inconfortable mais efficace. Ca soulage. De même, mettre un hot pack sur le ventre. Les douleurs s'estompent.

Je me trouve parfois si ballonnée quand je me vois dans le miroir. Enceinte de 3 mois. Mais c'est une mauvaise perception car la plupart des autres patientes sont pire que moi. Ce qui peut causer un ventre rond est aussi cette grande quantité de liquide que certaines avalent pour se remplir. Comme une drogue. C'est de la potomanie. J'en ai parlé précédemment dans ce blog.

Bref, on est toutes logées à la même enseigne !

 

02/05/2010

Dégradation Physique

Hier soir, mon ami et moi avons discuté de la situation, de ma santé en somme. Ses idées sont toujours bienvenues, même si parfois, cela peut être dur d'entendre. Car soit je suis rigide d'esprit et peux dire : " Non, ce n'est pas possible. Non, cela ne marchera pas", sans y réfléchir et clôturer de la sorte la conversation. Soit je fais face à mes insuffisances qui me rappellent ô combien la dure réalité, c'est-à-dire une vie pleine de limites et de souffrances.

Des maux pour le dire... Voilà sur quoi la conversation a abouti. Voir en face les gênes physiques quotidiennes consécutives à la persistance de la maladie. Bientôt 7 années que je suis tombée dans ce trouble alimentaire. 7 années de sous-poids. Et le corps trinque, et se dégrade.

Mon ami m'a suggéré de faire la liste de tous les symptômes négatifs que je ressens fréquemment. Et je fus étonnée du nombre auquel je suis arrivée. Cela fait réfléchir. Ca remet les idées en place. Une dure réalité qui ne peut plus durer ! Ca donne un coup de cravache !

Je vais vous les énumérer :

- chutes de tension orthostatiques

- malaise vagal

- fatigue physique et psychologique, l’asthénie

- irritabilité, dépression

- mauvaise adaptation à la chaleur

- frilosité

- constipation, flatulence et perte des muscles ad hoc.

- douleur d'estomac, gastrite

- douleurs cervicales

- douleurs épaules et dorsales

- céphalées de tension et névralgie d’Arnold

- contractures et tendinites lors d'efforts exagérés

- mauvais sommeil

- caries dentaires et décalcification maxillaire

- ostéopénie

- malabsorption du fer et du calcium

- phénomène de Raynaud

- douleur des poignets

- sécheresse cutanée

- ongles cassants

- perte de cheveux

- fonte musculaire générale

J'en suis déjà à 22 gênes et je suis sûre que j'en oublie l'une ou l'autre. Sans compter toutes les limitations qu'elles entraînent, que ce soit sportives, professionnelles ou dans les loisirs. Je fais subir à mon corps une guerre qui portera des stigmates irréversibles si cela continue ! Cette liste m'a rappelée à l'ordre. Je ne peux ni ne veux accepter cela ! Et pour ça, je dois tout simplement manger. Manger plus.

La balance penche nettement vers le +. Reprendre du poids pour moins souffrir déjà.

Alors, j'ai pris des résolutions. Je me suis lancée des défis. J'ai défini un objectif : je dois manger chaque jour quelque chose d'inhabituel ou un aliment qui fait peur. Je dois sortir de la spirale, du cercle vicieux des aliments qui rassurent, des à priori et des "je n'ai pas envie". Alors concrètement, cela donne quoi ? Un tiers de pizza comme dîner et un complément alimentaire comme collation. Vous trouverez sans doute que ce n'est pas grand chose. Mais pour moi, c'est déjà beaucoup et j'en suis fière. Les grandes victoires commencent par des petites, non ?