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21/11/2009

Prise en charge de la Boulimie

Dans un article précédent, j'avais abordé l'autre trouble alimentaire qu'est la boulimie, fréquemment associée à l'anorexie.

En clinique, la prise en charge est assez similaire à l'anorexie.

L'envie de faire une crise est souvent liée à la frustration de la privation et naît lorsque le corps crie famine. Il faut donc briser ce cercle infernal en proposant à la personne des repas réguliers et des collations. Ceci permet non seulement de ne pas déclencher de faim et donc indirectement de crise. La frustration étant moindre aussi, les crises se passent moins fréquemment.

J'ai vu beaucoup de jeunes femmes avec de grandes variations de poids, allant jusqu'à 40 kilos parfois. Je n'ose imaginer leur souffrance. Certaines me disent que c'est une façon de se détester aussi. Plutôt que de se rendre maigre, elles choisissent la voie des rondeurs. Ce sont souvent celles qui ne se font pas vomir après une crise. Quand on pense qu'elles peuvent ingurgiter des milliers de calories, imaginons l'angoisse qui suit !

A ces temps de boulimie succèdent souvent l'anorexie, la restriction, pour perdre les kilos superflus. Jusqu'à ce que cela recommence. Mais ne perdez pas espoir ! Je connais pas mal de femmes qui sont sorties de la boulimie !

14/11/2009

La Boulimie

xxx.jpgJe vais aborder ici un autre trouble alimentaire, très fréquent aussi : la boulimie. Je n'ai pas encore beaucoup écrit sur le sujet. Mais en clinique, j'observe et converse avec ces femmes, ce qui permet de comprendre et de ressentir surtout la détresse qui émane de cet autre trouble du comportement alimentaire.

Par souci de clarté, la boulimie se caractérise par des ingestions excessives d'aliments, de façon répétitive et durable. Afin de compenser l'excès de calories ingérées, la personne boulimique a recours à un ou plusieurs des actes suivants :

- Provocation du vomissement

- Utilisation inappropriée de laxatifs et/ou de diurétiques

- Exercice physique excessif

- Imposition de restrictions alimentaires de type anorexiques afin de "rééquilibrer la balance".

Lorsqu'une crise se profile, il est très difficile d'y résister. Elle est parfois même planifiée. Celle-ci s'accompagne souvent de sentiments tels que colère, dégoût, honte. Elle se fait la plupart du temps en cachette, loin des regards.

Personnellement, quand une personne me raconte ses crises, elle vit celles-ci comme un véritable calvaire. Non seulement il faut aller chercher au magasin les aliments que l'on veut ingurgiter et cela coûte cher, mais ensuite, quand elle arrive, cela prend du temps pour tout avaler et se faire vomir le cas échéant. C'est très éprouvant sur le plan physique de part les efforts répétés de vomissements ou de douleurs dues à l'abus de laxatifs, mais aussi sur le plan psychologique : angoisses, culpabilité, colère car on n'arrive pas à lutter contre elle. Un peu à l'image de l'anorexie où l'on peut s'en vouloir de ne pas arriver à manger plus, en culpabiliser et avoir honte de manger si peu devant les autres.

Ces personnes sont également vraiment en souffrance ! Il est arrivé quelques fois qu'une voisine de chambre aille jusque dans mes armoires à la recherche de nourriture qu'elle ne peut alors pas s'empêcher de voler ! Une autre allait jusque dans la poubelle après le repas de midi pour prendre des restes, tellement l'envie était puissante et le désespoir grand. Des comportements extrêmes mais qui existent.

Dans le prochain article, j'aborderai en quoi consiste la base de leur traitement. Je ne suis pas une professionnelle, mais une observatrice qui a déjà énormément parlé avec elles.

 

26/10/2009

L'Entourage à Table

Une des lectrices de ce blog a soulevé une problématique importante et je la remercie.

A table ! Oui, mais avec Qui ?

Pour la plupart des gens, passer à table est un vrai plaisir. Elle offre un espace de convivialité, de partage. C'est l'occasion d'éveiller les papilles, de goûter, d'apprécier les mets et de combler l'appétit. Il est évident que le repas sera moins apprécié si l'on est mal accompagné. Ne vous êtes-vous jamais disputé à table avec votre partenaire, votre famille ou des amis ? Le repas n'est-il pas gâché en partie quand les paroles étaient amères ? Bien sûr que si. Il n'y a pas que le plat qui compte mais aussi l'ambiance dans lequel il est pris.

La problématique que je vais aborder est rencontrée fréquemment chez les personnes atteintes d'anorexie. Je ne vais pas parler de l'appréciation du repas mais plutôt de l'importance de l'entourage et de l'impact qu'il peut revêtir sur son déroulement. En cela, nous sommes chacune différentes mais il y a plusieurs possibilités.

Lorsque la personne est en clinique, les repas sont partagés généralement tous ensemble. Le danger vient du regard qu'elle va poser sur l'assiette de ses voisines, également restrictives. Je reviens ici sur la notion de "compétition" écrite dans un article différent. Elle aura besoin de voir qu'elle contrôle plus ses apports que les autres, qu'elle est plus "forte" qu'elles et va donc réduire son repas en conséquence. Dans cette situation, manger avec les autres patientes a un effet plutôt néfaste.

Parfois, la situation est bien plus simple. Que sa voisine mange bien ou mal, cela n'aura aucune influence sur elle.

Autre cas de figure. Elle mange à côté d'une patiente qui est motivée, qui a dépassé la phase de blocage. Et bien, cela peut l'encourager à dépasser ses limites et atténuer la peur de manger. L'effet est plutôt bénéfique. Ou l'inverse. Elle est motivée, ne change rien malgré la voisine qui mange peu, mais elle peut développer un sentiment de culpabilité ou rencontrer une difficulté, en ce sens qu'elle doit faire un travail supplémentaire pour accepter qu'elle a réussi son repas avec les conséquences éventuelles sur la future pesée.

Enfin, en-dehors de la clinique, le rapport de l'entourage avec la nourriture est normal et la personne anorexique doit se fondre dans la masse. Que ce soit au travail, avec des amis ou en famille, elle peut rencontrer des difficultés. Celles-ci vont l'amener soit : - à s'isoler car le regard des autres est insupportable ou des commentaires malvenus fusent, - à manger ensemble car elle assume sa particularité, - à faire bonne figure au repas avec le risque de soit aller se faire vomir car le repas est intolérable, soit de se renfermer sur soi si elle ne le fait pas, accaparée par la sensation de satiété ou l'impression d'avoir trop mangé.

Bref, il semble parfois ne pas y avoir de solution idéale. Le tout est, je pense, de varier les situations pour ne pas s'enfermer dans un de ces schémas. Nous sommes chacune particulière et il faut tenter de faire au mieux avec l'entourage. Il n'y a aucune règle, aucune loi. Cette maladie est extrêmement complexe.

Pour ma part enfin, je suis arrivée au stade où j'assume ma particularité. Elle n'est pas toujours visible, dans le sens où je peux manger comme tout le monde, mais parfois on constate que je mange peu. Et alors ?