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21/02/2011

Dilemne

Comment savoir QUAND vient le moment de sortir ? Y a-t-il un bon moment ? Quand on se sent prêt, qui parle ? La maladie qui veut que vous sortiez pour pouvoir retourner dans son sens ? Ou c'est votre propre voix qui est juste ?

la-chute-16.jpgLa règle veut déjà que le poids fixé dans le contrat soit atteint et maintenu trois pesées successives. La politique des médecins veut aussi que quelque chose nous attende dehors, qu'il y ait un projet. Car si il n'y a rien dehors, il y a de plus grandes chances que l'anorexie vous rattrape au tournant. Pourquoi ? Parce la pensée est libre de tout mouvement et que le vide crée de la place aux réflexions qui vous amènent à vous poser la question ? Je mange ou pas ? Si je mange, le repas prévu ou plus facile : la pomme et le yaourt ? S'il n'y a rien pour vous distraire ou vous ancrer dans la société, il y a plus de risque de rechuter.

J'ai des projets. Je vais reprendre mon travail que j'aime tant et vivre au jour le jour avec mon ami et partager nos passions communes.

Le poids est presque atteint. Enfin ! Car on arrive à 8 mois de clinique ! Et ma lutte a pris plus de temps qu'imaginé. Mais j'y suis arrivée ! Je m'étais alors fixée une date de sortie en accord avec mon médecin mais celui-ci a décidé de ne pas créer d'ultimatum. A raison. Il me connaît. Dès que j'ai une échéance, je me mets la pression et je me fige. C'est ce qui s'est passé le week-end dernier. Tout à coup, je n'avais plus confiance en moi. J'avais des angoisses importantes. J'avais peur de la rechute mais surtout peur de quitter ce lieu de paroles qui rassure. J'ai peur de me retrouver à nouveau, seule, face à cette maladie, ce pot de colle, cette vicieuse seconde peau.

Il faut aussi pouvoir reproduire à l'extérieur de la clinique le menu prévu. Si on enlève par ci par là des aliments, si on rabote les quantités, c'est plutôt mauvais signe. C'est pour cela que des sorties week-end sont prévues afin de se tester.


J'ai des raisons de croire que je vais partir pour de bon. Je le sens au fond de moi. A ma sortie, je donnerai un mot à tout le personnel qui m'a soutenu toutes ces longues années. Je sens que c'est un grand au revoir. Avant, je le disais à peine. Je partais en catimini, en frôlant les murs, comme si je savais que j'allais revenir.

S'il y a un jour une rechute, ce n'est pas demain la veille que ça arrivera. Je n'ai qu'à regarder tous les bénéfices que je gagne à avoir un corps qui est en meilleur santé.

Je redeviens LIBRE !

Quand ? Je n'ai pas de date. J'ai décidé de vivre un jour à la fois. Sereinement. Et la date se précisera toute seule et s'imposera d'elle-même.

08/12/2009

J+40

indifference.jpgQue le temps file ! Déjà 40 jours et je sens que je suis encore loin de la sortie. Il y a encore un gros travail à faire sur la confiance en mes compétences, évaluer un éventuel projet de réorientation, mais surtout me retaper physiquement. Le moral va enfin un peu mieux. Je ne vois plus tout en noir comme lorsqu'on est au fond du trou. Je regarde vers le haut.

Mon corps me dit :" Merde", cela fait déjà un moment. Mais le fait que je n'arrive plus à faire un jogging parce que mes jambes sont lourdes, faibles et que mon coeur pompe vite, ne fait que renforcer ce sentiment. Et mon cerveau en tant qu'organe me dit : "Merde" aussi car je n'ai plus envie de dépasser mes limites. Je n'ai plus aucun plaisir à me battre avec mon corps et voir que, même maigre, je peux encore courir, sans problème. Et dire que je cours depuis mes 10 ans, que j'ai été entraînée des années et des années. Courir est mon sport, celui dans lequel je me sens le mieux, qui me décharge de mes tensions et de mon stress, qui me procurait du plaisir. Eh bien cela, ce sera sans doute pour plus tard...

Et le petit poids qui roule ? Vous voulez vraiment savoir ? Où en étais-je il y a 10 jours ? Oui, j'avais pris 200 grammes depuis mon admission. Depuis, il y a eu 3 pesées, je crois. Et ? +400 grammes (super !), -400 grammes (j'en peux plus!), et +100 grammes aujourd'hui. Au bout du compte ? J'ai pris 300 grammes en 40 jours. C'est mieux que rien peut-être et mieux que maigrir, mais c'est décourageant pour quelqu'un comme moi qui ne prend que très peu de plaisir à manger.

Aujourd'hui, à table, on me demandait ce que je mangerais si j'avais tous les choix possible. J'ai répondu par ?. Je ne sais pas. Je ne sais pas ! Ca m'est égal, l'indifférence. Comment guérit-on de l'indifférence ?

Je perds mes pétales...