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03/03/2010

J+135.

2652882149_df8a659c6a.jpgLA RAGE AU VENTRE. J'aurais pu intituler cet article de la sorte. C'est mon ressenti actuel.

La Rage. Contre l'anorexie. Contre ses subterfuges. Contre ses malentendus. Contre ses leurres. Contre la raison de son existence.

JE NE SUIS PAS D'ACCORD ! Je ne suis PLUS d'accord de vivre au minima, de limiter mes activités, de vivre au ralenti et de ne pas pouvoir profiter à fond de mes passions et de l'homme que j'aime !

Alors, oui, je suis toujours en clinique. Non, l'anorexie ou la dépression adjacente ne se règlent pas en quelques semaines. Nous ne sommes pas en médecine interne, nous sommes dans une spécialité bien plus complexe que cela, moins objective, puisqu'elle touche le psychisme et bon sang comme nous sommes complexes !

La rage au ventre donc, je fais des efforts à chaque repas pour que rentre chaque jour un petit peu plus de nourriture. Pour soutenir la satiété et la supporter. Contre l'ancienne idée qui revient parfois de vomir pour un soulagement immédiat.

Et je regarde avec rage le chiffre qui s'affiche sur la fameuse balance. J'ose le regarder, le chiffre. J'ose le défier. J'ose soutenir mon regard. Et j'assume le changement. La première semaine d'action n'a rien donné. Je fus limitée par la taille de mon estomac. Mais la semaine dernière, j'ai pris 600 grammes. Rien pour vous sans doute. Votre poids ne se compte pas en centaines de grammes mais en kilos. Ici, même 100 grammes comptent. Un peu débile mais c'est comme ça. Mes états d'âme ? Je n'en eus point. Je fus juste soulagée d'être passée à l'unité supérieure. Mais hier, contre toute attente, alors que mon poids n'avait pas bougé, cela a fait mal. Mais un MAL qui me faisait du bien. Je suppose qu'inconsciemment j'espérais perdre pour expliquer cette réaction. Mais j'ai joui de ce mal qui ronge. J'ai fait un pied de nez à la maladie. Je l'emm... et qu'elle aille se faire voir ! Je veux souffrir et voir le poids monter. Répondre en mangeant mieux, pas moins. Qu'elle aille se faire voir ailleurs ! Je ne veux plus qu'elle ait de place.

Bien entendu, ce n'est pas en ayant déchiffré son message dans les différents piliers de ma vie que j'ai ce fameux déclic. On ne se met pas à manger "normalement" du jour au lendemain. Je ne sais d'ailleurs même plus ce que c'est, en-dehors de la clinique. J'essaie alors juste de suivre les troupes.

Ma sortie de clinique se profile tout doucement. Avant fin mars en tout cas. Avec l'espoir d'arriver, pour une fois, à prendre seule du poids dehors ! Exercice impossible depuis le début. Mais je dois essayer. Un homme merveilleux m'attend dehors. Il ne me demande pas de sortir car c'est ma décision mais cela nous remplit de joie de savoir que tout bientôt cet amour pourra être partagé au quotidien.

NE JAMAIS PERDRE ESPOIR. AVOIR FOI EN LA VIE. J'AI FOI. Mais peu foi en moi pour le moment. Je me méfie de moi-même...

10/11/2009

J+12

veilleuse.jpgDéjà 12 jours en clinique. Ca va vite dans le temps mais ici, il y a des moments creux dans la journée où l'aiguille de l'horloge tourne au ralenti. Quand je travaillais, je ne voyais pas passer les heures. Les jours de la semaine s'enchaînaient à toute al lure. Cette période d'activité me manque mais je ne suis pas en état physique pour me lancer dans les tranchées.

Que peut-on faire en clinique pour s'occuper, allez-vous demander. Comment est-ce supportable ? Il y a un centre d'ergothérapie où on peut peindre, dessiner, bricoler, sculpter, faire de la déco, de la reliure, un atelier écriture, des vieux ordinateurs qui fonctionnent, des séances de détente et de gym, enfin il y a des activités sportives.

Pour ma part, je suis assez solitaire. Je tiens mes méninges occupées en permanence pour ne pas trop penser à ce que je fais ici et manque dehors !!! L'écriture et la lecture sont mes meilleures amies.

Pour ce qui est du "petit poids qui roule", cela ne décolle pas des masses, c'est le cas de le dire : +300 g, +200 g, -200 g. On m'oblige à monter sur leur balance deux fois par semaine. Et dire que je ne veux plus qu'ils me parlent de kilos, de calories mais de bien-être !!! Je ne suis pas qu'un amas de chair. J'ai ma cervelle qui peut me dire si je me sens bien ou pas !

Le moral est au fond de l'océan en ce moment. Je nage dans des profondeurs obscures, sans lumière visible. Mais je retrouve la Foi. Ma psychologue me dit de faire confiance à cette petite veilleuse qui est en moi mais que je ne vois pas...