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12/06/2010

Guérir, c'est accepter de perdre quelque chose...

Depuis deux jours, j'ai plongé dans un état d'esprit négatif. Avec des pensées telles que "je ne m'en sortirai jamais; je laisse tomber mes efforts, ils ne servent à rien; je suis fatiguée de me battre; je n'ai plus l'énergie psychique". Je vivote. Ca, je sais très bien le faire.

J'ai eu une conversation avec une amie qui me connaît bien. Face à mon négativisme, elle m'a dit des choses très justes, pertinentes. Et si à un moment, j'avais envie de pleurer et de me lever, c'est que quelque chose de dur m'a secoué et si ça secoue, c'est qu'il y a une part de vérité.

Ce que je retiens, c'est que oui, pour m'en sortir, je dois accepter de perdre des choses...

Mais quoi ?

... Mon rêve de redevenir la jeune femme d'avant mon burn out. La superwoman, la forte, l'imperturbable. Celle qui gère parfaitement toute situation et qui est d'autant plus performante que lorsque le stress la frappe. Je ne serai jamais plus la femme de 2003. J'ai changé et c'est fort heureux car cela me rend plus humaine.

... Mes filets de sécurité, qu'ils soient un lieu comme la clinique dans lequel j'ai toujours plongé pour me donner bonne conscience en me disant que cela prouve que je veux m'en sortir et que je ne veux pas perdre de temps en-dehors à ramer pour reprendre du poids seule. Or, on constate que je ne prends quasi plus de poids dans un milieu hospitalier. La limite est atteinte. Un autre filet est le financier. Un jour, on pourrait me dire que je ne pourrai plus bénéficier des indemnités. Je devrai pouvoir affronter cela et reprendre mes responsabilités. Le dernier coussin est le familial. Je dois accepter de le laisser tomber et ne plus le voir comme une option de secours.

Je dois accepter des vérités difficiles à voir et à entendre...

Comme ?

... Le regard des autres qui peuvent me regarder de travers et me juger. Nous sommes dans une société d'apparences. Quand on voit une femme maigre, on se dit qu'elle est anorexique, avec la connotation négative du mot et de la maladie, parce qu'elle est d'ordre psychique. Or, elle ne va peut-être pas plus mal que la moitié de la population. Les antidépresseurs et anxiolytiques font partie des médicaments les plus prescrits en Belgique.

... Oui, je suis une "assistée" de la société, une marginale, car je ne gagne plus ma vie par moi-même pour le moment. Tout comme les personnes au chômage. On ne choisit pas d'être malade tout comme on ne contrôle pas les licenciements, surtout en ces temps de crise. On les subit.

... Oui, je dois accepter que pour le moment, je suis faible et fragile et que oui, je ne vais pas bien, donc je ne mange pas assez car manger serait dire un grand oui à la vie et je ne fais que le murmurer...