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15/02/2010

J+119

clarte.jpgOui, je suis toujours en clinique. Les circonstances actuelles y contribuent. Absence de chez moi, je vivais de façon transitoire chez mes parents. Mon ami vit en Suisse. J'ai arrêté les recherches d'un appartement. Je suis dans une phase de questionnement professionnel. Ma santé n'est pas formidable. Tout est en suspend. Et c'est dur. Trouver ce qui est le meilleur pour moi.

Récemment, suite à de durs événements familiaux, j'ai pris conscience, vraiment, de la fusion avec ma mère. Les sentiments négatifs que je ressens, la tristesse, la quête éperdue de quelque chose, ne m'appartiennent pas. Ils viennent de ma mère, de ses sacrifices en tant que mère et femme. Je commence à voir QUI je suis, et qu'est-ce qui fait que je suis MOI. Je dois m'éloigner d'elle.

J'ai pris conscience aussi que mes parents me rassurent dans la maladie. Alors pourquoi vouloir la quitter ? En me demandant pourquoi j'avais peur d'aller vivre en Suisse, j'ai réalisé que j'avais régressé dans un rôle de "petite fille" qui a peur des responsabilités. Cela ne fait guère plaisir de le savoir et de le comprendre. Aussi, j'ai pu réagir violemment en me disant que chaque bouchée que je mangerais, me permettra d'abandonner cette petite fille pour redevenir une femme, dans tous les domaines.

J'ai donc finalement envisagé de reprendre activement du poids. Je voulais donner moins d'importance à l'anorexie pour qu'elle disparaisse mais cela ne suffit pas. Je stabilise. C'est confortable. Je ne perds plus de poids et mange ce que je veux, sans frustration, sans pensées obsessionnelles.

Le petit poids va donc devoir rouler dès maintenant...

12/09/2009

Eclaircie

IMG_2940.jpgIl y a un mois, la médecine du travail a donné son aval pour la reprise de mon travail, sous la condition de ne point faire de gardes. Termes accordés par la direction.

Je fus très heureuse de retrouver mon milieu professionnel et mes collègues. Mais après deux semaines, la fatigue était tellement ample que j'ai failli laisser tomber pour me soigner à nouveau. Un tunnel qui n'en finissait pas ! Mais je pris le rythme tout doucement et fis mes marques. J'ai cru ne pouvoir passer au-dessus de la fatigue... Même avec une volonté de fer, mon corps me disait "merde" ! Je dormais mal, je somnolais au volant le matin, j'avais de multiples chutes de tension et l'impression de voler dans les couloirs. Alors que ma discipline alimentaire restait de fer !

J'ai retrouvé un certain équilibre que je sais précaire. Je n'ai plus de marge en terme de poids. J'essaie de vivre et de penser à autre chose mais quand la maladie vous a attrapé huit fois déjà, il y a de quoi devenir fataliste et finir par se dire : "Une fois de plus ! Au point où j'en suis !". Ce n'est pas une attitude positive, je le sais, et c'est pour cette raison que je n'abandonne pas le combat. Je ne peux plus vivre comme cela. Je ne VEUX plus me contenter de survivre. Je veux VIVRE ! Me sentir bien, être en forme, avoir l'énergie pour une vie privée et sociale, ce qui me manque cruellement depuis la reprise. Je suis en mode "boulot-dodo". Et même si mon travail m'a permis de retrouver l'estime de moi, il me manque mon propre respect. Celui du corps, qui nous porte, nous supporte toute la vie. Et c'est une belle machine, croyez-moi !

Et la guérison passe d'abord par se respecter !

Alors, j'ai consulté un médecin pour trouver une solution peu courante. A problème exceptionnel, solution exceptionnelle... Si cela peut aider ne fut-ce qu'une personne se trouvant dans ma situation et qui se retrouve sans cesse dans un cul-de-sac, si cela peut donner une idée aux familles qui font face à l'anorexie, alors cela vaut vraiment la peine que j'en parle !

A suivre...

29/06/2009

Le Comportement Des Proches

Il me semble important d'évoquer un instant comment l'anorexie est vécue par les proches.

Je vais prendre ici mon propre exemple. Les réactions sont multiples et dépendent de chaque modèle familial ou conjugal. Il y a tendance à la généralisation des comportements que suscitent cette maladie qui touche de plus en plus de jeunes filles, femmes et même hommes. Chaque personne est unique bien évidemment et doit le rester. Le tout est de comprendre les voies qui "activent" ses mécanismes de privation.

Pour ma part, lorsque j'étais en couple, mon compagnon avait fait de ma maladie son propre combat. Il voulait tellement bien faire qu'il faisait pire, inconsciemment. Je n'ai compris le cercle vicieux que lorsqu'a débuté une thérapie de couple. La maladie avait étouffé le couple, le NOUS, et il convenait de retrouver des moments privilégiés pour que la relation puisse s'épanouir davantage. Nous étions en fait pris dans un fol engrenage. Au plus mon ami combattait avec moi et luttait contre la maladie, au plus elle se réactivait, comme si je voulais me réapproprier à la fois mon combat et ma maladie. C'est comme si je disais : "Eh, c'est mon combat, rends-le moi. Regarde, tu fais pire que mieux, je mange encore moins !". 

Forcer, obliger, menacer, commenter, ne servent à rien. On redevient comme un enfant. Au plus on nous dit que ce n'est pas bien, au plus on le fait. Il n'y a pas de bonne attitude mais celle qui marche le mieux mais qui est le plus difficile aussi est l'indifférence. Non pas dire qu'on en a rien à faire mais montrer sa présence et son soutien. Sonder les difficultés en-dehors des repas, calmement.

Le ressenti le plus fréquent des proches est l'IMPUISSANCE. Ce que j'ai fini par comprendre après plus d'une année d'hospitalisation, c'est que la guérison ne dépendait que de moi. On a tendance à chercher les réponses dehors plus qu'en soi. Ce n'est pas qu'une question de volonté, c'est beaucoup plus compliqué que cela. Ce serait l'objet d'un autre article.