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01/02/2011

Au Restaurant. Un an et demi plus tard.

Les choses ont bien évolué en plus d'un an. Ce que j'écrivais dans l'article paru le 29/5/2009 n'est plus du tout d'actualités !

Je ne ressens plus aucune angoisse, même si on me prend à l'improviste. Je trouve toujours un plat à me mettre sous la dent. Je ne pense plus aux ingrédients que le chef a bien pu mettre dans mon assiette pour l'agrémenter. Je n'ai plus ce réflexe de penser à vomir, à rejeter la nourriture qui entre dans mon corps.

J'ai retrouvé le sens de convivialité de la table, de partager un repas en famille ou avec des amis. Je n'ai plus cette peur d'être regardée ou observée, parce que je suis maigre ou mange moins. Le regard des autres n'a plus d'importance. Et puis, la plupart des gens ne font pas attention aux gens qui passent. Sauf ceux qui n'ont rien à se dire et là, je les plains.

Maintenant, je vais toujours choisir le plat qui fait le meilleur compromis entre ce qui est diététique et ce qui m'attire vraiment. Je vais me tourner vers les poissons ou les salades composées. J'aimais les pâtes auparavant et j'ai encore du mal à les intégrer. Mais la confiance reviendra avec le temps.

Le plaisir de manger reste éphémère malheureusement. Les premières bouchées me goûtent puis je plonge vite dans l'indifférence. Mais je mange une quantité raisonnable. Pas d'envie de dessert. Parfois, je lance ma cuillère ou fourchette dans celui de mon ami pour re goûter.

Une chose est sûre : je mange bien plus sereinement ! Mais le plaisir retiré ne vaut pas toujours la somme de la note de restaurant. Le restaurant représente pour moi la convivialité et le partage.

02/09/2010

Déni De L'Anormalité

La normalité, qu'est-ce ? C'est un notion un peu vague, propre à chacun, une habitude acceptée et vue telle quelle par la société. Un problème que je rencontre dès que je vis en-dehors de la clinique, c'est la pause pour la collation de 10h30. Il n'est quasi pas concevable pour moi de m'arrêter dans une activité ou mon travail pour grignoter quelque chose alors que je n'en éprouve ni envie, n'en ressens nul besoin. D'autant plus que le petit déjeuner a été copieux pour moi. Aussi, par éducation, je n'avais pas de dix heures à l'école.

Et donc, entre 8h30 et 12h30, heures des repas, quand je suis hors de la clinique, je néglige sciemment ce moment censé être important pour ma reprise de poids. Je me lève plus tard, donc cette collation n'a pas de sens. Mon médecin insiste pertinemment pour que je mette mon réveil, prenne le petit déjeuner à l'heure habituelle, quitte à me recoucher et remettre le réveil à 10h30. J'avoue que je trouve cela vraiment débile voire exagéré. Faire une montagne de cette collation alors qu'il y a moyen de compenser plus tard dans la journée en mangeant quelque chose en plus ou un plat plus riche.

Alors, je sais, c'est l'anorexie qui parle là. Elle me crie que je suis normale, que je ne dois pas surveiller l'heure pour manger quelque chose. Je veux vivre simplement quoi ! Je voudrais en avoir le droit.

Mais je sais...

Je n'ai pas un poids normal, donc cette collation a un sens et un but, et dans ce cadre là, c'est normal. C'est une forme de déni de l'anorexie dans une courte fourchette de temps...

26/06/2010

Menu Type

Vous vous demandez peut-être quel est un menu type proposé en clinique pour nous faire reprendre du poids. Il varie d'une personne à l'autre mais il y a une constante : 3 repas et 3 collations par jour. Pourquoi des collations ? Pour prendre du poids bien évidemment mais aussi parce que la satiété est vite atteinte. Nous ne mangeons pas énormément aux repas. L'estomac ne se réhabitue pas du jour au lendemain à des quantités dites normales. Aussi il est plus facile de fractionner la dose en plusieurs fois.

Actuellement, mon programme est le suivant :

- petit déjeuner : 60 grammes de céréales, 25 cl de lait demi-écrémé, une orange.

- collation 10H30 : Fortimel extra

- repas du midi : 150 grammes de viandes ou poissons, 150 grammes de légumes, 100 grammes de féculents, sauce normale à part.

- 16H : Forticrème + yaourt nature

- souper : deux tranches de pain, garniture (fromage/charcuteries/poulet/poisson), crudités, minarine, 25 g vinaigrette.

- 20H30 : Forticrème + yaourt nature maigre.

Total : environ 2000 kcal.

Contrairement à mes 9 autres hospitalisations, j'accepte les compléments alimentaires. Ils permettent de manger beaucoup de calories dans un petit volume, ce qui est plus facile à supporter physiquement. La crème compte 200 kcal et le lait 300 kcal environ. Par contre, psychologiquement, c'est souvent bien plus dur. Parce que c'est pris directement comme un gavage, une agression du corps et de la maladie qui ferait tout pour manger le moins riche possible. Je suis fière et contente de dire que je mange ces compléments alimentaires sans aucun état d'âme ! Quelle bonheur que cette sérénité retrouvée ! Je prie pour que ça dure. Après 7 ans de galère, un peu de repos de l'esprit est bienvenu !