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18/08/2010

8 Semaines.

Nous arrivons doucement à 8 semaines de clinique. Il y a une semaine, j'étais toujours engluée dans la vase de la stagnation. Je préférais ne pas en parler car je pensais qu'il valait mieux donner des notes d'espoir, pour vous, les lecteurs, qui me suivez. A force de lire des échecs, des frustrations, des notes grises, des creux de vague, je ne voulais surtout pas que les personnes qui souffrent de près comme de loin de l'anorexie, perdent leurs espoirs.

4 semaines de stagnation.

4 semaines de changement de menu.

4 semaines livrées à moi-même. Mon médecin, mon infirmière et la diététicienne étaient en vacances.

4 semaines où j'ai livré bataille contre ces démons. Avec toujours cette phrase en tête :"Pas question de les écouter, je maintiens mon objectif. Je vais de toute façon devoir l'atteindre !". Alors pourquoi remettre à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui ?

Et mes efforts ont fini par payer. 700 grammes à mon actif, MA victoire, MES initiatives, MES mesures et contraintes que je me suis imposée seule !

Je sus restée en clinique le week-end pour être bien cadrer et ne pas perdre mes fruits. Enorme besoin de prendre l'air mais ce fut remis à plus tard. L'urgence est de prendre du poids. La pesée de mardi fut à nouveau positive.

Grand soulagement.

Me voilà mes 2 premiers kilos !

Meilleure mine...

Traits moins tirés...

Que du bon !

 

16/07/2010

J+22 : Le Rebond

3 jours difficiles. De conflits internes entre l'anorexie qui prêche la maigreur et ma volonté de maintenir le cap. De durs moments de nervosité, d'angoisses, de fatigue, de mal-être général. Puis, j'ai retrouvé une liberté d'être, de profiter des moments présents, de manger sans se poser de questions, d'accepter de lâcher le contrôle.

Je priais hier pour que ma pesée de ce matin soit positive. Car je découvre que le + entraîne le +, et le - entraîne le -, d'où ces tensions de milieu de semaine. Mais je suis fière de moi car j'ai vaincu la maladie. Je ne lui ai pas donné raison. Et ça, c'est nouveau aussi pour moi. Je n'avais jamais réussi à lui tenir tête aussi longtemps.

En bref, j'ai récupéré le poids perdu du week-end précédent. Je suis satisfaite. Mon médecin me laissera tranquille jusqu'à mardi prochain car, tant que ça avance, je jouis d'une certaine liberté de sortie et de mouvement. Reste à gérer le week-end qui arrive autrement, sinon je serai dans le rouge à nouveau.

Je préfère le vert...

09/07/2010

J+15

Quinzième jour...

Dans une chaleur torride. Suffoquant. Insupportable. Pas un mouvement d'air dans la chambre.

Dans une pesanteur liée à l'endroit même : chacun porte son bagage, son passé, et certains n'arrivent pas à les mettre de côté. Ils errent de personne en personne à la recherche d'un soutien, d'une oreille, d'une épaule. Ils ont dur. Ils ont besoin de l'exprimer sans cesse. Ca se comprend. Mais c'est lourd. Difficile de se trouver un moment de solitude ou de silence. Envie de m'échapper. Besoin de prendre l'air !

Quinzième jour et la courbe de poids va toujours vers le haut. Je crie : " Ô miracle !". Vous n'avez pas idée comme c'est la première fois depuis 7 ans que cela arrive. Ce qui me fait dire que tout arrive à point à qui sait attendre. On m'a répété des milliers de fois "courage, patience". Je répondais que j'en avais marre d'attendre, sans mesurer la signification profonde de ces mots.

J'ai pris en deux semaines l'équivalent des 5 mois passés durant la 9ème hospitalisation !!! 1 kilo 300. Je suis très fière de moi et retrouve un peu d'estime pour moi-même.

Il y a donc un moment pour tout et nous avons tous un moment... de gloire... de répit... de volonté qui nous pousse vers le haut, à regarder plus loin que le lendemain. Et si ma vie redevenait comme avant, sans anorexie ?

Oser le penser. Oser y croire. Ce serait la porte de la liberté à portée de mains ! De grandes retrouvailles.

Mais on n'en est pas encore là.

J'entends toujours la mauvaise voix, celle de l'anorexie, qui tente de me faire changer de camp, qui me veut avec elle, mais je la chasse rapidement. Je ne veux pas la laisser parler. Je ne veux pas de ses complots, de ses conspirations ! Cela a assez duré !